Quand le stress devient une maladie

· 27 mai 2017

Le rythme de vie accéléré que l’on mène est générateur de stress. Chaque jour, de plus en plus de personnes souffrent du rythme qu’imposent les obligations découlant de notre quotidien. On s’occupe de plusieurs choses à la fois et en plus, on veut faire vite et bien. Ce niveau d’exigence et la pression que l’on se met avec toutes nos responsabilités finissent par coûter cher.

Les études qui explorent les conséquences du stress prolongé dans notre organisme sont de plus en plus nombreuses. Les résultats montrent que le fait de s’installer dans un état dominé par le stress est très dangereux pour notre santé. Il est très difficile de vivre une vie dénuée d’inquiétude, mais notre attitude envers cette dernière est décisive. Les maladies psychosomatiques sont un exemple de l’importance qu’a notre état mental ainsi que de la connexion corps/esprit.

Le cortisol, cause de maladies

Le cortisol est une hormone de la thyroïde produite par la glande surrénale. Elle est sécrétée lorsque l’on est stressé-e-s. D’un autre côté, lorsqu’elle se libère pendant une longue période, elle met notre santé en danger. Le cortisol produit la sécrétion de glucose dans le sang afin d’envoyer une grande quantité d’énergie aux muscles. Cela a pour objectif de nous doter d’énergie dans les situations d’urgence.

Quand le stress se présente à un moment ponctuel, l’organisme rétablit les niveaux hormonaux. Or, quand la situation se prolonge pendant une longue période apparaissent des symptômes adverses, tels que :

  • Changements de comportement, irritabilité, mauvaise humeur
  • Hypertension
  • Maux de tête
  • Problèmes digestifs
  • Manque d’appétit ou faim disproportionnée
  • Douleurs musculaires
  • Perte de mémoire
  • Affectation du système immunitaire

Tous ces symptômes produits par le cortisol peuvent, à la longue, déboucher sur une pathologie. En effet, le cortisol est à l’origine de maladies telles que l’hyperthyroïdie, mais aussi de divers problèmes cardiovasculaires (angine de poitrine, infarctus du myocarde), d’infections cutanées (herpès, psoriasis, eczéma) et de maladies digestives (ulcères, gastrites).

Les maladies psychosomatiques et le stress

Les maladies psychosomatiques sont des maladies physiques qui surgissent du stress ou de tout autre type de mal-être psychologique qui finit par s’exprimer sous forme de maladie. Le DSM-5 a catalogué les maladies psychosomatiques sous le nom de troubles de symptômes somatiques et troubles liés. L’absence de preuves physiques ou biologiques qui expliquent la symptomatologie de chaque patient-e fait qu’il est difficile de trouver un traitement efficace pour lutter contre ce problème.

Les symptômes qui se présentent généralement sont différents, mais tous sont sources de mal-être et compliquent le déroulement normal de la vie quotidienne. Ces symptômes ne sont pas associés à une cause physique qui les explique. Ainsi, il est important de détecter qu’il s’agit d’une maladie psychosomatique afin de pouvoir trouver une solution, redirigeant alors le/la patient-e vers un-e spécialiste de la santé mentale.

Les symptômes peuvent être généraux ou spécifiques et, parfois, sont identifiés comme des sensations normales (comme par exemple la sensation d’avoir faim) ou confondues avec des symptômes caractéristiques de maladies bénignes (comme par exemple un rhume). Le symptôme le plus fréquent enregistré chez ce type de patient-e-s est la douleur.

Des études scientifiques qui démontrent cette relation

Selon le Texas Heart Institute, le stress est un des facteurs qui augmentent le plus la probabilité de souffrir d’une maladie cardiovasculaire. En effet, le stress augmente la fréquence cardiaque et la pression artérielle, et du même coup le besoin d’oxygène dans le coeur.

La revue Nature a publié un article où on affirme qu’il existe une relation directe entre le stress et le cancer. Les expériences menées par Tian Xu ont révélé que les cellules « stressées » peuvent émettre des signaux qui génèrent des tumeurs, affectant les cellules saines voisines. Le côté positif de cette découverte est la possibilité d’emprunter une nouvelle voie pour combattre le cancer, interceptant et bloquant les signaux de stress qu’échangent les cellules.

Un groupe de chercheur-se-s argentin-e-s ont identifié dans leurs études le stress comme un élément déclencheur du début de la démence. Selon un groupe dirigé par le docteur Reich, le stress peut déclencher un processus dégénératif dans le cerveau et le projeter sur le système neuroendocrinien et immunitaire. Même si cela n’implique pas d’origine directe, il serait intéressant de continuer à rechercher jusqu’à quel point cette relation existe.

D’une manière ou d’une autre, ce qui semble clair, c’est qu’un état continu de sur-activation dans notre corps mine nos défenses et nous rend plus à même de contracter des maladies. Cette cause n’est reflétée par aucun IRM, c’est pourquoi l’identification de l’origine de la maladie psychosomatique est si compliquée, et souvent rejetée par les patient-e-s.