Traumatisme vicariant : définition, causes et traitement

Le traumatisme vicariant est lié au traitement (et aux soins) des personnes qui souffrent au quotidien. Quel est le lien avec le syndrome du soignant ? Apprenez-en plus sur ce phénomène !
Traumatisme vicariant : définition, causes et traitement

Dernière mise à jour : 20 septembre, 2022

Connaissez-vous le concept de traumatisme vicariant ? Il s’agit de l’épuisement émotionnel qui se produit en étant en contact permanent avec les émotions des autres et avec leurs situations vitales (souvent compliquées). C’est typique des personnes qui travaillent dans des domaines où la souffrance humaine est plus palpable. C’est-à-dire des psychologues, des médecins, des infirmières, des forces de sécurité, des policiers et des pompiers, etc.

Vicaire signifie quelqu’un qui exerce les fonctions d’une autre personne.Le terme s’applique également pour parler de cas dans lesquels, à travers l’observation des autres, quelque chose nous “arrive” (pensez au conditionnement par procuration, par exemple).

Dans ce cas, il se passe que l’usure dont nous parlons peut nous affecter dans différentes sphères, comme le travail ou nos relations sociales. Vous souhaitez en savoir davantage sur ce phénomène ? Comment pouvons-nous le prévenir ou le combattre ? Poursuivez votre lecture !

Traumatisme vicariant : qu’est-ce que c’est ?

Le traumatisme vicariant se définit comme l’épuisement psychologique ou émotionnel que peuvent subir les personnes qui prennent soin des autres, c’est-à-dire les soignants, ou encore celles qui sont continuellement exposées à la souffrance des autres (ou à leurs émotions en général). Cet épuisement vient du fait d’être en contact permanent avec des personnes en difficulté, c’est-à-dire en souffrance.

Il s’agit d’un concept d’il y a de nombreuses années, et dont Perlman & Saakvitne (1995) avaient déjà discuté. il l’appelèrent également usure de compassion. D’autre part, selon Figley (1982), le traumatisme vicariant est le phénomène associé au « coût des soins » pour les autres. D’autres auteurs appelèrent ce concept autrement : stress traumatique secondaire (Stemm, 1995, 1997) et victimisation secondaire (Figley, 1982).

Qui affecte-t-il ?

Qui est principalement affecté par le traumatisme vicariant ? Dans le domaine professionnel on retrouve les psychologues, les personnels de santé (médecins, infirmiers…), les personnels socio-sanitaires (aides-soignants, assistants personnels…), les personnels de la protection civile, les forces et corps de sécurité de l’Etat et les forces armées. Bref, des personnes qui sont en contact avec d’autres qui souffrent ou qui subissent aussi des traumatismes. Chacun, dans sa mesure et selon sa propre situation, peut subir un traumatisme vicariant.

Le traumatisme vicariant, comme nous l’avons dit, dérive de l’usure psychologique et émotionnelle (en plus de l’usure physique, dans le cas des soignants ou des assistants personnels, par exemple). Ainsi, ce problème toucherait la sphère personnelle de la personne mais aussi la sphère du travail.

L’axe central : l’empathie

Ces personnes dont nous parlons, celles qui souffrent de traumatismes indirects, utilisent l’empathie comme outil de travail dans une grande partie de leur vie quotidienne. Que se passe-t-il? Êêtre empathique est très bien, car cela nous permet de nous connecter avec les autres, de les comprendre et de les aider.

Cependant, lorsque cette empathie est utilisée quotidiennement et dans des cas graves de souffrance, de manière continue, cela peut nous affecter au fil du temps, nous causant cette usure que nous avons mentionnée.

Pourquoi un traumatisme vicariant se produit-il ?

L’empathie nous amène à nous mettre à la place de l’autre, de sorte que nous nous exposons à notre tour à des situations ou à des expériences de souffrance ou de détresse, ce qui fait que notre cerveau ressent des symptômes similaires à ceux de la personne que nous accompagnons ou dont nous nous occupons.

En ce sens, le cerveau est préparé à nous protéger de ce qu’il perçoit comme une menace. Que se passe-t-il alors ? Lorsque nous voyons les autres souffrir (et que nous nous connectons avec eux), le cerveau se prépare également à la “menace”, même si nous ne l’expérimentons pas nous-mêmes.

Syndrome du soignant

Lié au concept de traumatisme vicariant, on trouve le syndrome du soignant, qui est attribué aux personnes qui prennent soin des autres et qui ne sont pas en mesure de s’adapter aux circonstances de manière positive, en raison de l’usure physique et mentale qu’elles subissent du fait de la prise en charge de personnes dépendantes. Cette usure pourrait parfaitement s’expliquer par un traumatisme vicariant.

Selon le Guide pour les soignants et les soignants en milieu familial (2009) préparé par le Conseil provincial de Grenade (Domaine du bien-être et des droits des citoyens), les personnes qui souffrent de ce syndrome souffrent des symptômes suivants (ou de certains d’entre eux): nervosité, stress, tristesse, diminution de l’appétit, douleur, transpiration, tachycardie, troubles du sommeil, manque d’attention, affections cutanées, diminution des performances au travail, automédication, diminution des soins personnels, etc. C’est-à-dire des symptômes de surcharge physique et mentale.

traumatisme vicariant

Comment prévenir les traumatismes indirects ?

Si vous êtes un professionnel qui se consacre à l’un des secteurs mentionnés, il est également probable que vous finissiez par développer un traumatisme vicariant à l’avenir. Qu’il se produise ou non, nous vous laissons avec une série d’idées qui peuvent vous aider à le prévenir ou à le combattre :

  • Percevez et analysez attentivement les émotions que vous ressentez à chaque instant.
  • Appliquez une certaine distance émotionnelle avec les personnes avec lesquelles vous travaillez. Ne pas rester de marbre, mais se placer dans un point médian pour se protéger (cela nous permettra aussi d’être plus objectifs dans notre travail).
  • Renforcez-vous vous-même, surtout lorsque vous rentrez chez vous. Vous pouvez le faire à travers un moment juste pour vous (une douche chaude), par exemple.
  • Déconnectez-vous du travail lorsque vous rentrez chez vous. Vous pouvez essayer avec de la musique, être avec vos proches, avec la méditation, etc.
  • Dans la lignée du point précédent : évitez de ramener votre travail (et les dossiers que vous traitez) chez vous.
  • Faites de l’exercice physique (cela vous permettra de déconnecter).
  • Prenez soin de votre mode de vie et de votre alimentation.

Dernières pensées

Le traumatisme vicariant peut affecter beaucoup d’entre nous et, par conséquent, affecter également les personnes avec lesquelles nous travaillons ou dont nous prenons soin. Le Guide de l’aidant en milieu familial (2009) nous propose une série de raisons pour commencer à prendre soin de soi en cas de syndrome de l’aidant (que l’on peut aussi appliquer en cas de traumatisme vicariant) :

  • Maintenir une santé adéquate
  • Se sentir bien émotionnellement pour soi et pour les autres
  • Maintenir la qualité de vie afin d’offrir une qualité de vie à la personne aidée

Nous pouvons réaliser tout cela par nous-mêmes, avec l’aide des autres ou en demandant l’aide d’un professionnel. Et c’est ça, qu’il est important de prendre soin de soi quand il faut prendre soin !

“Celui qui possède la santé a de l’espoir, celui qui a de l’espoir a tout.”

-Anonyme-

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  • Diputación de Granada, Área de Bienestar y Derechos de la Ciudadanía. Guía para cuidadoras y cuidadores en el entorno familiar. (2009). Soria, S. (dir.), Tristán, E. (coor.).
  • Fernández L. (2011). Guía práctica para familiares de enfermos de Alzheimer. Autocuidado emocional. Centro fundación Reina sofia. Clece Servicios sociales. Fundación PWC.
  • Programa europeo de formación y promoción de la salud de los cuidadores familiares de personas con enfermedad de Alzheimer o con trastornos mentales relacionados. (1997). Barcelona.