Les difficultés nous apprennent à savoir où mettre les pieds

· 2 février 2016

Ce n’est pas grave de trébucher, mais se prendre d’affection pour la pierre, si. De toute façon, heureusement que les pierres existent et que nous sommes humains, car il n’y a rien qui nous définisse mieux que notre capacité à surmonter les difficultés.

Nous faisons face à la vie, lentement, en demandant plus et en comptant jusqu’à trois. Aussi difficiles que deviennent les choses, nous sommes capables de transformer notre peur en un bouclier de courage.

Peu importe la tournure obscure qu’a pris votre histoire, vous avez le droit de vous arrêter et de prendre du recul.

Ce que nous apprenons avec le temps…

La vie est un si bon maître que si nous ne retenons pas la leçon, elle nous la répète.

Pour cette raison, nous devons très souvent faire face au désespoir et à la frustration du fait que rien ne va. Il n’existe pas de manuels de survie, alors, c’est en vivant et en nous brûlant que nous apprenons.

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Avec le temps, nous apprenons à nous gérer, à savoir où mettre les pieds et à prendre du recul. Jorge Luis Borge nous a légué ce joli texte qui illustre tout ce que l’on apprend en « pratiquant » l’art de vivre, c’est-à-dire, en trébuchant et en se relevant mille-et-une fois :

Avec le temps, j’ai découvert la subtile différence entre tenir la main de quelqu’un et enchaîner une âme. Avec le temps, j’ai appris que l’amour ne signifie pas s’appuyer sur quelqu’un et que la compagnie ne signifie pas la sécurité.

Avec le temps…j’ai commencé à comprendre que les baisers ne sont pas des contrats et les cadeaux des promesses.

Avec le temps, j’ai appris qu’être avec quelqu’un parce qu’il t’offre un bel avenir signifie que tôt ou tard, tu voudras revenir à ton passé.

Avec le temps…on se rend compte que se marier uniquement parce que « ça urge » est une mise en garde évidente que son mariage sera un échec.

Avec le temps, j’ai compris que seul celui capable de vous aimer avec vos défauts, sans vouloir vous changer, peut vous offrir tout le bonheur que vous méritez.

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Avec le temps, on se rend compte que si l’on est à côté de cette personne uniquement pour combler sa solitude, alors on finira irrémédiablement par ne plus vouloir la revoir.

Avec le temps, on se rend compte que les vrais amis valent beaucoup plus que tout l’argent du monde. Avec le temps, j’ai compris que les vrais amis se comptent sur les doigts d’une seule main et que celui qui ne lutte pas pour eux finira tôt ou tard par être entouré de fausses amitiés.

Avec le temps, j’ai appris que les mots dits dans un moment de colère peuvent faire souffrir celui que tu as blessé, pendant toute la vie. Avec le temps, j’ai appris que tout le monde sait s’excuser, mais que seules les grandes âmes savent pardonner…

Avec le temps, j’ai compris que si tu as durement blessé un ami, votre amitié ne sera probablement plus jamais la même. Avec le temps, on se rend compte que même si on est heureux avec ses amis, un jour, on pleurera pour ceux qu’on a laissé partir. Avec le temps, on se rend compte que chaque expérience vécue avec chaque personne est unique.

Avec le temps, on se rend compte que celui qui humilie ou méprise un être humain subira tôt ou tard les mêmes humiliations ou rejets multipliés au carré.

Avec le temps, j’ai appris à construire mon chemin dans le moment présent, car le terrain de demain est trop incertain pour faire des prévisions.

Avec le temps, j’ai compris qu’en pressant ou en forçant les choses, elles ne se passaient pas comme on l’espérait.

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Avec le temps, on se rend compte qu’en réalité, le meilleur n’est pas le futur, mais le moment que vous vivez à l’instant même.

Avec le temps, vous verrez que même si vous êtes heureux avec ceux qui sont à vos côtés, vous regretterez terriblement ceux qui étaient avec vous hier et qui sont partis.

Avec le temps, j’ai appris qu’essayer de pardonner ou de demander pardon, dire je t’aime, dire que quelqu’un vous manque, dire que vous avez besoin de quelqu’un, dire que vous voulez être amis…à un mur…n’a plus aucun sens…

Mais malheureusement…nous ne comprenons tout ça qu’avec le temps.

Nous grandissons plus avec les blessures qu’avec les années

Ce n’est pas le temps qui nous fait comprendre que les échecs méritent que l’on se regarde en face et qu’on soit fiers de nous-mêmes. Ce sont les blessures et les coups dans le ventre qui retournent notre monde et démantèlent notre vie.

Avec les blessures, nous apprenons à résister à ce qui nous emprisonne, à se battre avec la force de nos préjugés, à laisser de côté nos envies de nous rendre, à arrêter de se plaindre, à parler avec nous-mêmes, à comprendre la jalousie, à se défaire des modes et à se détendre.

Quand vous trébuchez et que vous souffrez, vous vous rendez compte que tout arrive, tout passe et se transforme. Et, aussi paradoxal que cela puisse être, le moment où nous commençons à changer coïncide avec le moment où nous commençons à nous accepter tels que nous sommes.