Tâches ménagères : mon compagnon/ma compagne “ne m’aide pas” ; tous deux collaborons

5 décembre 2016 dans Curiosités 87 Partagés

“Mon compagnon/ma compagne m’aide dans les tâches ménagères”. Nous entendons tous, à notre plus grand désespoir, cette phrase, cette expression qui n’est plus d’actualité et qui traduit implicitement une catégorisation de genre qu’il est nécessaire de reformuler.

Au sein d’un foyer, personne n’a à aider personne, car il n’est pas question d’aide mais de responsabilité commune, de travail d’équipe.

Dans notre société, malgré les progrès ayant pu être observés au fil du temps, malgré l’évolution des mentalités et malgré chacune des petites victoires atteintes en matière d’égalité de genre, les racines du modèle patriarcal sont encore visibles.

Il s’agit de cette ombre recouvrant encore de nombreux esprits ou l’inertie du langage, et où reste bien ancrée l’idée que l’homme gagne l’argent permettant de subvenir aux besoins de la famille et que la femme gère le foyer et s’occupe des enfants.


“Hommes et femmes doivent se sentir libres d’être forts. Il est temps de considérer les genres comme un ensemble, et plus comme des pôles opposés. Nous devons cesser de nous défier les uns les autres.”

-Discours de Emma Watson à l’ONU-


De nos jours, penser que la responsabilité des tâches ménagères et de l’éducation des enfants incombe exclusivement à la femme, c’est une considération caduque, le vestige d’un passé qui ne tient plus aujourd’hui, ou qui du moins ne devrait plus tenir.

Or, ce n’est pas une solution en soi non plus que de défendre à outrance une répartition équitable des tâches à 50/50 entre hommes et femmes.

Nous devons tenir compte du fait que chaque couple est un monde, que chaque foyer présente ses dynamiques propres, et que ce sont les membres du foyer qui établissent la répartition des tâches et qui fixent les responsabilités de chacun sur la base de leur disponibilité.

Des facteurs tels que le travail déterminent sans doute ces accords qui doivent être mis en place de façon équitable, complice et respectueuse.

Nous vous proposons de réfléchir à ce sujet avec nous.

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Les temps ont changé (ou du moins en partie)

Les temps ont changé, aujourd’hui nous sommes différents, nous sommes nouveaux, plus courageux, et avons à faire face à bien plus de défis à relever que nos grands-parents…ou du moins, c’est ce que l’on veut bien croire.

En effet, il reste encore un long chemin à parcourir. Des questions telles que la brèche salariale ou l’égalité des chances sont des facteurs encore stigmatisés par le genre, des luttes complexes que la femme se voit encore obligée de mener de front.

Cela dit, en ce qui concerne le foyer, les tâches ménagères et l’éducation des enfants, des progrès ont été faits en matière d’égalité hommes/femmes.

Evidemment, chaque personne aura sa propre expérience personnelle, et dans chaque pays, dans chaque ville et dans chaque foyer, il y a des réalités particulières qui conditionnent notre vision des choses à ce sujet.

Il y a quelques années, l’agence Reuters a publié une étude intéressante, non sobrement intitulée “Etre en couple suppose pour une femme 7 heures de travail hebdomadaires supplémentaires”.

Ce titre prouve que l’inégalité au niveau des tâches ménagères reste évidente, bien que certes moins importante qu’en 1976, où les données rassemblées indiquaient que les femmes avaient 26 heures de travail hebdomadaires supplémentaires.

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Pendant plusieurs décennies, la femme a assumé pleinement son rôle de femme au foyer et de “fée du logis”.

Aujourd’hui, elle est sortie du domaine privé et a pénétré dans ces sphères publiques auparavant exclusivement peuplées par l’homme.

Cependant, le fait de partager les mêmes espaces n’implique pas toujours l’égalité des chances ni l’équité devant les droits.

  • De nombreuses femmes assument parfois les responsabilités des deux sphères ; à leur vie professionnelle s’ajoute donc toute la responsabilité d’un foyer à gérer et de l’éducation des enfants.
  • S’il est certain qu’en matière de tâches ménagères, le rôle de l’homme est souvent plein et égalitaire, les choses sont différentes dès lors qu’il est question de s’occuper des personnes dépendantes ; aujourd’hui, il n’y a presque exclusivement que des femmes qui s’occupent des personnes âgées ou des enfants handicapés.

Les tâches ménagères et les accord quotidiens

Les tâches ménagères ne sont le patrimoine de personne ; de fait, elles sont totalement interchangeables, et peuvent aussi bien être assumées par les femmes que par les hommes.

Repasser n’est pas une activité réservée aux femmes, de même que déboucher l’évier n’est pas une activité réservée aux hommes.

Le fait de s’occuper du foyer, que ce soit au niveau économique ou au niveau domestique, c’est une responsabilité qui incombe à toutes les personnes vivants sous le même toit, et ce quel que soit leur sexe, leur genre.

Ce qui est curieux à ce sujet, c’est qu’en ce qui concerne ce domaine, on peut encore entendre des gens dire “mon mari m’aide à la maison” ou “j’aide ma compagne à faire la vaisselle”.

Peut-être, comme nous le disions précédemment dans cet article, s’agit-il d’une simple inertie, et ce schéma patriarcal ancré et intégré dans nos esprits selon lequel toute tâche est sexualisée et colorée de rose ou de bleu n’existe-il pas vraiment.

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Les accords quotidiens et la répartition équilibrée des tâches, c’est ce qui permet d’atteindre l’harmonie là où il est pourtant généralement si facile de tomber dans le reproche, à coups de “tu ne fais jamais rien” ou “quand je rentre à la maison, je suis fatigué.e”.

Les accords ne doivent pas être fondés sur la simple équité ni sur le soi-disant rôle de chaque genre, mais sur la logique et le sens commun.

Si mon compagnon/ma compagne travaille toute la journée et que moi je suis sans emploi ou bien que j’ai choisi librement de rester à la maison pour élever les enfants, je ne peux pas exiger de lui/d’elle qu’il prépare le dîner ou qu’il/elle étende le linge.

Il n’incombe d’ailleurs pas non plus uniquement à la femme de s’occuper des enfants ; la mère n’est pas obligée d’être une “super maman”.

Un enfant est placé sous la responsabilité de ses parents, qui ont choisi de lui donner naissance, et qui se doivent de lui servir de modèle en lui montrant, par exemple, que la cuisine n’est le fief de personne.

Faire le lit, s’occuper du chien et gérer une maison, ce n’est pas aider maman ou papa, c’est la responsabilité de tous.

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