Aujourd’hui je me sens bien et je n’ai pas besoin de le crier sur les réseaux sociaux

13 décembre 2015 dans Emotions 2926 Partagés
Aujourd’hui, je me sens bien lorsque je me regarde dans le miroir, et je n’ai pas besoin de prendre une photo de moi pour que les autres le voient. Je suis sortie dans la rue et j’ai souri aux personnes que j’ai croisées. Je n’ai pas eu besoin de le publier sur les réseaux sociaux pour obtenir le plus de “j’aime”. Ces sourires valent tellement plus…
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Nous avons tous déjà été surpris en constatant à quel point certaines personnes pouvaient être absorbées par ces nouveaux moyens de communication que sont les réseaux sociaux.

Elles exposent leurs vies, leurs pensées et d’autres faits plus communs sur les réseaux sociaux, comme quelqu’un qui dévoilerait toute son âme, laissant transparaitre ses propres peurs et ses propres imperfections.

Certes, les nouvelles technologies et les réseaux sociaux sont des instruments merveilleux qui ont enrichi notre vie. Ils permettent de lier les gens et de réduire la distance – pour ne pas dire les mondes – et nous offrent un plus grand accès à de nouvelles connaissances.

Cependant, comme c’est souvent le cas, chaque objet qui se trouve entre les mains d’une personne aura un usage et une finalité concrète.

Que se cache-t-il derrière ces personnes qui ont besoin de publier leurs pensées à chaque instant, ou qui postent à chaque heure un selfie devant leur miroir ? Observons cela d’un peu plus près…

J’ai besoin de ton attention, de ta gratification immédiate

Avec l’apparition des réseaux sociaux, une nouvelle façon d’interagir est apparue. Plus besoin de sortir dans la rue pour discuter, partager, séduire ou échanger des informations avec nos amis.

Il s’agit d’une rapidité épouvantable. Vous n’avez plus besoin de descendre les escaliers, ni de prendre le bus. Vous pouvez maintenant vous pomponner, sortir votre plus beau sourire et prendre une photo qui, dans l’instant, sera publiée sur les réseaux sociaux.

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Et la récompense est immédiate ! Vous pouvez alors obtenir en quelques secondes une dizaine ou une centaine de “j’aime”. C’est quelque chose de fabuleux pour quelqu’un qui a besoin de stimulants, de reconnaissance immédiate et d’un soutien positif, qui, en réalité, est aussi bref que fugace.

Le fait d’obtenir ce genre de soutien peut devenir une sorte d’addiction, car il y aura toujours quelqu’un qui vous offrira une seconde d’attention, même si vous vous connaissez à peine, voire pas du tout.

Je partage des imperfections, des vides et des besoins que je n’affronte pas

“Je me sens seule, j’ai été trahie, c’est un mauvais jour, ce monde n’en vaut pas la peine, cette personne est égoïste, personne ne me comprend…”

Il se peut que vous ayez lu ces phrases de nombreuses fois sur les pages de vos réseaux sociaux. S’il s’agit de vos amis et que vous les appréciez, n’hésitez pas à prendre votre téléphone ou à aller voir cette personne pour savoir ce qu’il se passe et l’aider.

Cependant, ces messages, ces mots, ne sont que des soulagements publics, qui, au lieu de rester personnels, sont visibles aux yeux de tous.

On préfère se soulager de nos gênes, de nos combats ou de nos tristesses sur ces places publiques que représentent les réseaux sociaux.

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Aujourd’hui je suis heureuse et j’ai décidé de garder ce bonheur pour toi et pour moi, dans l’intimité physique de quelqu’un qui sait lire la joie dans un regard, qui prend du temps pour une promenade en tête à tête…

Je projette quelque chose que je ne suis pas pour me sentir meilleure

Êtes-vous déjà tombé sur un faux profil ? Avez-vous déjà établi une amitié ou une relation avec quelqu’un qui s’est avéré être en réalité totalement différent de ce qu’il disait ?

En effet, il existe de nombreuses personnes qui projettent des qualités qui ne sont pas réelles, et des histoires fabuleuses accompagnées de photos trompeuses.

N’oublions pas que derrière ces réseaux sociaux, il y a des personnes qui présentent de grandes carences, mais rien ne sert d’en arriver à un tel extrême.

Parfois, nous pouvons observer le comportement de certains de nos amis à travers les réseaux sociaux. Ils parlent de choses qu’ils n’ont pas faites et donnent une image éloignée de ce qu’ils sont en réalité.

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Pour certains, les réseaux sociaux sont comme des boucliers protecteurs, une zone de confort dans laquelle on peut dissimuler ses peurs et ses inquiétudes, et à la fois projeter ce que l’on aimerait être ou ce que l’on aimerait avoir.

Il n’est plus nécessaire de sortir de chez soi pour trouver l’amour, ni de se rendre à certains évènements pour créer de nouvelles amitiés avec des personnes qui ont les mêmes intérêts que nous.

Le monde entier est à notre portée en un seul clic. Cela est merveilleux mais également dangereux en fonction de l’usage que vous faites de votre ordinateur ou de votre téléphone portable. 

L’équilibre…

L’équilibre, c’est profiter de la vie avec intensité en appréciant chaque technologie, chaque scénario, mais en faisant passer le monde des sens en priorité : la vue, le toucher, l’ouïe, le goût, l’odorat…

Aucun visage n’est plus séduisant qu’un visage que l’on voit en vrai. Aucun câlin n’est plus chaleureux que celui que vous savez donner, et aucune conversation n’est plus profonde que celle qui se déroule autour d’une tasse de café.

Soyons honnêtes, les réseaux sociaux sont fantastiques pour partager des choses ponctuelles, pour communiquer avec des personnes qui vivent loin, pour rire, apprendre et découvrir, mais toujours dans le respect et en gardant bien en mémoire où se situe la vie privée de chacun. Cette intimité ne se vend pas à base de “j’aime”.

Je n’ai pas besoin de publier une photo sur les réseaux sociaux pour que les autres reconnaissent mon bonheur ou mes tristesses. Moi, je sais lire mes peines, je sais profiter de mes joies, je n’ai pas besoin d’un public… Je sais où se situe la limite entre la sphère publique et la sphère privée.

Photographies publiées avec l’aimable autorisation de Pascal Campion.

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