Il y a plus de parents hyperpassifs que d’enfants hyperactifs

· 25 février 2017

Le terme « hyperactivité » est devenu très populaire ces derniers temps. Beaucoup de parents pensent que leurs enfants souffrent de ce trouble, qu’ils sont hyperactifs. Si l’on se penche sur les défenseur-se-s et les détracteur-trice-s de l’existence de ce fameux trouble, il semblerait qu’il n’y a pas autant d’enfants qui en souffrent que le nombre de diagnostics donnés. C’est-à-dire que nous parlons d’un trouble, si on peut l’appeler ainsi, sur-diagnostiqué.

Il y a beaucoup de parents, trop d’ailleurs, qui se rendent dans des centres de psychologique, de psychiatrie infantile ou de neurologie en quête d’un diagnostic qui confirmerait leurs doutes. Des doutes qui, selon eux, indiquent leur enfant est hyperactif. Il est évident que ce diagnostic n’est souvent pas confirmé et les parents sortent encore plus découragés de la consultation (aussi contradictoire que cela puisse paraître). D’autre fois, le diagnostic est confirmé mais il est donné à mauvais escient.

Lors d’une première consultation avec les parents et l’identification de comportements à problème, on réalise une évaluation de l’enfant et de la dynamique familiale. Si c’est nécessaire, on intervient dans la famille, dans le but d’optimiser la dynamique familiale et le comportement de l’enfant.

Enfants hyperactifs ou parent hyperpassifs ?

Il y a quelques jours, je lisais un mème sur Internet, qui disait : « Il y a plus de parents hyperpassifs que d’enfants hyperactifs ». J’ai réfléchi et je me suis décidé-e à écrire un article à ce sujet.  Il me semblait que des questions intéressantes étaient soulevées, alors allons-y.

Il existe une énorme demande de diagnostics dans les Troubles de l’Attention ou les Troubles du Déficit de l’Attention avec ou sans Hyperactivité (TDAH) chez les enfants qui sont distrait-e-s en classe, qui bougent trop, qui sont agité-e-s… De plus, on peut ajouter plus de plaintes, déguisées en symptômes, qui font croire aux parents et aux professeur-e-s que ces enfants (qui ne rentrent pas dans leurs attentes) qu’ils ont un problème ou un trouble psychologique.

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Ils passent leur vie à consulter différent-e-s professionnel-le-s et spécialistes dans le but de trouver un diagnostic et d’étiqueter leur enfant comme un enfant hyperactif pour se rassurer dans le pire des cas, les mettre sous médicaments. Et ainsi, agir de manière hyperpassive.

Parents trop occupés et préoccupés

Il est évident que les mères et les pères ne passent pas leurs journées devant la télévision ou le téléphone portable. Beaucoup ont même plus d’un travail hors de la maison, en plus des tâches domestiques. Dans le quotidien, ils n’arrêtent pas, ils vivent stressés constamment, dans la hâte, ils sont très occupés (et les enfants aussi) et ils arrivent tard et fatigués à la maison. Il passent très peu de temps avec leurs enfants et le peu de temps qu’ils passent avec eux, c’est de manière passive.

Les parents et les enfants ont si peu d’énergie lorsqu’ils arrivent à la maison qu’ils n’ont pas envie de jouer dans la rue, de cuisiner ensemble. Il n’y a plus de temps pour s’allonger sur le sol ou pour jouer à la maison, pour faire des chatouilles dans le lit, pour construire des tours, pour chanter ou danser, pour rire ensemble, pour inventer des histoires avec des poupées ou des animaux, pour raconter des histoires etc.

La technologie et les écrans occupent tous ces moments partagées. Les enfants n’ont aucune opportunité pour déborder d’énergie, et en finissent par souffrir de symptômes d’anxiété, de stress ou de tristesse excessive, d’ennui ou d’épuisement. Et les parents commencent à s’inquiéter à cause de ces symptômes.

« Les pères de famille vraiment heureux, on les trouve souvent dans les bars ».

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Passer plus de temps avec ses enfants suppose de renforcer les liens

Je crois fermement que je mérite la joie, plus que la peine, de passer plus de temps avec les enfants pour jouer et d’être présent-e avec eux pendant leur enfance (au moins). Il est donc essentiel de s’efforcer pour élaborer d’autres manières d’être avec eux en fonction de leur maturité et de leurs besoins particuliers. Il n’est jamais trop tard pour la révision et le changement.

« Chaque jour de notre vie, nous faisons des virements sur le compte en banque de la mémoire de nos enfants. »

-Charles Swindoll-

Car il n’y a pas tant d’enfants hyperactifs, ni tant d’enfants avec des problèmes de comportement. Il y a beaucoup plus de parents hyperpassifs, qui n’acceptent pas leur paternité ou leur maternité avec responsabilité. Et même en l’ayant choisie, ils semblent ne pas être conscients de tout ce qu’elle implique, des dépenses d’énergie, du temps à passer avec les enfants, de leurs besoins etc. Cela apporte aussi beaucoup de satisfactions, de moments de bonheur et de renforcement du lien paternel et maternel qui, sans aucun doute, est la base d’un bon développement psycho-émotionnel d’un enfant.

 

Image principale de JrCasas