3 types de dépendance émotionnelle

· 31 mai 2017

La dépendance émotionnelle est une condition complexe. Elle n’obéit généralement pas uniquement à un seul facteur, mais apparaît et se maintient à cause de plusieurs facteurs. De plus, dans de nombreux cas, il ne s’agit même pas d’une réalité consciente. Au contraire. La personne dépendante émotionnelle pense que les problèmes dérivés de sa dépendance ont une origine différente et bien souvent, extérieure.

Derrière la dépendance, il existe une peur extrême. Il y a aussi beaucoup de fantasmes autour de la propre capacité ou au lieu que l’on occupe dans le monde. La personne dépendante ressent, sans preuve, que si elle brise ou manque de certains liens, elle se retrouvera en grand danger.

Ce type de dépendance est similaire à l’addiction. En tant que telle, elle amène donc aussi au syndrome de l’abstention. Il y a des épisodes d’anxiété et de dépression quand, pour une raison ou pour une autre, le lien se brise ou est momentanément fragilisé. L’existence même peut être vécue comme quelque chose d’insupportable sans ce lien. Quiconque en souffre, sans aucun doute, souffre beaucoup. On peut parler de trois types de dépendance émotionnelle. Les voici.

La dépendance émotionnelle de la famille

C’est l’une des formes de dépendance émotionnelle les plus difficiles à résoudre. Généralement, elle correspond à des structures familiales où les parents souffrent de forts états d’anxiété et les transmettent à leurs enfants. Ces derniers sont donc éduqués avec une peur excessive face au monde. L’extérieur est vu comme une menace et le sein familial comme un refuge.

Quiconque souffre de ce type de dépendance survalorise la protection que lui apporte sa famille. S’il existe bien des liens affectueux et de grands gestes de solidarité, il est évident qu’il y a aussi des traits malsains. Dans ce schéma, il y a l’idée répétée qu’il y a des risques et qu’il vaut mieux s’en éloigner le plus possible.

Dans ce type de famille, on ne forme pas à la confiance en soi. Au contraire, au fond, on encourage la croyance selon laquelle la personne va se montrer incapable face aux grands défis. De cette manière, la famille devient une sorte de bulle qui protège mais aussi qui enferme. Au fond, il s’agit bien d’une manière erronée de traiter l’anxiété. C’est aussi une réponse équivoque face à l’exigence de grandir et d’être autonome.

La dépendance émotionnelle du couple

Ce type de dépendance est l’une des plus fréquentes. C’est aussi l’une des plus nocives. Elle part d’une croyance erronée. On suppose que le conjoint donne du sens à sa propre vie ou protège d’une terrible solitude. Et il devient alors l’axe de sa propre vie.

Ce type de dépendance est propre aux personnes qui sont pleines d’insécurités. Elles ne savent pas très bien ce qu’elles sont capables de faire et ce qu’elles peuvent pas faire. De fait, elles supposent qu’elles sont tout à fait démunies. Elles ont donc besoin de soutien pour vivre et ce soutien se matérialise dans leur conjoint. Il devient alors une sorte de bouclier protecteur contre la souffrance et la peur. Et un fort attachement envers lui/elle se construit.

Même si ce type de dépendance peut fonctionner pendant un temps, tôt ou tard il provoque généralement de grandes souffrances. La personne dépendante a tellement peur de perdre son conjoint qui peut développer des comportements très nocifs. Entre elleux, il y a souvent des jalousies excessives ou une soumission sans limite. Ainsi, la dépendance détériore la relation au lieu de la rendre plus forte.

La dépendance du milieu social

Le plus caractéristique de cette condition est le besoin excessif d’être reconnu-e et approuvé-e par n’importe quel environnement. Si le milieu ne nous envoie pas de signaux de franche valorisation et d’acceptation, l’individu entre en panique. De plus, il fera ce qui est nécessaire pour atteindre cette apparente compensation psychologique. Se sentir rejeté-e, selon son point de vue, équivaut à la pire chose qui puisse lui arriver.

Pour bénéficier de l’approbation des autres, une personne peut devenir servile ou invisible. Dans le premier cas, la personne dépendante se sent obligée de plaire aux autres, et s’oublie complètement. Elle est capable de faire n’importe quel sacrifice pour ne pas devoir se confronter à un rejet ou à une confrontation. Dans le deuxième cas, la personne peut renoncer à ses convictions, pour ne pas entrer en tension avec son entourage. Dans les deux cas, la situation est totalement nocive.

Que ce soit dans le cas de la dépendance familiale, de couple ou de l’environnement social, ce qui se trouve au fond, c’est une pauvre estime de soi. Il n’y a surtout aucune conscience de ce que l’on est capable de faire. On part de l’idée que l’on a peu de valeur et que l’on est inférieur-e ou moins compétent-e que les autres pour avoir la vie que l’on veut.

Toutes ces fausses croyances se traduisent en peur et en anxiété. Et comme toute peur, comme toutes les peurs injustifiées que nous avons, la meilleure manière de les dépasser est de s’y confronter. Peut-être que vous devez faire le premier pas. Oser marcher seul-e. Vous risquer à sortir de votre zone de confort. La confiance en soi ne se construit pas du jour au lendemain, mais il y a quelque chose de sûr : si vous la construisez loin des « dépendances », elle sera beaucoup plus solide.

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Images de Catrin Welz-Stein