Différences entre conscient, préconscient et subconscient

Conscient, préconscient et subconscient sont des mots communs dans le langage courant. Mais, que signifient-ils et qu'en pensent les neurosciences ?
Différences entre conscient, préconscient et subconscient

Dernière mise à jour : 23 octobre, 2021

L’esprit reste un mystère fascinant. Nombreux sont ceux qui essayèrent de le disséquer sur différents plans, notamment en ce qui concerne le conscient. Sigmund Freud fut l’un des premiers à différencier le conscient, le préconscient et le subconscient (première topique).

Dans le langage courant, les trois termes s’utilisent souvent de manière interchangeable. Cependant, avant d’être des adjectifs pour des actions qui se réalisent par inadvertance, ils étaient une division de l’esprit en fonction de la profondeur des pensées.

Vous découvrirez ci-après  la différence entre ces trois termes et leur signification. Vous êtes au bon endroit si vous souhaitez apprendre comment les personnes essaient de classer et d’explorer les parties les plus cachées de leur esprit.

La division freudienne de la conscience

Freud, en raison de son contexte historique, ne disposait pas des moyens nécessaires pour étudier la fonction cérébrale. de sorte que sa théorie, bien qu’intuitive et simple pour la didactique, diffère des découvertes que les neurosciences firent plus tard.

Le subconscient dont parlait Freud était constitué de souvenirs, de perceptions et de sentiments qui, en raison de leur nature problématique pour l’esprit conscient, deviennent inaccessibles au sujet. Cette définition est problématique sur le plan scientifique. En effet, il serait très difficile de prouver l’existence de cette partie de l’esprit.

conscient préconscient subconscient
Sigmund Freud

Définition du conscient, du préconscient et du subconscient

Dans sa théorie, Freud divisa l’esprit en trois couches, selon le niveau de conscience du sujet, la fonctionnalité et la profondeur : conscient, préconscient et subconscient. Pour parler proprement de chacun de ces termes, il convient de les aborder séparément.

Conscient

Le conscient est le niveau où la réalité se perçoit, s’analyse et se traite. Il a une relation importante avec la mémoire épisodique. En effet, les décisions se prennent et se raisonnent avec l’ensemble des expériences – à la fois externes et internes.

C’est la couche la plus superficielle de l’esprit et dans laquelle se déroule une grande partie de l’activité que nous comprenons habituellement en tant que pensée. De plus, récupérer les informations trouvées à ce niveau est, en principe, une tâche simple.

Préconscient

Le préconscient est la couche inférieure. Il abrite les expériences, les sentiments, les idées et les fantasmes que l’on stocke dans la mémoire, mais dont il n’y a pas de conscience à tout moment. Cette information est accessible. Mais contrairement à ce qui se passe avec celle qui est dans la partie consciente, c’est généralement un stimulus externe qui active, par exemple, la mémoire. De sorte qu’il serait une grande aide dans la reconnaissance.

Comme le contenu conscient, le contenu à ce niveau respecte les lois logiques et chronologiques de la temporalité. Cela signifie qu’ils s’ajustent à la réalité et au moment présent.

Ne pas pouvoir récupérer des informations du préconscient correspond au phénomène de « l’avoir sur le bout de la langue ».

Subconscient

Il s’agit du niveau le moins accessible de l’esprit. On y trouve des sentiments, des souvenirs ou des fantasmes qui ne sont pas accessibles, du moins directement, à la conscience. Il agit sous la surface et influence les processus automatiques, tels que la respiration ou le rythme cardiaque.

A partir de la psychanalyse, plusieurs auteurs défendirent que ce niveau est le siège de nombre de nos émotions négatives. Celles qu’à un moment donné « nous ne voulions pas » traiter et que nous bannîmes de la conscience dans ce qui fut un mécanisme de défense. Bien que nous ne puissions pas accéder volontairement à ces contenus, ils pourraient se manifester par des rêves, des lapsus ou des maladies psychosomatiques.

conscient préconscient subconscient

Différences entre conscient, préconscient et subconscient

La meilleure façon d’illustrer les différences est d’utiliser un exemple : pensez à l’acte d’uriner. Vous ne pouvez pas contrôler quand vous allez avoir envie de le faire (subconscient). En revanche, vous savez que ce n’est pas poli de le faire en public (préconscient). De sorte que vous vous retenez jusqu’à ce que vous arriviez aux toilettes (conscient).

Fait intéressant, l’intérêt scientifique pour l’établissement de cette relation commença dans les années 70, lorsque les patients atteints du syndrome de Korsakoff s’améliorèrent grâce à des séances dont ils ne se rappelèrent pas ensuite.  

Les neurosciences montrèrent que le conscient et le subconscient ont un corrélat au niveau cérébral et une fonction adaptative dans le fonctionnement de l’esprit. L’application de ces études se réalisa dans des domaines tels que la psychologie sociale, la mémoire et l’apprentissage.

D’autre part, on assiste à la façon dont les théories modernes abandonnent les mécanismes motivationnels de Freud pour se focaliser sur le pragmatisme biologique. Le subconscient n’est en effet pas une prison pour les pensées malveillantes et troubles, mais l’aspect le plus subconscient de la pensée qui nous facilite la vie consciente.

Cela pourrait vous intéresser …

Cela pourrait vous intéresser ...
La signification des rêves à travers l’histoire
Nos Pensées
Lisez-le dans Nos Pensées
La signification des rêves à travers l’histoire

Au cours de l'histoire, la signification des rêves a connu des grandes variantes. Les théories se sont ainsi succédées. Nous en parlons ici.



  • Greenwald, A. G., & Banaji, M. R. (2017). The implicit revolution: Reconceiving the relation between conscious and unconscious. American Psychologist72(9), 861.
  • Freud, S. (2012). The basic writings of Sigmund Freud. Modern library.
  • Vila‐Henninger, L. A. (2015). Toward defining the causal role of consciousness: using models of memory and moral judgment from cognitive neuroscience to expand the sociological dual‐process model. Journal for the Theory of Social Behaviour45(2), 238-260.