Le besoin d’idéaliser pour aimer

24 octobre 2016 dans Curiosités 306 Partagés

Quand nous tombons amoureux, non seulement il est inévitable d’idéaliser l’autre, mais c’est aussi nécessaire. 

Cet état incontrôlable et passionnel, qui se produit avec une telle intensité, a son origine dans la vision spéciale que nous avons de la personne dont nous tombons amoureux.

Une vision spéciale grâce à laquelle nous nous émerveillons, car nous amplifions chaque trait positif chez l’autre de manière exagérée, et nous amoindrissons chaque trait négatif pour le voir comme quelque chose de positif.

Dans l’idéalisation, ce qui prime, c’est le personnage que nous construisons à travers l’autre.

Le processus d’idéalisation dure un temps déterminé, car il est inévitable que l’intensité diminue. 

Ce n’est pas possible de conserver cet état puisque cela nous affecte dans tous les domaines de notre quotidien, et diminue notre concentration et notre attention puisque toute notre énergie est focalisée sur l’être aimé.

Processus biochimique de l’idéalisation

Dans le fait de tomber amoureux, quand on idéalise quelqu’un, un processus biochimique se met en place dans notre cerveau altéré qui est semblable à l’addiction. 

Voilà pourquoi on a l’habitude de dire que quand on est amoureux, c’est comme si on était drogué, et cela ressemble à de l’aliénation mentale.

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Quand on tombe amoureux, cela altère des substances chimiques dans notre cerveau comme la norépriphine et la dopamine.

De plus, cela augmente la production de la phénéthylamine, un neurotransmetteur qui génère un degré plus grand d’excitation, en provoquant de la tachycardie, des rougissements et de l’insomnie.

La phénéthylamine est également générée à travers quelques aliments comme le chocolat, voilà pourquoi cet aliment peut nous servir pour soulager un peu cette sensation d’anxiété quand on ressent l’absence de l’être aimé.

Dans l’état d’idéalisation, différents symptômes physiques apparaissent, comme :

  • Des palpitations, des frissons et des nœuds à l’estomac.
  • Une forte excitation nerveuse, des rougeurs, des sueurs froides et une dilatation pupillaire.
  • Un changement d’odeur corporelle, une peur paralysante et une nécessité physique de la présence de l’autre.

Parmi les symptômes psychologiques, on peut souligner :

  • La focalisation sur l’être aimé, la dépendance et la perte de sa propre identité.
  • Le désir de fusion, l’idéalisation et les états altérnés d’euphorie et de dépression.

Période fantasmée de l’idéalisation

Le fantasme s’envole quand on idéalise, et tout ce qui fait partie de l’autre nous paraît être la meilleure chose qui soit. 

Nous créons un être extraordinaire, en jouant avec ses traits de personnalité, et en ajoutant des aspects dont nous rêvons.

Nous fantasmons de pouvoir trouver l’être aimé n’importe où et n’importe quand, et nous restons en alerte.

Nous le voyons partout et nous le ressentons comme une partie de nous. C’est à ce moment que nous pouvons arriver à avoir des hallucinations.

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Les fantasmes que nous avons tournent autour de l’idéal que nous avons créé.

Selon comment on vit l’amour, on cherchera un type de personne ou bien un autre pour que celle-ci se rapproche de cet idéal : des amours impossibles, des amours vécues à travers la douleur, l’amour basé sur des conflits, l’amour passionnel, les amours tragiques, les amours “parfaites”, etc.

Reprendre contact avec la réalité

Le processus de l’idéalisation de celui ou de celle que nous avons peut être amené à se prolonger dans le temps.

Quand ce processus se termine, la relation peut se terminer ou se transformer.

C’est quelque chose qui dépendra surtout de la distance qu’il y a entre la réalité et les attentes que nous avions.

Si la personne que nous avons idéalisée ne correspond pas du tout à notre idéal, il est probable que la relation ne soit plus du tout motivante.

Le contact avec la réalité peut devenir un peu frustrant et tragique, après tout le fantasme que nous avions construit quand nous sommes tombés amoureux. 

Revenir à la réalité est l’étape durant laquelle notre amour devient un amour mature. Cette transition valide que nous sommes avec la personne avec qui nous voulons vraiment être, pour ainsi partager notre vie.

Franchir cette étape de retour à la réalité veut dire aimer différemment, sans perdre son individualité. L’idéalisation a la fonction d’attache et de fusion, elle nous donne la force et l’énergie pour connaître l’autre, avec toute l’intensité que cela suppose.

Même si en finir avec l’idéalisation peut résulter frustrant, c’est une frustration positive qui nous aide à évoluer et à consolider le lien amoureux.

L’amour est seulement possible quand deux personnes communiquent ensemble à partir du centre de leurs existences.

En étant ressenti de cette manière, l’amour est un défi constant, pas un lieu de repos. C’est un moyen de se déplacer, de grandir, et de travailler ensemble.

Ainsi, qu’il y ait de l’harmonie ou un conflit, de la joie ou de la tristesse, cela est secondaire par rapport au fait fondamental que deux êtres s’aiment à partir de l’essence de leur existence.

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