L’art de ne pas s’empoisonner la vie

· 10 décembre 2015

Un beau jour est arrivé entre mes mains le livre intitulé L’art de ne pas s’empoisonner la vie, de Rafael Santandreu.

Une amie psychologue me l’a prêté en me disant : « Lis ce livre, tu vas apprendre un tas de choses intéressantes. Pour ma part, il m’a permis d’améliorer mes thérapies avec mes patients, mais également de grandir en tant que personne. »

J’ai alors commencé à le lire, pleine d’enthousiasme et d’attentes, et je n’ai pas été déçue…bien au contraire! J’ai été impressionnée.

Je me suis très vite rendue compte du fait que ce livre était basé sur la thérapie rationnelle-émotive, mise en place par le célèbre psychothérapeute Albert Ellis.

Cette thérapie m’a permis de me sentir identifiée, depuis que j’ai découvert des auteurs comme Ellis ou Auger, de façon encore plus radicale.

C’était la gifle dont j’avais besoin à ce moment-là, et ce qui m’a permis d’ouvrir les yeux sur de nombreux aspects de ma vie.

L’art de ne pas s’empoisonner la vie, n’est pas un livre de développement personnel classique qui vous dit ce que vous voulez – ou avez besoin de – lire afin que vous puissiez vous sentir bien l’espace d’un instant.

 


Vous n’y lirez pas que la vie est rose, qu’il faut être à 100% optimiste en toutes circonstances et toujours voir le bon côté des choses, ou encore que vous et votre vie, vous êtes merveilleux.


 

Le but de ce livre est de vous permettre d’être plus fort émotionnellement parlant.

Il s’agit de nettoyer les traces sur les verres de vos lunettes qui sont si sales qu’elles déforment la réalité, pour finalement en créer une autre, subjective, basée sur vos propres croyances irrationnelles et provoquant en vous un mal-être émotionnel important.

Quand on parle de nos croyances irrationnelles à des psychologues, ils nous renvoient à des affirmations, des évaluations, des vérités et des appréciations subjectives que l’on nous a inculquées dans notre plus tendre enfance.

Ce qui compte, c’est la façon dont on interprète les choses qui nous arrivent, ou autrement dit, les verres de nos lunettes.

S’ils sont propres, nos croyances seront rationnelles, toniques, fondées sur la raison ainsi que sur la réalité, et elles s’accompagneront d’émotions saines.

En revanche, si les verres de nos lunettes sont sales, alors on ne fera que nourrir nos croyances irrationnelles qui ne correspondent pas à la réalité et qui ne nous aident pas à atteindre nos objectifs, ce qui provoque alors en nous une grande souffrance.

Ainsi, si on porte ces lunettes sales, nos croyances irrationnelles deviennent à nos yeux vraies, absolues et indiscutables. C’est alors que surgissent les problèmes émotionnels.

Le livre nous apprend également que, comme le disait Epictète, ce ne sont pas les situations auxquelles nous sommes confronté qui sont responsables de notre souffrance émotionnelle, mais bien nous-même, avec nos croyances irrationnelles et notre dialogue interne, qui créons notre propre mal-être.

La plupart des gens ont tendance à penser qu’il y a une relation directe entre situation et émotion.

Or, si c’était le cas, tout le monde réagirait de la même façon face à des situations données, et on sait bien que ce n’est pas le cas. Par conséquent, l’équation est plus complexe que « situation-provoque-émotions ».

Il existe un ingrédient intermédiaire: les croyances et les pensées. Quelle bonne nouvelle ! Si mes pensées me conditionnent et me font croire à mes perturbations, j’ai donc le pouvoir de me sentir bien ! Tout dépend de moi !

Dans le livre, on peut découvrir que certaines de ces croyances sont des exigences envers soi-même, les autres et le monde, des besoins que personne nécessité en réalité, ou des extrapolations négatives de ce qui peut nous arriver ou de ce qui est arrivé.

 


« Quand on exige, on a tendance à penser en terme de « devoirs », d’obligations et de pressions, et on se dit « Mon mari devrait toujours bien me traiter ! », « Je devrais toujours être le père parfait ! » ou « Je ne devrais pas pleurer aujourd’hui alors que je suis en vacances ! »


 

Quand on croit avoir besoin de ce qui nous manque pour survivre, comme par exemple l’approbation des autres, la réussite, un compagnon/une compagne qui nous aime, ou le travail de nos rêves, on se crée alors encore plus d’anxiété.

En effet, si on n’y parvient jamais, on sera envahi par la déception, et si on atteint tout ou partie de nos objectifs, on sera effrayé et angoissé à l’idée de tout perdre.

On ne se rend pas compte du fait que ce qui importe vraiment dans la vie, c’est de boire et de manger ; c’est ce qui nous permet vraiment de profiter de la vie.

Le reste des besoins que l’on peut ressentir, sont des pièges, des choses dont ont croit avoir besoin, à tort.

Quand on a la fâcheuse manie de tout extrapoler négativement, on a tendance à voir ce qui nous arrive comme terrible, insupportable et catastrophique, telle la pire des choses qui pourrait nous arriver.

Même si objectivement, un élément n’est pas complètement négatif, on va automatiquement le considérer comme « terrible », sans jamais prendre le temps de raisonner, car on finit par ressentir des émotions en accord avec cette façon d’aborder la réalité, telles que l’anxiété, et la dépression.

 


Avec L’art de ne pas s’empoisonner la vie, on commence à nettoyer nos lunettes. Dans le livre, ce nettoyage est basé sur la méthode scientifique et la logique.


 

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En ayant recours à la raison, on peut arriver à se rendre compte du fait que certaines de nos pensées et de nos croyances sont fausses et irréelles, et qu’en croyant dur comme fer à quelque chose qui n’est pas vrai, on s’auto-détruit.

D’autre part, il n’est pas bon pour nous de ne pas savoir accepter avec modération et tranquillité les inévitables adversités de la vie en nous disant constamment que ce qui nous arrive est terrible et catastrophique.

 


Si utilise notre logique à bon escient, on comprendra alors comment procéder afin d’apaiser nos émotions.


 

La première étape consiste à prêter attention à tout ce qui peut vous passer la tête ; Que vous-dîtes vous pour vous sentir aussi mal ?

Pourquoi avez-vous toujours besoin de l’approbation de votre mère ? Pourquoi est-ce un échec à vos yeux de ne pas travailler dans le domaine dans lequel vous avez fait vos études ?

Pourquoi, dans le cas où vous ne trouveriez pas l’amour de votre vie, la vie n’aurait-elle aucun sens ?

Une fois que vous avez réussi à identifier vos croyances irrationnelles, vous devrez vous disputer avec elles et les combattre en passant par un questionnement et une confrontation.

Pour cela, vous devrez vous convaincre que ces idées sont irréalistes. Dans son livre, Rafael Santandreu vous propose donc de vous poser les bonnes questions:

  • D’autres personnes se trouvant dans la même situation que moi (ou dans de pires situations) parviennent-elles à être heureuses ?
  • Malgré les adversités, puis-je réussir à atteindre des objectifs qui seraient aussi intéressants pour moi que pour les autres ?
  • Dans cet immense univers empli de planètes et d’étoiles qui naissent et meurent indéfiniment, les choses qui m’arrivent sont-elles vraiment graves ? Sont-elles vraiment importantes ? Est-ce vraiment si terrible ?

Plus on trouvera d’arguments, plus il sera facile pour nous d’établir une croyance rationnelle et de nous en imprégner jusqu’à ce qu’elle soit nôtre.

 


Le secret du succès de cette méthode réside dans la persévérance quotidienne. Vous devez chasser vos idées irrationnelles, vous confronter à elles, et les remplacer.


 

Peu à peu, ces nouveaux comportements se transformeront en automatismes, jusqu’à finalement devenir votre nouvelle philosophie de vie.

Pour autant, étant donné que les émotions négatives ne disparaissent jamais complètement, il est impossible et non recommandable que vous réussissiez à vous en débarrasser, car toutes les émotions sont importantes pour votre survie.

En revanche, les émotions exagérées et malsaines disparaissent. Vous pouvez sortir de la prison du mal-être. Le secret est en vous. La liberté et le bonheur sont garantis.