La théorie de l’échange social

23 mars 2018 dans Théories 27 Partagés
théorie de l'échange social

Il existe de multiples façons d’expliquer tout ce qu’implique les relations sociales. George C. Homans le fit à travers sa théorie de l’échange social. Cette théorie, née des concepts économiques et d’échange, traite de la manière dont s’effectue l’interaction sociale et indique quels sont les facteurs qui nous motivent à le faire.

Ainsi, la théorie de l’échange social met en avant l’idée selon laquelle toutes les relations se forment, se maintiennent ou se brisent en raison d’une analyse coûts – bénéfices. Ce qui nous amène à réaliser des comparaisons entre les alternatives proposées et, en fin de compte, à choisir les relations qui nous procurent le plus de bénéfices à moindre coût.

Cette théorie était très appréciée parmi les paradigmes comportementaux dans la mesure où elle permettait de quantifier et de mesurer, et en raison de sa simplicité également. Mais avec le temps et l’émergence de paradigmes cognitifs et constructivistes, elle est devenue obsolète. Nous ferons ici une analyse de la théorie de l’échange social et des critiques dont elle fut l’objet, afin d’en avoir une idée plus précise.

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Caractéristiques de la théorie de l’échange social

Comme nous l’avons mentionné précédemment, la théorie de l’échange social tourne autour des aspects économiques des relations. Selon cette théorie, chaque fois que nous avons une relation, nous réalisons une analyse entre ses coûts et ses bénéfices et, en fonction du résultat, nous la valoriserons plus ou moins. Dès lors, modifier notre interaction sociale en fonction de ces critères nous permettra d’atteindre un état amplement satisfaisant pour nous.

Cette théorie se base sur deux principes qui soutiennent tous les raisonnements :

  • Individualisme :  ce principe postule que tout comportement est toujours dirigé vers l’individu. Même des actes purement sociaux ne seraient que des comportements intermédiaires pour un but à caractère individuel.
  • Hédonisme :  le but ultime de l’être humain est d’atteindre la satisfaction et le plaisir. Par conséquent, tout comportement sera axé sur l’obtention d’un tel plaisir.

Après avoir observé ces deux postulats, le raisonnement devient évident. Les relations sociales sont orientées vers un objectif personnel (individualisme). Et par ailleurs, la poursuite de cet objectif doit procurer du plaisir (hédonisme), donc se doit être rentable en termes de coûts-bénéfices.

Nous devons garder à l’esprit que cette théorie dérive du comportementalisme, lequel se base sur un paradigme de « stimulus – réponse » sans prendre en compte les variables cognitives. Dans la théorie de l’échange social, les stimuli concernant les relations sociales seraient représentés par les coûts et les bénéfices qui en découlent. La réponse à ces stimuli serait simple : face à un solde négatif nous abandonnerions la relation, et face à un solde positif nous la maintiendrions.

Il s’agit d’une théorie qui fut très en vogue lors de la période comportementale de la psychologie. Elle connut toutefois de sérieux problèmes et fit l’objet de vives critiques suite à l’apparition du cognitivisme. Nous explorerons ci-après les erreurs et les limites de la théorie de l’échange social.

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Critiques de la théorie de l’échange social

La première limite que nous pouvons trouver à la théorie de l’échange social est son manque de préoccupation pour les processus internes. Elle ne prend en compte que les stimuli positifs et négatifs que nous recevons des autres, alrs qu’il existe à l’intérieur de tout individu un traitement beaucoup plus complexe lorsque nous générons une attitude envers une personne.

Un autre aspect sur lequel nous pouvons critiquer cette théorie est la validité de ses deux postulats théoriques. Les paradigmes individualiste et hédoniste sont devenus obsolètes dans le panorama actuel de la psychologie. Ils présentent une série d’erreurs théoriques qui démantèlent leur validité.

S’agissant de l’individualisme, il est vrai qu’il existe une importante préoccupation pour soi-même et qu’une partie de l’interaction sociale est utilisée pour notre propre bénéfice. Mais il est faux de dire que tout comportement est dirigé en faveur de l’individu. Les comportements de soutien mutuel et la communauté favorisent grandement l’adaptation, de sorte qu’il est facile d’observer des comportements non individuels dans la nature. En outre, des études relatives à l’identité sociale nous montrent comment nous abandonnons notre individualité pour nous sentir membre d’un groupe et comment nos objectifs changent en fonction de cela.

S’agissant du postulat hédoniste, une erreur de forme se produit. L’hédonisme nous dit que le but du comportement humain est le plaisir. Mais nous savons que la joie ou le plaisir lui-même constitue une incitation à apprendre des comportements orientés vers des objectifs. Dès lors, cela nous amène à affirmer que le plaisir est le moyen et la fin. Le plaisir sert à obtenir du plaisir. Cela devient dans une large mesure une tautologie qui ne fournit aucune information.

Comme nous pouvons le constater, il est intéressant de connaître la théorie de l’échange social pour l’étude de la psychologie sociale. Elle fut peut-être utile pour expliquer certains aspects de l’interaction sociale. Mais elle est loin de constituer une théorie intégrée à la réalité sociale que vivent les êtres humains à l’heure actuelle.

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