Vivre en couple, mais chacun chez soi

28 août 2019
Pouvons-nous maintenir des relations à long terme sans renoncer à notre vie privée, à notre propre développement personnel et en évitant les conflits de cohabitation ? Dans cet article, nous vous en parlons.

Jusqu’à présent, la décision de vivre ensemble dans la même maison était considérée comme l’une des étapes définitives de la consolidation du couple. Le partage de l’espace, des routines et parfois des biens communs était le point de départ vers une relation consolidée.

Cependant, de plus en plus de personnes décident aujourd’hui de prolonger cette décision, malgré le maintien de relations stables. D’une certaine façon, cela semble indiquer qu’un pourcentage de la société apprend à aimer vivre seul. Même s’il est vrai que d’autres prennent cette décision pour d’autres raisons.

Il semble qu’une relation de couple stable n’est pas incompatible avec le fait de vivre pleinement sa vie sans avoir à partager le même espace.

Selon les dernières études, cette situation est de nature mondiale, du moins en Occident, et elle n’est pas exclusive à un pays ou à une communauté spécifique. De fait, 35 % des personnes vivant seules ont déclaré se trouver dans une situation sentimentale stable, mais sans cohabitation.

Ces données ne varient pas trop entre les hommes et les femmes. Ces dernières sont les plus nombreuses d’à peine 1 %. Cependant, ce qui semble être un facteur crucial est l’âge plutôt que le sexe. Il semble donc que les personnes âgées soient moins influencées par les pressions sociales liées à former un couple et vivre ensemble.

Un couple qui se promène sur une plage

Les données selon les âges

Parmi les personnes de plus de 51 ans qui entament une nouvelle relation, seulement 22 % déclarent que leurs projets d’avenir comprennent l’idée de partager une maison avec leur partenaire actuel. La plupart d’entre elles considèrent qu’il est important de maintenir leur style de vie sans affecter la qualité de leur nouvelle relation.

Cependant, seulement la moitié des personnes qui ont entre 31 et 40 ans aujourd’hui et qui ont des relations stables envisagent de vivre ensemble au cours des deux prochaines années. D’autre part, à un âge plus précoce, le fait de ne pas vivre ensemble dans les première étapes de la relation est considéré comme une étape fondamentale, au même titre que la formation et le développement professionnel avant de vivre ensemble en couple.

Quelles sont les raisons pour lesquelles on ne souhaite pas vivre en couple ?

Ce phénomène semble répondre à plusieurs raisons. Ainsi, le fait d’avoir déjà vécu avec un autre partenaire est le facteur qui est le plus lié à la probabilité de vivre en couple, mais chacun chez soi.

L’expérience montre que vivre chacun chez soi permet aux membres du couple de se sentir plus libres dans la relation et avec la possibilité de se faire des amis à l’extérieur. Ils ressentent également moins la pression des conflits liés aux tâches ménagères et aux problèmes financiers courants.

Les personnes qui choisissent de vivre en couple, mais chacun dans sa propre maison, déclarent qu’elles se sentent à l’aise car elles préservent leur vie privée sans renoncer à l’intimité avec leur partenaire. Beaucoup pensent que c’est aussi une façon moins traumatisante de sortir d’une relation, si c’était le cas.

Des couples qui durent dans le temps

Ce qui est curieux, c’est que cette nouvelle façon de comprendre les relations de couple ne semble pas en réduire la qualité. Ou la durée. Un pourcentage élevé de ces couples sont toujours ensemble après 12 ans de relation non-cohabitante.

Peut-être que l’idée de « devoir trouver un partenaire » comme l’une des exigences sociales les plus pressantes des générations passées est en train de changer. Tout semble indiquer que la façon dont les relations sentimentales sont comprises aujourd’hui est en train de changer à bien des égards.

Une femme qui lit

Une nouvelle vision des relations

Cette nouvelle vision des relations ne cesse de se consolider. Cependant, ceux qui en font l’expérience affirment qu’elle apporte un plus grand sentiment de liberté, à la fois en termes de choix et d’opportunités de développement personnel, contrairement aux mariages conventionnels.

Néanmoins, le concept de la relation, c’est-à-dire la façon dont elle est perçue et ses caractéristiques, est subjectif. Par conséquent, beaucoup d’autres personnes ne sont pas entièrement d’accord avec cette nouvelle vision. Tout dépend du lien et de ses participants.

Celle-ci sera-t-elle la manière de comprendre les relations sentimentales à l’avenir ? Vivre ensemble dans la même maison sera-t-il relégué au désir de fonder et d’élever une famille ? Sommes-nous témoins pour la première fois de la nette différence entre le désir d’avoir un partenaire et celui d’avoir une famille ?

Cette dernière question ne semblait pas clairement séparée de la première jusqu’à présent. La vérité est que de nombreuses personnes veulent avoir un partenaire à long terme. Mais sans que cela ne mène à la création d’une famille. Il ne fait aucun doute que quelque chose de très profond est en train de changer dans notre société.

 

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  • Kislev ,Elyakim (2019) Couple-ish: Living Alone, Having a Partner. A new study sheds light on the rising phenomenon of couples living apart. Psychology Today.