Pardonner, c’est laisser le ressentiment s’échapper

· 7 avril 2017

Pardonner, c’est bien plus que le simple fait de dire « je te pardonne », bien plus que de redonner une chance à une relation qui avait pris fin, et bien plus également que d’oublier cet acte qui nous a fait souffrir à un moment donné de notre vie. Lorsque l’on pardonne vraiment à quelqu’un, on fait la paix avec notre propre ego et on se sent dans un état de plénitude, de calme et de liberté, car le ressentiment s’est estompé pour toujours.


Arriver à pardonner sincèrement celleux qui nous ont fait du mal est un des actes les plus difficiles à mener à bien ; cela requiert une grande force émotionnelle et une dose de courage que rares sont celleux à posséder.


Quand on a été blessé-e-s, que ce soit physiquement ou émotionnellement, on entre dans un état de colère. La colère, si elle peut s’avérer efficace lorsqu’on cherche à se défendre d’un danger, perd tout son sens lorsque ce danger n’existe plus.

La colère prolongée dans le temps nous envenime peu à peu, nous emplit de rancune, de haine, de soif de vengeance, lesquelles sont toutes des émotions négatives qui ne servent à rien. Elles n’effaceront pas le passé, et ne fonctionneront pas non plus dans le présent ou le futur.

Pardonner de manière rationnelle

Pour nous libérer des émotions si négatives telles que la colère, on peut utiliser le pouvoir de nos idées et de nos pensées, de manière à ce que l’on prenne le contrôle de notre esprit. Penser de manière rationnelle implique de ne pas se laisser porter par ses impulsions, par son imagination, de ne pas exagérer ni dramatiser les faits et, surtout, d’abandonner ses soi-disant « devoirs ».


Quand on est dirigé-e-s par notre haine, on suppose que les autres personnes devraient s’être comportées d’une manière concrète et pour cela nous ne sommes pas capables d’arriver à leur pardonner de manière réelle.


Ce qui est certain, c’est que chacun-e est libre d’agir en fonction de ses propres critères et qu’iel n’est pas guidé-e par les nôtres, que cela nous plaise ou non. Accepter cette réalité et être capable de la supporter sans trop de négativité envers elle, fera que l’on réussira finalement à pardonner celleux qui nous ont blessé-e.

Pour autant, pour pouvoir nous libérer de ce sentiment pesant de rancune, de vengeance ou de tristesse, on doit bien avoir conscience du fait que les autres ne sont pas parfait-e-s, de même que nous ne le sommes pas non plus. Il est naturel que l’être humain commette des erreurs, qu’il se trompe, qu’il agisse de manière viscérale. Notre partie émotionnelle fait partie de notre cerveau le plus primitif.


Même si la souffrance ainsi que les dégâts causés se répercutent sur notre personne, la haine n’y changera rien, et nous serons face à deux problèmes : la souffrance subie du fait des actes d’une autre personne, ainsi que la colère que nous-même nous imposons, laquelle génère alors encore plus de souffrance.


Une autre pensée rationnelle qui peut nous aider est celle qui dit que personne ne peut nous faire souffrir sans notre consentement. Cela peut sembler étrange, mais c’est la réalité. Si on sait qui nous sommes, que nous avons une estime de nous-même équilibrée et la tête bien meublée, il est impossible que l’on nous fasse du mal ; ou du moins pas par le biais des mots ou des faits qui n’impliquent pas de dommages physiques.

Une insulte ne peut me toucher que si je pars du principe que cette personne ne devrait jamais m’insulter, ou si je prends directement l’insulte de cette personne et me persuade qu’elle a raison. C’est alors que j’ouvre la porte à ce qui génère de la souffrance en moi.

Peut-être pensez-vous qu’il est extrêmement difficile de pardonner, et vous avez raison ; personne ne nous apprend à penser de cette manière, mais plutôt à défendre bec et ongles notre dignité, à faire briller de nouveau notre ego, comme si chacun-e d’entre nous était l’être le plus important de la planète.


Cela finit par se retourner contre nous, car celleux qui souffrent au niveau émotionnel, c’est nous, et si on prend le temps d’y penser, on verra que cela n’en vaut pas la peine du tout car on n’arrivera jamais à rien. La haine envers une autre personne n’est jamais pratique.


Comment peut-on savoir si on a réussi à pardonner ?

Même si pardonner est un acte vraiment difficile et qu’il requiert une grande dose de courage, nous pouvons tou-te-s arriver à le faire. Les pensées rationnelles précédemment décrites ne sont que le commencement, car tout ne s’arrête pas là ; pour pouvoir pardonner, il est nécessaire de se croire soi-même et de se sentir en harmonie avec ce que l’on dit.

Vous avez été capable de pardonner si vous ressentez au moins une des choses suivantes :

  • Vous ne pensez pas que l’autre est une mauvaise personne, seulement qu’iel s’est trompé-e.

Vous savez que l’être humain est bon par nature, il veut collaborer et pas être en compétition, mais ces sociétés si artificielles au sein desquelles nous vivons nous apprennent souvent d’autres choses, ce qui nous perd. Tout le monde peut échouer parfois dans sa vie, et c’est normal. Vous avez pardonné définitivement l’autre personne quand vous êtes capable de reconnaître cela et que cette pensée a mis fin à l’émotion négative.

  • Vous avez accepté l’acte qu’a fait l’autre personne.

Vous tolérez, vous acceptez et vous êtes conscient-e que la vie n’est pas parfaite et que les personnes le sont encore moins, mais pour autant vous acceptez qu’il y a des situations, des actes qui ne seront pas en votre faveur, voire même qui iront contre vous. Cela fait partie de la vie si on le voit et le ressent ainsi, et ne nous fera pas exagérément souffrir. Il est désagréable de voir que tout ne se passe pas toujours comme on le voudrait, mais ce n’est pas la fin du monde pour autant.

  • Vous ne ressentez pas de colère quand vous voyez cette personne, mais vous avez plutôt envie de l’aider ou qu’elle aille bien.

Si vos sentiments se rapprochent davantage de la compassion que de la colère, alors vous avez réussi à pardonner pour toujours. Vous souhaitez de tout coeur que cette personne aille bien et qu’elle rectifie son comportement, et savez que ce n’est rien de plus qu’un signe de tristesse qu’elle porte sûrement sur ses épaules.

Pardonner est un acte mental qui n’est en rien facile, puisque souvent il apparaît suite à une dure bataille menée contre les émotions négatives. Cependant, si vous le faites, si vous pardonnez, vous serez le/la premier-ère à en bénéficier, puisque vous pouvez arrêter de souffrir mentalement pour ce qu’il s’est passé ; pardonner, c’est alléger ce poids inutile sur vos épaules, que nous portons tou-te-s.