Attention danger, crise de nerfs en vue !

3 janvier 2018 dans Psychologie de l'éducation et du développement 72 Partagés

« Je veux des bonbons ! » En tant que parents, vous pensez que ce n’est pas le moment pour votre enfant de manger des sucreries, mais vous savez que votre refus impliquera sûrement une conséquence incontrôlable : la crise de nerfs. Mais attendez un instant : est-ce vraiment incontrôlable ?

Vous dites à votre enfant que ce n’est pas possible, et vous voyez alors apparaître tous les symptômes… Il se met à pleurer et à crier, répétant encore et encore qu’il veut des bonbons. Vous essayez de parler avec lui ; d’abord sur un ton calme, puis vous sentez la colère monter en vous et vous finissez par crier vous aussi… Que pouvons-nous faire pour que la situation ne nous échappe pas ? Continuez à lire cet article et découvrez-le !

« Une conduite désordonnée ressemble à un torrent hivernal de courte durée. »

Epicure

Est-il normal que les enfants fassent des crises de nerfs ?

Quand nous sommes enfants, nous ne savons pas exprimer de manière adéquate nos propres idées : personne n’a pris le temps de nous apprendre à le faire, ou, si cela a été fait, nous ne disposons pas de la capacité de contrôle suffisante pour y arriver. C’est pourquoi, entre un an et demi et cinq ans, généralement, les crises de nerfs surgissent comme réponse aux normes que l’on nous impose depuis l’extérieur et qui ne concordent pas avec nos désirs. Généralement, les crises de nerfs atteignent leur paroxysme autour de deux ou trois ans, car c’est à cet âge-là qu’elles sont plus fréquentes.

Ce n’est pas parce que la crise de nerfs est une conduite de désobéissance propre à cette étape évolutive des enfants que l’on ne peut pas appliquer des mesures afin d’en diminuer la fréquence d’apparition. De fait, si on ne fait rien pour y mettre fin, elles peuvent mener à l’apparition d’autres problèmes comportementaux plus graves à mesure que les enfants grandiront, tels que le trouble oppositionnel avec provocation, ou le trouble de la personnalité antisociale.

Pour éviter que les enfants finissent par avoir recours à l’agression dans le but de résoudre leurs conflits et d’obtenir ce qu’ils veulent, il est important que les parents comprennent quelque chose d’important : lorsque les enfants font une crise de nerfs et qu’ils pleurent, ce n’est pas parce qu’ils souffrent énormément, mais parce que les pleurs sont le seul outil dont ils disposent pour atteindre leurs objectifs.

« Une conduite déréglée aiguise le génie et fausse le jugement. »

-Louis de Bonald-

enfant qui tire la langue

L’extinction : notre grande alliée conte la crise de nerfs

Etant donné que la crise de nerfs est la conduite que l’enfant adopte, pour arriver à la faire disparaître, il serait judicieux de renforcer ces autres conduites ou attitudes qui en soi sont adéquates. Les parents pourraient alors indiquer à leur enfant qu’ils apprécient lorsqu’il est calme, ou qu’il leur fait part de ce qu’il veut sans crier ; cela encouragera alors l’enfant à le faire plus souvent. L’attention se trouve à la base du maintien et de l’augmentation de la fréquence des conduites.

C’est pour cette raison que nous ne devons pas accorder notre attention à notre enfant lorsqu’il fait une crise de nerfs, et la lui accorder lorsqu’il adopte les comportements que l’on considère comme adéquats. Ce retrait correspondrait alors à l’extinction, concept sur lequel nous reviendrons plus en détails dans le paragraphe suivant. Mais avant de la mettre en pratique, il est important d’avoir les idées claires et de bien comprendre de quoi il s’agit. D’abord, il est très important de l’appliquer de manière systématique et de rester à notre place, même si la crise de nerfs augmente en intensité dans un premier temps.

Car c’est ce qui arrive lorsque l’enfant perçoit qu’on cesse de s’intéresser à lui ; il fera des crises de nerfs plus fortes pour voir si ainsi, il parvient à capter l’attention qu’on lui a ôtée. A ce moment-là, au moment où les crises de nerfs gagnent en intensité, deux choses peuvent se produire : soit on s’y intéresse, soit on fait comme s’il ne se passait rien. Si on s’y intéresse, nous renforcerons sa conduite. C’est comme si nous disons à notre enfant : « pour obtenir ce que tu veux, tu n’as qu’à crier encore plus fort ». Or, ce n’est pas ce que nous voulons.

Le second scénario requiert toute notre patience, car en plus, nous devons être systématiques dans notre agissement. L’objectif est que ce soit l’enfant lui-même qui mette fin à sa crise de nerfs après avoir compris que ce n’est pas en se comportant ainsi qu’il obtiendra quoi que ce soit. Dans ces cas-là, il reçoit alors de notre part le message opposé : « hausse le ton tant que tu veux, tu n’auras rien en empruntant ce chemin. » Ce message, il le gardera en mémoire et archivera la conduite comme peu efficace. Ainsi, la prochaine fois qu’il voudra quelque chose, il est peu probable qu’il opte pour la crise de nerfs.

Enfin, il est important de bien comprendre et d’intérioriser que plus les crises de nerfs dureront, plus il nous sera difficile de supposer qu’elles puissent disparaître. Le chemin à emprunter pour arriver à faire en sorte que notre enfant cesse de se comporter ainsi est difficile, mais si on ne se décide pas à le parcourir, les conséquences à moyen et long terme seront pires encore.

« Nous devrions connaître ce qui nous déconcerte chez les personnes avec qui nous vivons et que nous aimons. »

-Norman Maclean-

enfant faisant une crise de nerfs

L’extinction expliquée pas à pas pour en finir avec les crises de nerfs

Il est maintenant important pour nous de travailler sur le contrôle de soi au moment d’appliquer l’extinction quand notre enfant fait une crise de nerfs. Un autre outil que l’on peut acquérir et qui peut nous aider dans cet aspect est la relaxation.

Nous avons tous entendu parler auparavant de l’extinction, mais, savons-nous l’appliquer correctement ? Découvrez la marche à suivre :

  • Quand la crise de nerfs apparaît, nous devons ignorer ce comportement et continuer à faire ce que nous sommes en train de faire comme si de rien n’était.
  • Il est important d’indiquer à notre enfant, et ce une seule fois, ce que nous pensons de son comportement (« tu es en train de m’énerver ») et de lui expliquer quelle est la conduite que nous préférerions qu’il adopte (« quand tu te seras calmé, là je t’accorderai mon attention »).
  • Ensuite, nous devons nous retirer de la situation et attendre environ un minute par année d’âge de l’enfant. Si l’enfant a 13 ans et qu’il continue à faire des crises de nerfs, reprenez vos occupations sans lui prêter attention (autrement dit, sans lui parler ni le regarder).
  • Une fois qu’il se sera calmé, nous devons lui dire que nous apprécions sa tranquillité retrouvée.

En réalité, lorsque la crise de nerfs apparaît, il est très difficile d’ignorer les cris, les coups de pieds ou les insultes, mais il est pourtant essentiel d’arriver à le faire pour que ces conduites disparaissent. C’est pourquoi il est très important de réussir à nous armer de patience et à agir avec intelligence…pour que les crises ne nerfs prennent fin !

Images de Vance Osterhout, Hunter Johnson et Eddie Kopp

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