Dans la vie, il y a un temps pour poser les questions, et un temps pour trouver les réponses

· 11 avril 2017

A mesure que l’on avance dans cet océan incertain, parfois chaotique mais toujours merveilleux qu’est notre cycle vital, on se rend compte qu’il y a un temps pour poser les questions, et un temps pour trouver les réponses. Finalement, peut-être est-il certain que chaque chose doit se passer en son temps, sous son propre ciel.

Selon les préceptes bouddhistes, souvent, nous cherchons ce que nous ne sommes pas encore prêt-e-s à trouver. Cependant, la curiosité est inscrite dans nos gênes, et dans notre esprit le fait de se poser des questions, de défier les limites et de donner du sens à chaque chose, à chaque fait qui à un moment donné nous entoure ou nous inquiète.


« Quand on croit que l’on a toutes les réponses, soudain, les questions changent. »

– Mario Benedetti –


Selon Michael F. Steger, psychologue et directeur du laboratoire « l’Etude sur la Qualité de Vie », les questions que se pose un-e adolescent-e par rapport aux mystères de son existence ne seront pas les mêmes que celles que se pose une personne ayant déjà atteint la quarantaine à l’étape de sa vie la plus créative. Chaque étape présente ses propres inquiétudes, cela ne fait aucun doute, mais ce sont ces doutes vitaux qui donnent de l’énergie à nos moteurs internes pour continuer à grandir, pour continuer à nous transformer.

Ainsi, nous devrions également nous demander comment trouver les réponses à tous ces doutes existentiels si habituels chez l’être humain. S’agit-il là de tout ce que la vie peut m’offrir, ou bien me réserve-t-elle quelque chose de plus ? Suis-je préparé-e à faire des choses meilleures, ou dois-je me satisfaire de ce que j’ai déjà ? Est-ce le genre d’amour que je mérite ? Pourquoi n’ai-je pas encore trouvé le compagnon/la compagne parfait-e ?

Des questions comme celles-ci sont sans doute les plus communes, ces vides qui envahissent notre esprit, notre coeur qui cherche par tous les moyens le parfum de quelque chose de plus authentique, de quelque chose de plus profond. Nous vous proposons de réfléchir à cela avec nous en lisant la suite de cet article.

Toutes les réponses se trouvent dans un coin de calme

Comme l’a dit Gregorio Marañón, dans ce monde, nous finirons malades, mais c’est la hâte nous tuera. Nous vivons dans une dimension accélérée. Il n’est d’ailleurs pas rare de rencontrer des parents qui veulent que leurs enfants brûlent les étapes et qu’ils sachent lire, écrire et compter le plut tôt possible. Ces parents pensent, bien souvent par illusion, qu’ainsi leurs enfants pourront obtenir de meilleurs résultats à l’école, et que par conséquent, leur succès sera garanti. Ce chemin semble peut-être simple à parcourir dans l’imagination, mais dans la réalité, c’est bien plus compliqué.


« Tellement de hâte que l’on a à faire, écrire et laisser entendre notre voix dans le silence de l’éternité, que l’on en oublie la seule chose vraiment importante : vivre. »

– Robert Louis Stevenson –


Aujourd’hui, nous anticipons le futur sans vivre le moment présent, on vit dans un lendemain qui n’est pas encore arrivé car notre moment présent est terriblement exigeant. La hâte est déjà un style de vie qui confère un certain prestige, un certain statut. Si vous vous arrêtez, c’est que vous n’avez pas d’idées, que vous n’êtes pas productif-ve ni valide. Alors qu’en réalité, la seule chose que nous apporte cette accélération est une claire insatisfaction vitale, et bien plus de questions que de réponses.

Vivre centré-e-s sur le lendemain nous oblige à être de simples âmes erratiques qui n’ont pas une conscience pleine et authentique du présent. Au milieu de cette indifférence, dans le moment présent, on ne trouvera jamais de réponses à nos besoins vitaux. Les années passent, marquées par l’incertitude et la frustration. L’esprit, et cela, on ne peut pas l’oublier, a besoin de calme pour se connecter avec ses racines, avec l’environnement, avec nos émotions…

C’est là que l’on trouve les meilleures réponses, dans ce lac de sérénité qui caractérise l’esprit relaxé, celui qui comprend que l’authentique excellence consiste, parfois, à savoir se déconnecter. Si vous n’y êtes pas encore arrivé-e cette année, notez-le comme but pour l’année à venir.

Le sens de la vie, question de perspective

Viktor Frankl a parlé, en son temps, du besoin que nous avons tou-te-s d’acquérir une conscience intentionnelle. Autrement dit, le simple fait d’avoir un but et de lutter pour l’atteindre, de croire pleinement en quelque chose nous permet déjà de nous transformer en êtres plus libres, responsables et ancrés dans la réalité qui nous entoure. Avoir un but dans la vie nous offre un sens et, parfois, plus d’une réponse.


« Sage n’est pas celui qui donne les meilleures réponses, mais celui qui pose les meilleures questions. »

– Claude Lévi-Strauss –



Cependant, les sociologues nous indiquent que nous sommes influencé-es par les contextes qui nous entourent. La famille, l’éducation reçue et l’entourage psycho-social, parfois, sont ceux qui nous injectent cette conscience intentionnelle. C’est une chose à laquelle on doit réfléchir. Car comprendre quelle est la fenêtre depuis laquelle nous voyons et comprenons la vie, nous aidera à bien mieux nous connaître et à trouver les meilleures réponses à nos besoins.

Ci-dessous, nous vous présentons une série d’approches qui, d’une certaine manière, servent de cadre pour donner du sens à bien des questions que nous nous posons parfois :

  • L’hédonisme : vivre, c’est avant tout profiter, centrer notre existence sur le plaisir.
  • Le matérialisme : le but ultime consiste à posséder le plus de choses possible.
  • L’altruisme : se donner aux autres est le principal besoin des personnes altruistes.
  • Le sensationnalisme : vivre, c’est expérimenter le plus de choses possible, quelles qu’elles soient.
  • Le psychologisme : aspirer à un épanouissement personnel selon la pyramide des besoins de Maslow.
  • Le théisme : focaliser son existence sur un code religieux ou spirituel depuis lequel comprendre la vie et notre existence.
  • L’amour : vivre, c’est avant tout aimer et être aimé-e.
  • Le rationalisme : aspirer à avoir des connaissances vastes et diverses.
  • Le militarisme : vivre, c’est lutter pour survivre, parfois contre soi-même, ou bien contre les autres.

Cette liste est loin d’être exhaustive. C’est à nous de trouver ce sens transcendantal et spécial qui nous intègre, qui nous guide pour nous donner les meilleures réponses en mobilisant toutes nos ressources psychologiques et motivationnelles vers ces buts.

Quel est le vôtre ?

 

Images de Joel Robinsone