Vengeance : œil pour œil et le monde finira aveugle

9 mai 2017 dans Psychologie 0 Partagés

Gandhi disait : « Œil pour œil et le monde finira aveugle ». Avec la non-violence comme maître-mot, il proférait à cette phrase à la recherche d’oreilles disposées à l’écouter et à comprendre son message. Son avertissement sur la vengeance est simple à comprendre mais difficile à appliquer.

Nous ressentons le désir de nous venger quand on nous a blessé en profondeur. Quand quelqu’un que nous aimons et que nous apprécions nous fait du mal, une cicatrice émotionnelle apparaît, qui brûle d’une chaleur intense, ne demandant qu’à être éteinte, ce qui provoque une autre blessure dans le cœur de l’agresseur.

Face à une blessure émotionnelle profonde, nous pouvons sentir le besoin de provoquer chez l’autre une blessure similaire ou plus grande encore que celle qu’il a provoquée chez nous au début.

Satisfaction immédiate, conséquences permanentes

La vengeance est une tentative échouée d’équilibrer la balance car, même si l’on fait des ajustements à l’infini, elle sera toujours déséquilibrée. La personne blessée se sentira toujours en infériorité, sous celui qui a provoqué la blessure, et essayera donc de blesser pour retrouver sa position initiale d’équilibre ou atteindre la supériorité.

La première émotion qui apparaît lorsque nous nous vengeons, c’est la satisfaction et le sentiment que tout s’est rééquilibré à nouveau. Mais, cette sensation s’évanouit rapidement pour laisser la place à des sentiments de culpabilité et de remords. La sensation de vide peut également apparaître, comme lorsque nous terminons un grand projet, si le temps et les ressources que nous avons mobilisés pour planifier et exécuter cette vengeance sont nombreux.

Dans les cas où il n’y a pas de remords après la vengeance, la balance ne parvient pas non plus à s’équilibrer. Les conséquences de la vengeance perdurent et ses effets peuvent apparaître plus tard, lorsque le désir de faire du mal aura disparu et lorsque la tristesse d’avoir blessé surgira.

Il est impossible de prédire le futur et de savoir de qui nous aurons besoin à nos côtés. Peut-être que cette personne que vous voulez blesser aujourd’hui sera importante à nouveau dans votre vie. Souvenez-vous que les sentiments de vengeance disparaissent, mais la blessure que vous provoquez à cause de ce sentiment peut être profonde et permanente.

La vengeance du plus jamais

Quand une personne ouvre la première page du livre de la vengeance et l’autre continue le récit, il est difficile que l’histoire ne s’engage pas sur une pente crescendo jusqu’au point culminant -et critique- du livre. L’intensité des actions de l’un et de l’autre ont tendance à augmenter au fur et à mesure que les chapitres de l’histoire se succèdent.

La vengeance se trouve dans le pays du Plus Jamais, là où l’on reste jeune, où il n’y a ni règles, ni responsabilités.

Quand surgit un problème entre deux personnes ou plus, il existe plusieurs alternatives : fuir, attaquer ou le résoudre. Dans le cas de la vengeance, l’alternative choisie est celle de l’attaque. Si les deux personnes décident d’utiliser cette même stratégie, il y aura une escalade de conflits, qui s’amplifiera jusqu’à ce que l’une des deux parties décide que dans cette lutte, elle aura trop perdu, et stoppera l’escalade.

Le monde manque de compassion et a trop d’honneur

Dans la culture de l’honneur, où l’important n’est pas le dommage provoqué mais la réputation réparée, on incendie des relations en brûlant les gens. Alimenter la vengeance avec des attaques ne fait qu’aviver la flamme de la haine. Éteindre l’incendie n’est que la première étape qui permet de faire surgir quelque chose des cendres.

Il n’y a pas de justice dans la vengeance, ni de réparation dans l’attaque.

Répondre à la douleur par la douleur ne changera pas la situation et ne vous fera pas de bien. La plupart du temps, être courageux-se ne signifie pas répondre plus fort mais se mettre à la place de celui/celle qui vous a fait du mal et décider que vous ne voulez pas que quelqu’un d’autre revive cette douleur.

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