Quand ce n’est pas le coeur qui pleure, c’est le corps

7 octobre 2016 dans Psychologie 2212 Partagés

Les maladies et les émotions sont liées ; les émotions ne surgissent pas de nulle part, mais dépendent de notre façon d’interpréter ce qui nous arrive. De ce fait, certaines de nos réactions peuvent donner lieu à des symptômes physiologiques. De la même façon que les maladies physiques influent sur notre humeur et qu’elles génèrent en nous de la crainte, de la peur ou de l’inquiétude, de nombreux problèmes reflètent la façon dont on se sent dans notre corps.

Quand la relation corps/esprit se voit altérée dans son harmonie en raison d’émotions déplaisantes, de sentiments négatifs, de faible estime de soi et de situations de stress, les maladies psychosomatiques apparaissent. Elles sont considérées comme des maladies physiques dont l’apparition et l’évolution peuvent être liés à des facteurs psychologiques. Lorsque l’on parle de symptômes psychosomatiques, on fait référence aux maladies physiques qui ne peuvent pas être diagnostiquées médicalement.


« Toutes nos émotions s’inscrivent dans notre corps »

-Boris Cyrulnik-


La projection des émotions du corps

Les troubles ou altérations de l’organisme peuvent se manifester de différentes façons, et sont liés à des facteurs d’ordre psychologique :

  • Les maladies digestives : le syndrome du côlon irritable ou de l’intestin irritable, lié à la colère et l’agressivité.
  • Les maladies cardiovasculaires : elles sont liées à l’euphorie, l’hystérie, l’excitation, l’hypersensibilité et la nervosité.
  • Les maladies respiratoires : en dépression, face à la surprise, la respiration se coupe, l’émotion s’éteint, et l’angoisse se fait étouffante.

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  • Les maladies endocriniennes : elles sont provoquées par des déséquilibres émotionnels tels que l’anxiété, le doute, le scepticisme et la jalousie.
  • Les maladies génito-urinaires : elles sont liées à la peur, au manque d’estime de soi, à la timidité et au désespoir.
  • Les maladies dermatologiques ou cutanées : on développe ce genre de maladies lorsque l’on présente des difficultés pour communiquer, ou encore un excès d’autorité et de domination sur les autres.

« Il ne faut pas se demander quelle maladie a une personne, mais qui est la personne qui a une maladie »

-William Osler-


Quand les émotions se taisent, le corps crie

La manifestation physique d’une maladie et son développement dépendent de notre humeur et de la façon que l’on a d’affronter psychologiquement la maladie. Dans le cas du cancer ou de la fibromyalgie, il a été prouvé que le fait d’apprendre à gérer ses émotions et de retrouver un certain équilibre émotionnel aide le patient à récupérer.

Quand les émotions ne s’expriment pas, la mentalisation des émotions est déficitaire, et les sensations corporelles sont peu voire nullement associées aux états mentaux.

Lorsque l’on est incapable d’exprimer ses émotions, on parle d’alexithymie ; ce trouble regroupe des symptômes observés chez des personnes présentant des maladies psychosomatiques, et donne lieu à une difficulté à identifier et à décrire les émotions, de même qu’à une imagination appauvrie.

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Les différentes causes de l’alexithymie incluent des traits héréditaires, génétiques, neuronaux, des lésions cérébrales ou des traumatismes. Les personnes touchées par l’alexithymie sont souvent décrites par les autres, et même par leurs proches, comme froides et distantes. Elles manquent d’habilités empathiques et ont de grandes difficultés à comprendre et à répondre efficacement aux sentiments des autres.

La répression émotionnelle

L’alexithymie présente un phénomène de répression émotionnelle, phénomène qui pousserait certaines personnes à maintenir des expériences douloureuses ou désagréables hors de la conscience. Ces personnes-là se servent de cette répression émotionnelle comme d’une stratégie de défense et auraient par conséquent un accès plus restreint à leurs souvenirs émotionnels, et plus particulièrement aux souvenirs les plus négatifs, les plus désagréables.

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Le blocage émotionnel, c’est la réponse que donnent de nombreuses personnes à une souffrance vécue comme menaçante ou grave, reflétée dans la difficulté de reconnaître et de réguler leurs émotions, dans le but de se protéger elles-mêmes contre la souffrance. Or, un tel comportement ne les protège pas, mais a de graves conséquences cliniques et sociales. Ce que la bouche tait, le corps le crie.


La majorité des maladies, nous la générons nous-même du fait de nos émotions non libérées


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