Comment le stress affecte-t-il le sommeil ?

Le niveau de stress de la population générale augmente ces derniers temps. L'un des facteurs associés à cette condition psychologique est le mauvais sommeil nocturne, un fait qui conduit à l'épuisement physique et mental.
Comment le stress affecte-t-il le sommeil ?

Dernière mise à jour : 29 juillet, 2021

Nous connaissons tous cette sensation. Celle de poser la tête, le soir, sur l’oreiller et ressentir soudain l’hyperactivité de l’esprit et la tension du corps qui nous empêchent de trouver le sommeil. Si l’on se demande comment le stress affecte le sommeil, la réponse est simple : de manière négative.

Chacun le vit toutefois d’une manière particulière, avec plus ou moins d’intensité. Il y a le stress occasionnel, le stress lié à des problèmes ponctuels qui nous affectent plus que nécessaire et qui entraîne des problèmes de sommeil temporaires. Mais il y a aussi des troubles du sommeil plus graves, comme l’insomnie liée à un stress aigu et persistant.

Il existe par ailleurs un autre aspect tout aussi important : le mauvais repos nocturne rétro-alimente le stress. Nous sommes face à une réalité aussi complexe que particulière qu’il est nécessaire de comprendre en profondeur. D’autant plus que ce phénomène augmente chaque jour davantage parmi la population.

Dormir moins de huit heures, avoir des réveils fréquents ou avoir une phase REM beaucoup plus courte sont des facteurs en lien avec le stress. Ces caractéristiques affectent notre santé physique et psychologique.

Trouble du sommeil.

Le stress affecte le sommeil : 3 clés à connaître

Ce n’est pas un hasard si les niveaux d’anxiété et de stress ont augmenté ces derniers mois. Les effets de la situation actuelle touchent toutes les couches de la population : enfants, adultes et personnes âgées.

Ces conditions psychologiques ne se manifestent néanmoins pas exclusivement par une symptomatologie mentale claire. Des manifestations et altérations physiologiques plus complexes viennent également s’ajouter.

Les problèmes digestifs, les douleurs musculo-squelettiques, les maux de tête et les troubles du sommeil sont les facteurs les plus courants. Nous ne pouvons toutefois pas ignorer un fait : la façon dont le stress affecte le sommeil peut être particulièrement grave si nous ne gérons pas cette situation.

Le manque de sommeil accumulé au fil du temps peut entraîner des maladies cardiovasculaires, du diabète, de l’obésité… Nous ne sommes pas confrontés à un problème mineur. Le stress qui n’est pas pris en charge altère notre santé mentale et physique. Voyons donc une série de données à ce sujet.

Dis-moi quel est ton type de stress et je te dirai comment tu dors

Une étude menée par les universités de Californie et d’Eulji (Corée) ont montré un fait intéressant. Jusqu’à récemment, les problèmes de repos nocturne étaient associés à des facteurs primaires, tels que l’apnée, le syndrome des jambes sans repos, la narcolepsie, etc.

Il a néanmoins été démontré que les variables psychosociales et le stress ont un impact important sur la qualité du sommeil. Il est ainsi nécessaire de poser préalablement un bon diagnostic psychologique. Nous savons, par exemple, que les personnes souffrant du syndrome de stress post-traumatique ont un mauvais repos nocturne.

Nous pouvons par ailleurs souffrir de ce que l’on appelle un stress aigu épisodique. Il s’agit d’une condition en lien avec un type de personnalité plus enclin à s’inquiéter. Dans ce cas, des problèmes de sommeil apparaîtront lorsque le patient devra faire face à une situation difficile.

En d’autres termes, le stress et les problèmes de repos nocturne entretiennent une relation directe. Nous pouvons cependant le vivre comme quelque chose de ponctuel dans le temps (deux ou trois semaines) ou comme quelque chose de chronique. Dans ces cas, il s’agit de situations plus graves.

Comment se manifeste cette association ?

La façon dont le stress affecte le sommeil peut être très variée. Il n’y a pas un effet unique. En d’autres termes, l’insomnie n’est qu’un effet parmi tant d’autres. Les manifestations associées sont très complexes. Parmi elles, citons les suivantes :

  • Difficulté à trouver le sommeil (entre une demi-heure et deux heures).
  • Modification de l’architecture du sommeil. Comme nous le savons bien, la structure du sommeil suit des phases bien précises. Ll’étude susmentionnée nous révèle que le stress raccourcit la phase REM, la phase de sommeil profond et réparateur qui est importante pour le cerveau.
  • Réveils plus nombreux ou parasomnies tout au long de la nuit. Cela nous fait nous réveiller avec le sentiment clair de ne pas s’être reposé.
  • Nombre plus important de cauchemars et de mauvais rêves, lesquels augmentent l’angoisse.
  • Apparition dy bruxisme. Un article de recherche publié dans la revue Nature nous parle même de « bruxisme pandémique », si courant aujourd’hui.

La rétro-alimentation de la souffrance

Le manque de sommeil accumulé au fil du temps augmente l’usure psychologique et le stress lui-même. L’usure mentale est totale en raison de cette rétro-alimentation. Il s’agit d’une situation extrême que nous ne devons pas atteindre.

Toutes les situations de stress doivent être prises en charge et gérées. Ce que nous négligeons – notamment en ce qui concerne la santé mentale – loin de disparaître, s’aggrave et a un impact dans d’autres domaines.

Femme qui lit au lit.

Le stress affecte le conseil : quelques conseils pour réduire le stress et améliorer l’hygiène du sommeil

Le stress fait partie de la vie. C’est une réaction normale que nous ressentons lorsque les exigences externes dépassent nos ressources. Dans ces moments-là, il est essentiel de réaliser des changements. Nous pouvons commencer par les éléments suivants :

  • Détecter nos sources de stress et apprendre à les gérer de manière plus saine.
  • Être attentif à nos schémas mentaux. La façon dont nous gérons nos inquiétudes détermine ce que nous ressentons.
  • Prendre soin de nos routines quotidiennes : établir des temps de repos et de loisirs, faire de l’exercice et surveiller notre alimentation.
  • Créer une routine nocturne : éteindre le portable et l’ordinateur deux heures avant d’aller se coucher, se détendre avec un bain et lire un livre. Les techniques de relaxation et de respiration profonde peuvent également aider.
  • Dormir toujours à la même heure.

Aussi, et pour conclure, il est essentiel de garder un détail à l’esprit : nous ne pouvons parfois tout simplement pas tout gérer. Si la réalité nous dépasse, n’hésitons pas à recourir à une aide spécialisée. Bien dormir permet de mieux vivre, mais lorsque l’esprit reste piégé dans la prison du stress, bien dormir n’est pas chose facile.

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