Je suis ainsi : une femme provocante, incorrigible, et que beaucoup ont du mal à supporter

20, janvier 2017 dans Psychologie 224 Partagés

Je suis ainsi : une femme provocante, incorrigible, et que beaucoup ont du mal à supporter. Je suis le résultat de mes efforts et de mes souffrances, car j’ai toujours refusé d’être une victime ou une esclave. Ce que vous voyez, c’est tout ce que je suis, c’est moi, au naturel, sans fard : une personne qui s’aime elle-même et qui, par dessus tout, aime la vie.

Cette image pleine et authentique de soi, ce n’est pas à 20 ou 30 ans qu’on la développe ; de nos jours, on entend souvent parler du pouvoir que présentent les femmes de 50 ans. Evidemment, chaque âge comporte son lot de réussites, de conquêtes et de beautés. Cependant, lorsqu’une femme approche de la cinquantaine, la plupart de ses liens et autres schémas se brisent, et elle comprend alors qu’elle n’a pas besoin d’être la « moitié » ou l’âme soeur de qui que ce soit pour être heureuse.

« Celui qui ne sait pas hurler ne trouvera pas son troupeau. »
– Clarissa Pinkola Estés –

En outre, un autre aspect intéressant et dont on entend de plus en plus parler, c’est celui de « la femelle alfa ». La présence féminine a déjà conquis de nombreux espaces pourtant exclusivement réservés à l’homme jusqu’à il n’y a pas si longtemps. En effet, les femmes sont influentes et elles rassemblent valeur, créativité ainsi que capacités essentielles pour fonder une entreprise et créer un environnement de travail plus empathique au sein duquel elles puissent dynamiser leur personnel vers de nouveaux buts.

Or, et nous le savons tou-te-s, la « femelle alfa » n’est pas un produit du XXIème siècle ; en réalité, nous sommes des héritières d’une lignée. La femme a toujours été cette guerrière silencieuse et anonyme. Nous gardons par exemple en mémoire nos grands-mères, ces femmes admirables qui ont tressé la tristesse sur leurs cheveux et qui ont tout donné à leurs enfants, à leur foyer, à leur famille.

Ces dames courageuses qui ne se plaignaient jamais et qui, quand elles regardaient leurs mains tannées par les années et le travail, rêvaient qu’un jour, leurs filles soient ce qu’elles étaient alors : des femmes qui construisent leur futur avec fierté, et en toute liberté…

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Le legs de la déesse provocante

Dans de nombreuses cultures, on dit que la femme représente « la lumière de la vie ». Cependant, cet éclat ne se trouve pas dans son regard, mais dans ses ovaires ; il est curieux de voir comment, dans les racines culturelles de peuples du monde entier, la figure de la femme est non seulement vue comme « créatrice », mais aussi comme une entité provocatrice.

Comme nous l’explique Robert Graves dans son livre Les mythes celtes : la Déesse blanche, aussi bien dans l’Europe antique méditerranéenne qu’au Proche-Orient, nombreuses étaient les cultures matriarcales qui adoraient une Déesse Suprême. Il s’agit d’une divinité associée à la Lune qui s’élevait de sa propre lumière face au reste des dieux masculins. Or, toutes ces racines et autres échos d’une beauté remarquable ont disparu au moment où est apparu et s’est installé le patriarcat.

La femme ainsi que son empreinte anthropologique et culturelle se sont dissipées à partir de 400 avant JC. A partir de là, on l’a obligée à se cantonner aux espaces privés, dans le silence et la soumission. Pour autant, la Grande Déesse, provocante et pleine de mystères, n’est pas morte : elle a continué à exister secrètement au sein de nombreux peuples. Elle s’est transmise de génération en génération, de femme en femme, dans le lien magique du legs féminin.

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On susurrait en silence qu’il avait été un temps où la femme était pareille à la Lune, cet archétype qui avance et évolue au travers de divers cycles, de divers changements, qui exerce un pouvoir sur la nature et que craignait alors cette entité qui représentait le pouvoir masculin : le Soleil.

La femme provocante que vous portez toutes en vous

De nos jours, les temps sont aux défis. Tous ces legs culturels que d’autres ont voulu taire existent toujours. Ce sont des témoignages que nous pouvons retrouver aujourd’hui grâce à des livres tels  que Les mythes celtes : la Déesse blanche de Graves ou encore tels que Femmes qui courent avec les loups : histoires et mythes de l’archétype de la femme sauvage de Clarissa Pinkola Estés. La femme se sait victorieuse, comprend que sa voix est forte, et qu’elle peut voire même doit se défier elle-même ainsi que défier le monde qui l’entoure et au sein duquel elle vit.

« Je me peins moi-même car je suis la personne que je connais le mieux. »
– Frida Kahlo –

Admetttons-le ; au bout du compte, ce moment finit toujours par arriver. Ce jour où on est fatiguées de dire « oui » alors que ce que l’on veut dire, c’est « non ». Peut-être cette sensation de plein contrôle arrive-t -elle, effectivement, lorsque la maturité elle-même est acceptée. Lorsqu’on n’a plus peur du temps qui passe, et qu’on ne considère plus la solitude comme une ennemie, mais plutôt comme un espace de développement, d’expansion et d’opportunités.

Or, nous savons que parfois, la femme provocante n’est pas bien acceptée. Comme une pulsion magnétique qui vient du plus profond de la Terre et qui laisse aller sa force pour changer la réalité. Une telle chose est généralement reçue avec peur, car on a toujours tendance à craindre ces changements visant à rénover les vieux ciments.

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Ainsi, les femmes ayant un fort caractère sont encore perçues avec méfiance. On les taxe d’égoïstes simplement sous prétexte qu’elles sont fermes dans leurs convictions et dans leurs valeurs, ou bien sous prétexte qu’à un moment donné de leur vie, elles décident de penser à elles-mêmes avant de penser aux autres. Pourtant, qu’on le veuille ou non, nous les femmes sommes toujours ces ensorceleuses, parfois reniées du fait de leurs dons, mais également jalousées du fait des nombreuses capacités dont elles disposent.

Peu importe que l’on soit si incorrigibles, si fidèles à nos racines. Peu importe également que certain-e-s ne nous supportent pas. Nous sommes ce que nous sommes, des personnes fières de notre lignée. Des héritières d’une déesse provocante, qui cherchent à créer leurs propres chemins dans la dignité ainsi que dans le bonheur.

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