Je suis la même depuis toujours

21 avril 2017 dans Emotions 0 Partagés

Je suis toujours la même : quelqu’un capable de rêver, de croquer la vie à pleines dents. J’ai laissé de côté celle que j’ai été il y a peu, celle qui s’était oubliée elle-même et qui faisait passer les autres avant elle, une ombre de rêves brisés et d’amères déceptions qui, petit à petit, a été capable de guérir et de se retrouver.

Nous sommes tou-te-s, d’une certaine manière, passé-e-s par ce type de voyages personnels où prendre conscience que nous nous étions trop éloigné-e-s de notre boussole émotionnelle, de notre équilibre intérieur. Finalement, dans un acte de courage merveilleux et d’admirable lutte personnelle, nous revenons sur nos pas, sur ces traces laissées dans le sable de nos océans émotionnels pour retrouver notre estime de nous-même, notre intégrité.

« Tout le monde pense à changer le monde, mais personne ne pense à commencer le changement par soi-même. »

-Léon Tolstoï-

Dans ce délicat processus psychologique pour récupérer sa propre identité et ses propres valeurs, il faut savoir que nous n’en revenons pas complètement immunisé-e-s. Dans ce voyage de retour, plusieurs choses changent, et même si nous nous regardons dans le miroir fier-ère-s d’avoir laissé de côté ce qui nous faisait du mal, nous ne serons plus jamais les mêmes qu’avant et peut-être même jamais celleux de toujours.

Nous serons une version améliorée. Et c’est sans aucun doute un processus qui met du temps, car même si nous nous sommes éloigné-e-s de cette source de douleur, personne n’a franchi le cap vers le bonheur ou l’état de calme et de bien-être en deux jours. Il faut du temps, de la volonté, du soin et de la confiance.

Nous vous proposons de réfléchir à cela.

Je suis une personne qui souffre et je n’ose pas changer

Cette donnée est curieuse et il est nécessaire d’y penser. Cesser d’être la personne qui souffre implique de mettre en marche une série d’étapes que tout le monde n’est pas disposé à effectuer. Cela suppose, tout d’abord, de prendre conscience de son mal-être. Ensuite, la personne doit sentir un besoin réel de favoriser un changement et pour finir, il est nécessaire qu’elle travaille sur un aspect très compliqué : la VOLONTÉ.

À simple vue, toutes ces étapes peuvent surprendre car qui ne souhaite pas mettre en marche ce processus pour mettre de côté la souffrance et pour se sentir mieux ? Car, en réalité, même si c’est étonnant, il y a des personnes qui ne parviennent pas à faire ce « saut », cet acte de foi qui permet de reconnaître que l’on peut, l’on doit et l’on mérite de se sentir mieux. De fait, Viktor Frankl nous explique, dans son livre L’homme en quête de sens que parfois, il y a des gens qui préfèrent persiste dans un état de malheur plutôt que de mettre en marche quelque chose qui provoque une grande peur chez eux : le changement.

Pour donner un exemple, Anne Thorndike, médecin d’attention primaire à l’Hôpital Général du Massachusetts à Boston, a démontré que tou-te-s les patient-e-s atteint-e-s de maladie cardiaque ne parvenaient à changer leur style de vie pour un plus sain, dans le but de garantir leur survie. Et pire encore, on sait aussi que les femmes qui restent avec leur conjoint alors qu’elles sont malheureuses sont très nombreuses. Il y a deux raisons à cela : la peur et la crainte du changement.

Être celle de toujours, être meilleure

Pour redevenir la personne de toujours, quelqu’un qui avait confiance en les gens, quelqu’un qui se marquait des objectifs sur l’horizon et qui rêvait dans la vie, il est nécessaire d’exercer un muscle que nous avons souvent beaucoup négligé. Il s’agit d’une structure merveilleuse de notre architecture émotionnelle et psychologique, appelée à la volonté.

« Ceux qui ne peuvent pas changer leur esprit ne peuvent rien changer ».

-George Bernard Shaw-

Dans des livres tels que The Willpower Instinct (l’instinct de la force de volonté) de Kelly McGonigal, on nous explique qu’après des décennies de recherche sur cette dimension, on a conclu que la force de volonté n’est pas quelque chose que l’on a ou que l’on n’a pas. En réalité, c’est comme un muscle, comme une ressource qui doit être utilisée et même « restaurée » de manière continue. Car parfois, comme ce qui arrive avec l’exercice physique, nous sommes épuisé-e-s, exténué-e-s et à la limite de nos forces.

Parfois, nous oublions qu’il nous reste des forces pour dire « stop », que nous avons une voix, des ressources propres et des forces pour lâcher prise, pour tourner la page. Nous ne pouvons pas oublier que les coûts psychologiques du non changement de ces aspects indésirables de notre vie sont tout simplement redoutables.

Avant de conclure, il est nécessaire d’éclaircir quelque chose ; lorsque nous laissons derrière nous une étape complexe, le bonheur n’est pas garanti. Ce n’est pas comme fermer une porte et en ouvrir une autre qui à la seconde nous offre une brise chaude, enveloppante et accueillante. Le cerveau humain est programmé pour résister au changement et ainsi, nous avons besoin de temps et avant tout de l’alimenter avec des expériences et des pensées nouvelles pour l’habituer à une autre approche, à une autre perception où s’ouvrir à nouveau au calme, au bien-être.

Lisez, promenez-vous, voyagez, changez de décors, favorisez le contact social, débutez de nouveaux loisirs, de nouveaux projets. Petit à petit, vous vous rendrez compte qu’en effet, vous êtes toujours la même personne, mais beaucoup plus forte. Plus sage.

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Images de Clare Elsaesser

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