Diagnostic différentiel : l'importance des étiquettes que nous recevons

Lorsque l'on reçoit un diagnostic erroné, les dommages peuvent être plus importants que les éventuels bienfaits du traitement. D'où l'importance d'une connaissance profonde des différentes catégories diagnostiques et d'une évaluation adéquate de la part du professionnel.

Dernière mise à jour : 25 juillet, 2021

Il est troublant de découvrir que nous sommes différents des autres. Nos pensées, nos émotions et nos comportements diffèrent considérablement de ceux des personnes qui nous entourent, nous amenant parfois à nous sentir déficients, isolés et incompris. Recevoir alors un diagnostic aide souvent à atténuer ce mal-être.

Néanmoins, si l’étiquette que nous recevons est erronée, le préjudice qui en résulte peut être plus important que les éventuels bienfaits d’une intervention. D’où l’importance du diagnostic différentiel.

Identifier un état mental n’est pas toujours facile. Les individus tardent généralement à demander de l’aide. Il n’est donc pas rare qu’une personne reçoive des diagnostics différents au fil du temps. Il s’agit de la raison pour laquelle les interventions mises en œuvre ne sont pas toujours les plus appropriées.

Les étiquettes que nous recevons peuvent sembler banales, mais elles sont en réalité d’une grande importance.

Les étiquettes que nous recevons nous définissent-elles ?

Les points de vue concernant la nécessité des étiquettes sont mitigés et controversés. Certaines personnes pensent que des termes comme « anxiété », « dépression », « déficit de l’attention » ou « trouble de la personnalité » sont limitatifs, qu’ils condamnent.

Elles arguent que la personne est souvent, aux yeux des autres et même des siens, réduite au diagnostic qu’elle a reçu. Cela peut alors lui porter préjudice, voire favoriser l’avancée d’un éventuel trouble.

Recevoir une réponse qui explique les symptômes que nous ressentons a toutefois une valeur inégalable. L’obtention d’un diagnostic précis nous profite à plusieurs niveaux :

  • Cela nous permet de donner un sens à l’expérience, de comprendre pourquoi nous ressentons, pensons ou agissons d’une certaine manière, et de nous déculpabiliser.
  • Cela aide à identifier l’origine possible de la souffrance et à comprendre pourquoi elle est appareu dans le contexte de nos propres variables biologiques et environnementales.
  • Un diagnostic précis offre la possibilité de se connecter avec d’autres personnes qui vivent les mêmes expériences et de réduire ainsi le sentiment d’isolement et d’incompréhension.
  • Il s’agit avant tout de l’indispensable premier pas pour initier un traitement adéquat. C’est en effet après avoir reçu un diagnostic que nous pouvons commencer à travailler sur le trouble pour améliorer notre qualité de vie.

L’importance du diagnostic différentiel

Nous pouvons définir le diagnostic différentiel comme le processus mis en œuvre pour différencier une maladie d’autres maladies similaires. Autrement dit, l’évaluation psychologique doit prendre en compte d’autres troubles voisins ou connexes afin d’identifier celui que la personne présente réellement.

Cette tâche en apparence simple nécessite néanmoins certains éléments. Ce sont les suivants :

  • Une connaissance approfondie de la part du professionnel des différentes catégories diagnostiques et de leurs critères.
  • Une évaluation individualisée dans laquelle s’analysent les antécédents de la personne, l’histoire de la vie, les circonstances et symptômes particuliers.
  • La participation active du patient qui se doit de transmettre toutes les informations pertinentes. Un diagnostic erroné résulte parfois de l’absence d’une relation de confiance suffisamment solide entre le thérapeute et son patient. Ce dernier ne fournit alors pas certaines informations essentielles.
    • Par exemple, de nombreuses personnes hésitent à expliquer qu’elles entendent des voix.

Diagnostic différentiel et comorbidité

L’une des principales difficultés vient du fait qu’il est courant que plusieurs troubles psychologiques se chevauchent. Ils peuvent survenir en même temps ou dépendre les uns des autres. Il est alors nécessaire d’identifier tous les éléments en présence et de clarifier les relations entre eux.

Par exemple, si une personne demande de l’aide en raison de la grande anxiété qu’elle ressent lorsqu’elle socialise, nous pourrions penser qu’elle présente une phobie sociale. Cependant, si elle bégaye également, son bégaiement est peut-être la cause de ses difficultés sociales.

Par ailleurs, une personne atteinte d’un trouble dysmorphobique (obsession vis-à-vis d’un défaut physique réel ou imaginaire) peut également souffrir d’un TA (trouble de l’alimentation). Il faudra donc traiter les deux pathologies.

Le suivi est essentiel pour obtenir un bon diagnostic différentiel

Compte tenu de toutes ces complexités, il est important de pouvoir revoir et modifier le diagnostic, même une fois qu’il a été établi. Il est possible que de nouvelles données apparaissent au cours des sessions et supposent un changement de cap.

Il est par ailleurs probable, si l’intervention n’est pas efficace, qu’un élément n’ait pas été pris en compte. Ce nouvel élément orienterait alors vers un nouveau diagnostic.

Nous le disions, l’étiquette que nous recevons détermine la compréhension de ce qui nous arrive et les étapes à suivre pour y remédier. Il est donc essentiel que celle-ci soit correcte.

Et, pour cela, il est nécessaire qu’existe une relation solide entre le patient et le professionnel de santé. Seule cette confiance nous permettra d’exprimer et de partager toute donnée pertinente lors du processus.

N’hésitez donc pas à consulter différentes options au moment de choisir un psychologue pour vous accompagner dans cette démarche. Gardez cela à l’esprit.

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