Trouver des excuses : l'habitude infatigable qui définit beaucoup de gens

14 avril, 2020
Le titulaire d'un doctorat dans l'art des excuses les utilise comme un mécanisme de défense. Utiliser le prétexte et la justification les plus bizarres face à chaque erreur ou incompétence est une façon de cacher les insécurités, de protéger son propre ego.
 

Certaines personnes semblent posséder un doctorat pour trouver des excuses. Elles opposent des justifications farfelues à chaque oubli, tâche non accomplie, échec, obstacle ou engagement non accompli. Il ne leur coûte rien de recourir à des prétextes fleuris qui, en plus d’être puérils, démontrent une irresponsabilité évidente pour leur propre vie.

Comme l’a dit le célèbre écrivain français Stendhal, celui qui s’excuse, s’accuse. C’est une grande vérité. En effet, ce type de comportement montre avant tout une sorte d’auto-illusion pour sauvegarder l’estime de soi ou des réalités plus profondes que l’on ne veut pas assumer. Comme par exemple l’indécision, l’insécurité, l’immaturité ou même la peur.

Nous avons tous connu ou avons près de nous quelqu’un qui a l’habitude de trouver des excuses dans presque toutes les circonstances. Cet art subtil, mais frappant, pour éviter toute forme de responsabilité, épuise et use. Une telle situation génère de graves problèmes au travail, dans la famille et surtout au niveau personnel. Avoir comme partenaire une personne qui s’excuse pour chaque difficulté, problème ou circonstance peut sans aucun doute être très dommageable.

Comprendre ce qui se cache derrière ce type de personnalité nous sera d’une grande aide. Pour pouvoir les gérer un peu mieux, dans un premier temps. Mais aussi pour favoriser, dans la mesure du possible, des stratégies adéquates pour les rendre conscients de l’effet de leur comportement.

 

« Une excuse est pire qu’un mensonge, une excuse est un mensonge, surveillé. »

-Alexander Pope-

Trouver des excuses au beau milieu d'une dispute de couple

Trouver des excuses : l’art du mensonge, de la procrastination et du cerveau piégé

L’habitude de trouver des excuses commence dès l’enfance. Une fois à l’école, nous pouvons trouver plus d’un enfant capable de donner de curieuses excuses pour justifier pourquoi il ou elle n’a pas fait ses devoirs. À la maison, ils sont également agiles et pleins d’esprit lorsqu’ils veulent négliger leurs devoirs ou éviter les responsabilités. Mais aussi rejeter la faute sur les autres. Personne ne les affronte et petit à petit, ils font de l’excuse leur moyen de survie.

Presque sans s’en rendre compte, ils sont transformés en artisans de mensonges, en grands procrastinateurs, de ceux qui laissent pour l’année prochaine ce qu’ils auraient dû faire hier. Dans leur petit univers, tout a sa justification. Si les autres ne les comprennent pas, ils n’hésitent pas à recourir à la colère et aux reproches. A « c’est que tu ne me fais pas confiance« , « c’est que tu ne me crois jamais« .

Maintenant, il faut comprendre un petit aspect de ceux qui ont un doctorat dans l’art de trouver des excuses : ce ne sont pas des gens heureux. Ils sont loin d’être des profils qui se sentent bien dans leur peau. Ceux qui utilisent l’excuse le font lorsqu’ils se sentent menacés, lorsque leur compétence est mise en doute, lorsque leur erreur, leur négligence, leur comportement erratique sont mis en lumière. L’excuse est un mécanisme de défense, un ressort qui sert de bouclier pour dissimuler les faiblesses et les incohérences.

 

Des excuses qui « rendent malade » et limitent

Les excuses acculent le cerveau dans le sous-sol de la peur. Ainsi, quiconque y a recours dans presque toutes les circonstances limite sa croissance, la responsabilité de sa vie et son propre potentiel humain. Car l’habitude des excuses est comme un virus qui rend une personne malade en mettant des chaînes sur le changement, sur l’obligation de prendre soin de soi de manière mature.

En voici quelques exemples :

  • « Je n’ai pas pu terminer le rapport parce que mon ordinateur était infecté par un cheval de Troie« 
  • « Je ne suis pas allé à l’entretien d’embauche parce que le train est tombé en panne et que je n’ai pas pu m’y rendre« 
  • « Je sais que je t’avais dit que nous ferions ce voyage mais maintenant je dois aider mes parents« …

Derrière ces prétextes et d’autres tout aussi faux se cache plus qu’un manque d’honnêteté. C’est la peur d’affronter certaines réalités qui devrait être au centre des préoccupations pour son propre bien-être, sa dignité et son bonheur.

Un homme face à un arbre

Trouver des excuses pour justifier leur action ?

Trouver des excuses est le moyen le plus simple de sortir d’une situation compromettante. Si nous avons oublié un rendez-vous important, il vaut toujours mieux le mettre sur le compte de la providence. De cette panne de voiture. De cette maladie soudaine qui nous cloue au lit.

 

Voyons cependant quelles sont les dimensions de ce comportement en particulier :

  • Mieux vaut reporter que confronter (la procrastination comme mécanisme de défense). Si une chose exige beaucoup de nous, si elle doit nous mettre à l’épreuve, mieux vaut la laisser pour demain. Avant d’affronter ce qui nous fait sentir en insécurité, le mieux pour ces personnes est de le reporter autant que possible (et de manière crédible)
  • La sécurité et le confort avant tout (le facteur de peur). Celui qui a l’habitude de s’excuser vit, mais aussi hiberne dans sa zone de confort. Tout ce qui se trouve au-delà est secondaire, en plus d’être menaçant

Comment aider les gens à se défaire de l’habitude de trouver des excuses ?

Comme nous l’avons déjà vu, les racines du mauvais art de trouver des excuses s’enfoncent souvent au cœur de la peur ou de l’insécurité de ceux qui recourent au prétexte de sauvegarder leur ego. Ou leur position confortable dans leur zone de confort. Parfois, bien sûr, une excuse n’est rien d’autre qu’un mensonge, une stratégie minable pour cacher certaines réalités.

Quoi qu’il en soit, et même si nous avons nous-mêmes parfois recours à des excuses pour ne pas apporter les changements que nous devrions, il convient de garder certaines clés à l’esprit. Il peut être utile de réfléchir aux points suivants dans ce type de situation.

Aspects relatifs à la désactivation des excuses

 
  • Chaque fois que nous détectons quelqu’un qui nous donne une excuse, il est important de ne pas la laisser passer. Le plus recommandable est de se confronter. De forcer la personne en face de nous à être sincère, surtout avec elle-même
  • Nous devons respectueusement montrer qu’une excuse est un mensonge, mais un mensonge que la personne se raconte à elle-même. « Je ne suis pas allé à cet entretien parce que j’ai raté le métro »-> « Je ne suis pas allé à cet entretien parce que je ne saurais pas comment gérer un nouveau refus »
  • Si les excuses sont votre bouée de sauvetage, sautez dans l’eau et apprenez à nager. Beaucoup de gens ont recours aux justifications les plus imaginatives pour éviter d’affronter ce qui leur fait peur et pour le reporter. Si quelqu’un veut être respecté et, surtout, se sentir bien dans sa peau, il doit mettre de côté ses excuses. Mais aussi se contenter d’agir, de faire face, de se résoudre, de se transformer…

En conclusion, il est clair que nous avons tous fait usage de ces excuses à plusieurs reprises. Or, nous savons aussi ce qu’il en coûte de s’en débarrasser complètement. Soyons donc patients avec ceux qui les utilisent encore. Et essayons de leur faire lâcher du lest, de les débarrasser d’un lourd fardeau.