Déficience intellectuelle : définition et types

· 30 décembre 2017

Les personnes atteintes de déficience intellectuelle possèdent moins de ressources cognitives ou des ressources cognitives moins développées que ce qui est attendu, si l’on prend en compte leur âge chronologique. Cela augmenterait le coût de l’apprentissage en plus de l’obligation de faire un plus grand effort pour communiquer dans différents contextes et avec des messages déterminés. Ce type de déficience est normalement identifié avant 18 ans et affecte 1% de la population mondiale.

Il est cependant important de souligner que la déficience intellectuelle n’est pas une maladie mentale mais un trouble du développement. Toutes les personnes avec ce type de déficience sont comme nous au niveau des points essentiels: elles ont leurs propres rêves, intérêts, goûts et préférences. Ainsi, il est donc essentiel de ne pas stigmatiser la maladie et, pour cela, il n’y a rien de mieux que d’en apprendre un peu plus sur elle !

Fonctionnement intellectuel et comportement adaptatif

La déficience intellectuelle peut avoir différents degrés et chacun d’eux implique certaines difficultés. Elle se manifeste à travers des soucis de raisonnement, de planification, de solutions de problèmes, de pensée abstraite et d’apprentissage, à cause d’une acquisition lente et incomplète des capacités cognitives.

Leurs capacités adaptatives peuvent aussi être très limitées, aussi bien dans le domaine conceptuel que dans les domaines sociaux et pratiques. Leur capacité à s’exprimer linguistiquement ou leur lecto-écriture sont peu développées, de même que leur sens de la responsabilité ou leur estime personnelle.

Face aux activités quotidiennes, comme se laver ou se préparer à manger, ces personnes peuvent présenter un niveau d’autonomie variable en fonction de leur degré de retard. Cette variabilité existe aussi au niveau des activités instrumentales ou mécaniques.

Affectation de leur santé et interactions sociales

Cette déficience peut être accompagnée de certaines altérations liées à la santé physique et mentale. Tout cela peut ensuite affecter le reste des dimensions.

Certains syndromes qui peuvent présenter une déficience intellectuelle sont : le syndrome de Rett, de Dravet, de Prader-Willi, de Down, d’Asperger, le X fragile ou celui de Martin et Bell. Par ailleurs, il a une plus grande prévalence dans des maladies comme l’obésité, le diabète, le VIH ou la démence.

Leur communication, interaction ou participation sociale sont aussi affectées. Leurs limites intellectuelles et adaptatives empêchent cette personne de participer à la vie de sa communauté de manière normale. Cela nuit à tous ses domaines : foyer, école, travail et temps de loisir.

enfant qui regarde par la fenêtre

Le rôle du quotient intellectuel

Le quotient intellectuel, en lui-même, n’est pas un critère suffisant pour établir un diagnostic de déficience intellectuelle. En plus de définir quantitativement l’intelligence, il est nécessaire de faire une évaluation plus profonde du fonctionnement intellectuel de la personne.

Le QI est compris comme la relation qui existe entre l’âge mental et l’âge chronologique de la personne. Le premier fait référence à l’âge qui lui correspond selon son développement intellectuel. C’est-à-dire son rendement intellectuel comparé au niveau moyen de son groupe de référence. L’âge chronologique est l’âge biologique.

On considère qu’il existe une certaine déficience intellectuelle si le quotient intellectuel est en-dessous de 70. L’autre extrême, la douance, est diagnostiqué quand cet indice va au-dessus de 130. C’est précisément le QI qui sert à classifier le degré de cette déficience.

Types de déficience intellectuelle

Selon le DSM-IV, la déficience intellectuelle se classe en quatre groupes: légère, modérée, grave et profonde.

Légère (QI 50-55 à 70)

85% des personnes atteintes de déficience ont une déficience légère.

  • Niveau conceptuel : basse affectation de la pensée abstraite, habiletés fonctionnelles, flexibilité cognitive et mémoire à court terme.
  • Niveau social: interactions sociales immatures, ce qui augmente le risque de voir la personne en situation de déficience manipulée.
  • Niveau pratique : il est nécessaire qu’elles soient supervisées, orientées et assistées au moment de réaliser des tâches de leur vie quotidienne. Cette aide est très importante, surtout dans des situations stressantes.
  • Très souvent, on ne les différencie pas des autres enfants avant leur majorité.

Modérée (QI 35-40 à 50-55)

10% des personnes ayant une déficience ont une déficience modérée.

  • Niveau conceptuel : elles requièrent une assistance continue pour terminer des activités quotidiennes. Il est parfois même nécessaire que d’autres personnes assument certaines de leurs responsabilités. Ce sont des personnes qui, avec une supervision modérée, sont capables d’acquérir des habiletés pour leur propre soin personnel. Elles peuvent avoir des travaux qui ne requièrent pas de qualification ou sont semi-qualifiées, mais toujours avec une supervision.
  • Niveau social : au moment de communiquer verbalement, leur langage est moins riche et complexe que celui de personnes sans déficience. Cela les empêche d’interpréter correctement certaines clés sociales et leur cause des problèmes pour créer de nouvelles relations.
  • Niveau pratique : avec un soutien et une instruction continue, elles peuvent développer certaines habiletés et capacités.
femme avec syndrome de down

Grave (QI 20-25 à 35-40)

3 ou 4% des personnes ayant une déficience ont une déficience grave.

  • Niveau conceptuel : très limité, surtout avec les concepts numériques. Le soutien doit être important, constant, et toucher beaucoup de domaines.
  • Niveau social : le langage oral est très élémentaire, les phrases très simples au niveau grammatical et le vocabulaire limité. La communication de ces personnes est très simple; elles se limitent à l’ici et maintenant.
  • Niveau pratique : la supervision doit être constante pour toutes les tâches que la personne doit réaliser dans la vie quotidienne.

Profonde (QI 20-25)

Même si cela ne touche qu’une minorité (1 ou 2%), la majorité de ces personnes ont une maladie neurologique identifiée, qui explique leur déficience.

  • Niveau conceptuel : leur déficit est manifeste. Elles ne considèrent que le monde physique et les processus non-symboliques. Avec des instructions, elles peuvent réussir à acquérir certaines habiletés visuo-spatiales, comme le fait de signaler. Les difficultés motrices et sensorielles associées empêchent normalement l’utilisation fonctionnelle des objets.
  • Niveau social : compréhension précaire de la communication verbale et gestuelle. Leur manière de s’exprimer est très basique, simple et majoritairement non-verbale.
  • Niveau pratique : le patient est totalement dépendant dans tous les domaines. Il ne sera capable de participer à certaines activités basiques que s’il n’existe pas d’affectations motrices ou sensorielles.

Le rôle des institutions est donc essentiel si nous voulons créer un environnement plus simple et accessible pour les personnes ayant une déficience intellectuelle. Si ce n’est pas le cas, les limitations que présentent déjà ces personnes ne feront que s’agrandir. Dans tous les cas, nous ne devons jamais oublier que, derrière cette déficience, il y a une personne. Quelqu’un avec des sentiments, tout comme nous, quelqu’un avec des rêves, tout comme nous, et quelqu’un qui a beaucoup à apporter aux autres, tout comme nous.