La technique de l’invitation : découvrez comment nous permettons parfois aux autres de nous offenser

25 juin 2017 dans Psychologie 35 Partagés

Du point de vue de la psychologie, on tente toujours de faire en sorte que le/la patient-e prenne les rênes de sa vie et qu’iel ne se laisse pas dépasser par les émotions ni par les situations extérieures auxquelles iel va souvent devoir faire face. L’idée consiste à promouvoir l’acceptation inconditionnelle, aussi bien de soi que des autres et de la vie en général, de manière à ce que tout ce qui nous arrive nous affecte dans sa juste mesure : ni plus, ni moins.


Il ne s’agit pas de conformisme comme on le pense souvent. Etre conformiste, comme son nom l’indique, cela nous ancre dans notre zone de confort, dans ce que l’on contrôle ; mais pas par acceptation, plutôt par peur de déployer nos ailes et de découvrir la magie que la vie a préparé pour nous.


On n’apprécie pas les personnes conformistes. On apprécie les gens passionnés, qui ont envie de mordre la vie à pleines dents et de l’exprimer, avec des buts, des désirs et des illusions à atteindre. Cela n’est pas excluant d’être une personne mature au niveau émotionnel, qui sait réguler ses émotions, qui contrôle sa manière d’interpréter et de percevoir le monde et qui est capable d’accepter la défaite, l’échec ou les critiques et de le voir comme une part normale de la vie.

Combien de fois avons-nous été furieux-ses car quelqu’un avait pu nous dire ou faire quelque chose « d’injuste » ? Combien de fois a-t-on rejeté la faute de nos sentiments sur les autres ? Nous l’avons tou-te-s fait et nous nous sommes tou-te-s trompé. Les émotions sont seulement nôtres et quand on va mal moralement, c’est parce que nous le décidons ainsi.

Les autres ne vous offensent pas ; c’est vous qui vous offensez

Il est certain que personne n’aime qu’on souligne un de ses défauts, qu’on lui rappelle un de ses échecs ou qu’on le critique en général. Nous préférons les compliments et les éloges car cela nous permet de nous sentir accepté-e-s et cette approbation génère en nous un grand plaisir (cela stimule notre circuit cérébral de récompense, si bien que la recherche de reconnaissance peut devenir addictive). Au contraire, les critiques ou les rejets peuvent générer en nous des sentiments d’anxiété, voire même de dépression ou de colère.


Evidemment, ces émotions ne sont agréables pour personne, et nous évitons de les ressentir à tout prix. Le problème, c’est que la fuite n’est pas non plus une solution.


Quand on reçoit un commentaire négatif sur nous, la première chose que l’on fait, généralement, est de nous mettre sur la défensive, d’essayer de nous justifier, de donner des explications ou de répondre avec une autre critique sur le mode du ressentiment. Pourquoi faisons-nous cela ? Car nous sommes offensé-e-s. Pas par ce que l’autre personne vient de dire, mais parce que nous, avec notre dialogue interne, nous disons que ce que cette personne pense de nous est la seule vérité possible. 

On dit que l’on « achète » les critiques de l’autre, qu’on les croit, qu’on les assimile et qu’on les intègre, et ainsi, on permet la modification de nos schémas. C’est nous qui décidons que les choses se passent ainsi, et cette décision implique que l’on se laisse manier comme des marionnettes par l’opinion de quelqu’un d’extérieur à nous.


Par conséquent, ce ne sont pas les autres qui nous offensent. Notre entourage a le droit de donner son avis et d’exprimer ce qu’il veut. Mais c’est nous qui sommes les dernier-ère-s responsables de « prendre » cette critique et de croire que c’est la vérité absolue.


Généralement, nous n’achetons pas de la même manière un compliment, une félicitation ou une éloge. Mais si on nous dit quelque chose de négatif, ensuite, on se l’approprie.

La technique de l’invitation, acceptez-vous ?

La technique de l’invitation est utilisée en consultation pour faire voir au/à la patient-e ce que nous venons de commenter plus haut. Bouddha disait : « Si une personne tente de m’offrir un cheval et que je ne l’accepte pas, alors à qui est le cheval ? » Bien sûr ! Il reste la propriété de la personne qui essaie de nous offrir ce cheval, et il en va de même avec les critiques.


Les insultes, les critiques ou les commentaires toxiques sont comme des cadeaux : si vous les prenez, vous les acceptez ; si vous ne les prenez pas, la personne qui vous insulte garde pour elles ses insultes entre ses mains.


S’il existe des personnes qui tentent de gaspiller leur énergie avec nous de manière négative, c’est leur problème. Le nôtre est d’accepter ou non ses insultes ou ses grossièretés. Ainsi, si on le fait, c’est notre responsabilité, et rien ne sert alors d’essayer de faire changer d’opinion l’autre car le plus probable est qu’il ne le fasse pas et alors ce sera nous qui gaspillerons notre énergie.

Avec la technique de l’invitation, le/la thérapeute invite le/la patient-e à adopter une certaine posture. Par exemple, un-e perdant-e, une mauvaise personne, une personne physiquement horrible, etc. Iel le fait quand le/la patient-e vient consulter en se plaignant de recevoir régulièrement ces commentaires ou en regrettant le fait qu’il y ait des personnes qui le/la mènent à se sentir ainsi.

Le/la thérapeute lui offre une carte, sous forme d’invitation, où on peut lire la phrase suivante : « Moi, ta mère/ton père/ta soeur/ton frère/ton compagnon/ta compagne/ton-ta collègue de travail/etc t’invite à se sentir inutile/coupable/triste/moche/gros-se/etc. Acceptes-tu mon invitation ? Ici, le/la patient-e doit écrire qu’iel n’accepte pas de se sentir ainsi puisqu’iel pense que cela ne définit pas sa personne, mais qu’iel comprend le point de vue de l’autre.


Ainsi, le/la patient-e apprend à s’accepter de manière inconditionnelle, mais aussi à accepter les opinions des autres et à ne pas les changer. Le plus important est d’apprendre à ne pas s’offenser soi-même en achetant des croyances qui ne nous appartiennent pas.


Cette acceptation nous libère de la lourde charge que suppose le fait d’essayer de plaire à tout le monde, quelque chose qu’on ne réussira jamais à faire complètement. La technique de l’invitation doit se pratiquer au niveau mental autant de fois que nécessaire, à chaque fois que l’on se trouve face à une personne qui nous juge de manière négative. Ainsi, avec la pratique, nous serons capables de nous offenser de moins en moins et même d’utiliser toute critique à notre avantage.

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