A quoi ressemble l’esprit d’un bébé ?

20 octobre 2019
Au cours des dernières décennies, la recherche a commencé à dissiper les mythes sur l'esprit des bébés. Dans cet article, nous abordons les plus importants, y compris quelques faits intéressants sur leur fonctionnement.

Tout au long de l’histoire, l’esprit a été décrit de diverses manières. Avec les progrès de la recherche et de certaines disciplines, nous en savons aujourd’hui davantage. Mais vous êtes-vous déjà demandé à quoi ressemble l’esprit d’un bébé ? Est-il identique à celui d’un adulte ou d’un enfant ? C’est un sujet fascinant qui fait l’objet d’études rigoureuses depuis peu de temps.

En outre, au cours de l’histoire, divers auteurs ont considéré les bébés comme des adultes miniatures et non comme des être qualitativement différents. En voyageant à travers l’histoire, nous trouvons aussi des idées étranges ; par exemple, Descartes croyait que les bébés étaient piégés dans le moment présent, tandis que William James soutenait que le monde des bébés pouvait se résumer à une confusion de bourdonnements.

Avec le temps et les diverses théories philosophiques, psychologiques et biologiques, la connaissance et la réflexion sont devenues plus précises et profondes. Ainsi, dans cet article, nous tenterons de mieux comprendre comment fonctionne l’esprit des bébés et pourquoi et en quoi il diffère de celui des adultes.

L'esprit d'un bébé

A quoi ressemble l’esprit d’un bébé selon les neurosciences ?

Les neurosciences d’aujourd’hui ont les moyens de mettre en évidence ou d’écarter les hypothèses du passé. Grâce à des techniques qui mesurent l’activité du cerveau des bébés, nous savons qu’ils sont capables de traiter l’information en peu de temps. Ensuite, ils ont la capacité de capturer diverses sensations et de leur donner un certain sens.

C’est ainsi que les bébés peuvent détecter des stimuli inhabituels, même s’ils ne se concentrent pas sur quelque chose en particulier. C’est une faculté merveilleuse et nécessaire pour apprendre. De plus, l’absence de préjugés signifie qu’on lui attribue une plus grande créativité potentielle.

D’autre part, nous savons que le bébé a plus de neurones que le cerveau adulte. Au fur et à mesure que nous nous développons, entre en jeu un processus appelé élagage synaptique, dans lequel nous éliminons les connexions et les neurones qui ne nous sont pas si utiles.

D’autre part, après analyse des connexions des régions du cortex cérébral du bébé, on a constaté qu’elles sont mieux reliées que chez les adultes, surtout dans les régions dédiées aux fonctions exécutives. C’est fascinant ; c’est peut-être précisément l’un des phénomènes responsables de notre capacité d’apprendre tant de choses dans les premières étapes de notre vie. Le câblage interne de notre cerveau serait un élément facilitant.

D’autre part, tout comme dans le cerveau adulte les neurotransmetteurs sont importants, chez le bébé aussi. En ce sens, leur libération particulière rendrait les bébés moins sélectifs en filtrant les stimuli.

Mythes sur l’esprit du nouveau-né

David Chamberlain, psychologue californien, s’est consacré à l’étude de l’esprit des bébés. Dans son livre L’esprit du nouveau-né, il met l’accent sur les mythes les plus importants associés à l’esprit du bébé. En voici quelques-uns :

  • Les bébés ne sentent rien : le contraire peut vous sembler évident, toutefois, il y a quelques années, on pensait encore que ce n’était pas le cas. En réalité, il a été considéré que l’anesthésie n’était pas nécessaire pour eux. Mais ils sentent bien les choses, entre autres grâce à leur système nerveux central
  • Les bébés ont un « cerveau pauvre » : Nous savons par la recherche que ce n’est pas le cas. En réalité, ils ont plus de neurones qu’un cerveau adulte
  • Ils ne sont pas capables de penser : bien sûr qu’ils pensent. Même s’ils le font de manière différente d’un enfant ou d’un adulte
  • Le nouveau-né n’a pas besoin de sa mère : il a besoin d’elle pour le rôle qu’elle joue en tant que figure d’attachement, en tant que référence et source d’affection

D’autre part, la psychologie périnatale nous a montré l’importance des relations du bébé pour son développement futur. Entre-temps, le comportementalisme s’est concentré sur le fonctionnement de l’accoutumance et de la prise de conscience. Aujourd’hui, grâce à ces approches et à d’autres, nous savons que le bébé a des fonctions que l’on croyait inexistantes dans le passé.

Un bébé dans les mains d'un adulte

Le développement de l’esprit du bébé

Au fur et à mesure que les bébés grandissent, ils changent. Nous pouvons observer certains de ces changements, tandis que d’autres sont si progressifs ou internes qu’ils passent inaperçus.

Par exemple, un enfant de zéro à deux ans apprend à manipuler des objets par les sens. De plus, ils peuvent commencer à ramper, avoir un meilleur accès au langage et commencer à développer leur attachement. Mais l’esprit ne sera pas le même que celui d’un enfant de 3 ans, pourquoi ? Il arrive qu’en interagissant avec l’environnement, le cerveau du bébé change, en établissant de nouvelles connexions et rejetant celles qui ne sont pas efficaces. Et ce, en fonction du stade de développement dans lequel il se trouve.

Ensuite, au niveau cérébral, il y a des différences mois par mois. Cela dépendra des facteurs biologiques propres à l’enfant et ses interactions avec l’environnement. Ainsi, chaque étape favorise le développement du bébé. Par exemple, selon María Caballero, auteure du livre Neuroeducación de profesores y para profesores (Neuro-éducation des professeurs et pour des professeurs), le fait de marcher à quatre pattes favorise l’intégration du corps calleux, une structure qui unit les deux hémisphères. Par conséquent, se développe : un motif, croisé, le système vestibulaire et proprioceptif, la convergence visuelle et la mise au point des yeux, le sens du toucher, la latéralisation et l’écriture dans le futur.

Bref, l’esprit d’un bébé est vraiment fascinant, il établit des liens après chaque apprentissage, il a besoin de l’autre pour favoriser son développement optimal et, sans préjugés, il peut compter sur une merveilleuse capacité créatrice. D’un autre côté, nous avons encore beaucoup de questions sans réponses et d’autres que nous n’avons pas encore réussi à formuler : la recherche y travaille.

 

  • Caballero, M. (2017). Neuroeducación de profesores y para profesores. Ediciones Pirámide.
  • Chamberlain, D. & Martí, N. (2002). La mente del bebé recién nacido. Ob stare.
  • García, E. (2007). Teoría de la mente y ciencias cognitivas. Nuevas perspectivas científicas y filosóficas sobre el ser humano. Madrid: Universidad Pontificia Comillas de Madrid, 17-54.
  • Lehrer, J. (2009). Inside the baby mind. The Boston Globe. Recuperado de: http://archive.boston.com/bostonglobe/ideas/articles/2009/04/26/inside_the_baby_mind/?page=full