“Chère fille au maillot de bain vert”, la lettre qui émeut les réseaux sociaux

20 octobre 2016 dans Emotions 4 Partagés

“Chère fille au maillot de bain vert” est la lettre virale qui rend compte de la non importance accordée au caractère des filles.

Peu importe que nous soyons ingénieuses, intelligentes, cultivées, tendres, persévérantes ou travailleuses. Ce qui importe, c’est d’être belle, attirante et moderne.

C’est pour cela que nous nous cachons. Nous cachons nos marques de vie, nos stries, nos kilos en trop ou nos kilos en moins.

Nous choisissons le tee-shirt qui nous amincit et nous cherchons toujours à être plus “belles” et à “photoshoper” notre réalité.

C’est ce qu’a voulu dire Jessica Gomez dans sa lettre “Chère fille au maillot de bain vert”, un texte dont nous allons parler ici pour vous inviter à réfléchir à votre voix intérieure et à celle de vos enfants.

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La lettre virale “Chère fille au maillot de bain vert”

“Chère fille au maillot de bain vert :

Je suis la femme qui se trouve sur la serviette d’à côté. Celle qui est venue avec un petit garçon et une petite fille.

Avant toute chose, je veux te dire que je suis en train de passer un moment très agréable avec toi et ton groupe d’amis, en cet instant où nos espaces se touchent et où vos rires, votre conversation “transcendantale” et votre musique envahissent mon air.

Tu sais quoi ? J’ai halluciné un peu en me rendant compte que je ne sais pas à quel moment de ma vie je suis passée de là à ici : de la fille à la “femme d’à côté”, de celle qui est avec ses amis à celle qui est avec ses enfants.

Mais je ne t’écris pas à propos de cela. Je t’écris car j’aimerais te dire que je me suis fixée sur toi. Je t’ai vue, je n’ai pas pu éviter de te voir.

Je t’ai vue être la dernière à enlever tes vêtements. Je t’ai vu te mettre derrière le groupe, en te cachant et enlever ton t-shirt alors que tu pensais que personne ne te regardait. Mais moi je t’ai vue. Je ne te regardais pas, mais je t’ai vue.

Je t’ai vue t’asseoir sur la serviette en soignant ta posture, en couvrant ton ventre avec tes bras.

Je t’ai vu te mettre les cheveux derrière tes oreilles en baissant la tête pour y arriver, peut-être pour ne pas avoir à bouger les bras de leur position extrêmement étudiée.

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Je t’ai vue te mettre debout pour aller te baigner et avaler ta salive nerveusement car tu devais attendre ainsi, debout, exposée, et utiliser une fois de plus tes bras comme un paréo pour te couvrir : tes stries, ta flaccidité, ta cellulite.

Je t’ai vue angoissée car tu ne pouvais pas tout couvrir, et t’éloigner du groupe en te cachant comme lorsque tu as enlevé ton t-shirt.

Je ne sais pas s’il y a un rapport avec ton mécontentement contre toi-même mais l’amie que tu attendais a détaché sa longue chevelure sur un dos auquel il ne manquait que des ailes de Victoria’s Secret. Alors que toi, tu regardais le sol. Cherchant une cachette en toi-même.

Et j’aimerais pouvoir te dire tant de choses, chère fille au maillot de bain vert… Peut-être parce qu’avant d’être la femme qui est ici avec des enfants, j’ai été à ta place, ici sur la serviette.

J’aimerais pouvoir te dire qu’en réalité, j’ai été sur ta serviette et sur celle de ton amie. J’ai été toi et j’ai été elle.

Aujourd’hui, je ne suis aucune des deux -ou peut-être que je suis toujours les deux. Et si je pouvais faire marche arrière, je choisirais tout simplement de profiter au lieu de me préoccuper -ou de me vanter- de choses comme savoir si l’on préfère être sur telle ou telle serviette.

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J’aimerais pouvoir te dire que j’ai vu que tu avais un livre dans ton sac et que quel que soit le ventre que tu aies aujourd’hui à 16 ans, il perdra sa douceur bien avant que tu ne perdes la tête.

J’aimerais pouvoir te dire que tu as un magnifique sourire, et que c’est dommage que tu sois aussi occupée à te cacher et que tu n’aies pas plus de temps pour sourire plus.

J’aimerais pouvoir te dire que ce corps dont tu sembles avoir honte est beau tout simplement car il est jeune.

N’importe quoi ! Il est beau car il est vivant. Car il enveloppe et transporte la personne que tu es et qui peut t’accompagner quoi que tu fasses.

J’aimerais pouvoir te dire que je souhaite de tout mon cœur te voir à 30 ans car à ce moment-là peut-être que tu te rendras compte à quel point tu mérites d’être aimée, et même par toi-même.

J’aimerais pouvoir te dire que la personne qui t’aimera vraiment un jour n’aimera pas la personne que tu es malgré ton corps, mais qu’elle adorera ton corps : chaque courbe, chaque petit trou, chaque ligne, chaque grain de beauté.

Elle adorera cette carte, unique et précieuse, que dessine ton corps et si ce n’est pas le cas, c’est qu’elle ne t’aime pas. Et qu’elle ne mérite pas ton amour.

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J’aimerais pouvoir te dire que -crois-moi, crois-moi, crois-moi- tu es parfaite comme tu es : sublime dans ton imperfection.

Mais qu’est-ce que je peux te dire puisque je ne suis que la femme d’à côté ?

Mais tu sais quoi ? Je suis venue avec ma fille. C’est celle qui a le maillot de bain rose, qui joue dans la rivière et qui se roule dans le sable. Aujourd’hui, elle se demandait si l’eau allait être froide.

À toi, je ne peux rien dire, chère fille au maillot de bain vert…

Mais tout, TOUT, je le lui dirai à elle.

Et tout, TOUT, je le dirai à mon fils aussi.

Car c’est ainsi que nous méritons d’être aimés.

Et c’est ainsi que nous devrions tous aimer.

ballon

Il y a de la vie au-delà du miroir et des crèmes anti-cellulite

Notre bien-être est compromis lorsque nous oublions de nous regarder, de nous explorer et de nous reconnaître dans notre propre corps, dans notre silhouette de femme.

Nous ne sommes pas ce qu’une crème anti-cellulite fait de nous, nous sommes celles qui aiment chaque recoin de son corps, comprenant pourquoi la cellulite apparaît et pourquoi nos ovaires nous font la guerre.

Nous ne sommes pas en sécurité avec nous-même si à chaque fois que nous nous regardons dans le miroir, nous nous disputons à cause de la graisse de nos cuisses ou à cause de nos rides.

Nous devons créer un espace intérieur sûr pour notre corps, au lieu de le punir et l’humilier. 

Nous sommes bien plus que ce que nous croyons être. Notre intérieur renferme en lui bien plus que ce que notre intellect peut comprendre.  
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