7 théories philosophiques intéressantes

· 6 janvier 2018

La théorie de Pythagore

Les mathématiques, comme la philosophie, font partie des disciplines les plus malaimées des lycéens. Aussi, le nom de Pythagore évoque pour beaucoup un fameux théorème mathématique relatif au triangle rectangle, qui a donné des cauchemars à certains. Mais il ne faut pas oublier que, s’il a été un génie des mathématiques, le savant grec s’est aussi illustré en fondant l’école pythagoricienne, un mouvement philosophique et religieux très important, au VIème siècle avant notre ère.

Pythagore de Samos est considéré comme l’un des premiers mathématiciens de l’humanité, et certainement l’un des plus importants de l’histoire. Pour résumer sa pensée philosophique, on peut dire qu’il considérait que la religion et la science ne sont pas deux blocs étanches qui se font face, mais bien deux facteurs indissociables d’un même style de vie.

Formée par des astrologues, des musiciens, des mathématicien et des philosophes, l’école pythagoricienne considère que toutes les choses sont, par essence, des nombres. Pour le dire plus clairement, tout ce qui compose la nature suivrait des règles numériques, selon le savant grec et ses disciples. Pour autant, si la pensée qu’il a véhiculé semble particulièrement scientifique et ancrée dans les mathématiques, Pythagore n’en était pas moins profondément mystique.

Le symbole religieux de référence de l’école pythagoricienne est le pentagramme, appelé aussi « santé », qui était utilisé comme un signe secret entre les membres de ce courant, dans le but de se reconnaître.

 

pythagore

L’épicurisme et ses coreligionnaires

Ce mouvement philosophique a été institué par Épicure de Samos, au IVème siècle avant notre ère, avant d’être prolongé par les disciples du savant grec, appelés les épicuriens. La maxime de cette théorie peut être résumée de la façon suivante : la recherche du bonheur passe par la recherche du plaisir. Mais ces deux concepts, le plaisir et le bonheur, étaient entendu par les épicuriens comme l’absence de douleur et d’afflictions.

Pour atteindre le bonheur, trois classes de plaisirs permettraient d’entrer dans un état appelé ataraxie. L’état de sérénité, l’absence de gêne et l’équilibre parfait entre le corps et l’esprit.

Épicure expliquait que, selon sa perspective, Dieu n’existe pas. Son point de départ est le suivant : Dieu est bon et tout-puissant, mais des malheurs arrivent constamment aux êtres humains, même aux plus vertueux d’entre eux. Pourquoi ?

De son point de vue, seuls deux résultats logiques sont possibles : ou Dieu n’est pas bon, car il permet que des choses mauvaises se produisent ; où il n’est pas tout-puissant, puisqu’il n’est pas capable d’empêcher qu’elles ne se produisent. Dans les deux cas, l’existence d’un Dieu, tel que conçu par les êtres humains, est remise en question.

Que pensez-vous de ce raisonnement ?

La théologie scolastique d’Anselme de Cantorbéry

Si elle n’est pas l’une des plus controversées parmi celles que nous vous présentons aujourd’hui, la scolastique est assurément une théorie qui se distingue par son hétérogénéité. Elle est issue de racines gréco-latines, arabes et judaïques, et elle a largement dominé la pensée médiévale. Elle se fonde sur la subordination de la raison à la foi, ainsi que sur la coordination de ces deux concepts.

“La foi en recherche de savoir.”

-Anselme de Cantorbéry-

Certains auteurs ont qualifié ce mouvement comme beaucoup trop statique et soumis uniquement à la mémorisation, à cause de ses méthodes éducatives quelque peu orthodoxes. Pour autant, ses aspects philosophiques ne sauraient être interprétés comme un ensemble de dogmes théologiques stricts, mais plutôt comme un travail d’équilibre entre la foi et la raison. L’objectif d’Anselme de Cantorbéry était de comprendre la réalité depuis le point de vue de l’être humain.

La théorie rationaliste de René Descartes

Cogito ergo sum (Je pense, donc je suis). Avec cette locution, René Descartes résume à la perfection l’idée qui sous-tend l’une des théories philosophiques les plus célèbres de l’histoire : le rationalisme. Selon le philosophe français, la raison est la source de la vérité et l’unique manière de la déduire. Il rejette, de facto, tout dogme de foi, qui s’oppose au monde sensible et à l’inconscient, car il les considère comme « douteux ».

La vie de ce mathématicien français a été pour le moins particulière. En raison de graves problèmes de santé, il a dû passer de nombreuses heures alités lorsqu’il était enfant. Il en a profité pour penser et divaguer sur notre monde. Quelques années plus tard, il a posé les bases d’une des théories les plus influentes de la philosophie.

Développée en Europe aux XVIIème et XVIIIème siècles, la théorie du rationalisme propose le doute comme unique méthode pour rencontrer la vérité universelle. Sa contribution est manifeste : le doute méthodique est la forme exclusive d’accès à la connaissance.

descartes

Les deux courants de l’idéalisme

René Descartes, que nous venons juste d’étudier, mais également d’autres auteurs comme Berkeley, Kant et Fichte (pour l’idéalisme subjectif), ainsi que Leibniz et Hegel (pour l’idéalisme objectif), furent les représentants les plus illustres de ce courant de pensée.

L’idéalisme est l’une des théories philosophiques à laquelle nous nous référons le plus. A combien de reprises dans votre existence avez-vous prononcé la phrase : « Tu es trop idéaliste » ? Pour autant, savez-vous réellement ce que représente ce courant philosophique ? Il a peu de rapport avec le sens que nous donnons actuellement à ce mot. L’idéalisme considère le monde et la vie comme des modèles parfaits d’harmonie.

Les philosophes adeptes de cette théorie considèrent les choses qui existent comme parfaites et leur attribuent des qualités qu’elles n’ont pas forcément. Voilà pourquoi nous parlons aujourd’hui « d’idéaliser » quelqu’un ou quelque chose.

Même s’il existe deux courants bien distincts de l’idéalisme, ils s’accordent sur le fait que les objets ne peuvent exister sans que l’esprit ne soit conscient d’eux. Ils affirment que le monde extérieur dépend entièrement de l’esprit humain. L’idéalisme exalte les valeurs de l’irrationnel, du traditionnel et du sentimental.

Le nihilisme de Nietzsche

« Dieu est mort« . Avec cette phrase, Nietzsche a conceptualisé l’une satires les plus acerbes de la mentalité dominante du XIXème siècle. De la même manière, il a réalisé une critique exhaustive de la société occidentale, notamment à travers la généalogie et les concepts auxquels elle se réfère.

Pour ce philosophe, poète, musicien et philologue allemand, le monde est soumis à un profond nihilisme, qu’il nous faut surmonter pour ne pas arriver à notre fin. Il se réfère ici à la dévalorisation des valeurs suprêmes, à un processus historique qu’il qualifie comme « rendant inopérant ce qui auparavant était suprême« .

Bien des penseurs qui lui ont succédé ont critiqué ses raisonnements en démontrant les contradictions qu’ils pouvaient comprendre. A son époque, il se défendait en argumentant qu’il utilisait divers points de vue dans ses œuvres, afin de donner à voir à ses lecteurs les multiples facettes d’un seul et même sujet.

 

nietzsche

La théorie du Tao de Lao Tseu

Lao Tseu fut le contemporain de Bouddha, de Pythagore et de Confucius, mais nous ne connaissons pas avec précision les dates de sa naissance et de sa mort. Le terme Tao est composé de deux idéogrammes : tête et marcher. Voilà pourquoi il peut être interprété comme l’homme qui avance, qui marche consciemment, qui suit son chemin.

La signification du terme dépend de son contexte et peut être utilisé à des fins philosophiques, cosmologiques, religieuses ou morales. Le Tao se base sur le dynamisme et la dualité. C’est l’idée selon laquelle les opposés se complètent, comme le yin et le yang, dans une figure sans fin.

 

“Ceux qui courent peuvent être pris avec des filets ; ceux qui nagent avec une ligne ; ceux qui volent avec une flèche. Quant au dragon qui s’élève au ciel, porté par les vents et les nuages, je ne sais comment on peut le saisir. J’ai vu aujourd’hui Lao Tseu : il est comme le dragon !”

-Confucius-

Ce petit recueil de théories philosophiques a pour objectif de montrer à quel point la pensée a pu changer à travers les siècles. Mais il permet également de démontrer que de nombreux dogmes, de nombreuses hypothèses, restent toujours d’actualité. La connaissance de notre réalité a évolué, de la même manière que l’esprit humain, de l’enfance vers la maturité.