Le soutien émotionnel dans l’enfance favorise le développement cérébral

· 25 juin 2017

Le soutien émotionnel dès le plus jeune âge a démontré son importance lors des premières années de la vie des enfants. Que ce soit au niveau émotionnel et affectif que dans le développement du cerveau. L’environnement qui entoure l’enfant est crucial pour qu’il apprenne à utiliser des outils de régulation émotionnelle et pour qu’il jouisse d’une bonne santé émotionnelle dans l’enfance.

Le soutien émotionnel permet de construire, entre le bébé et les personnes chargées de son éducation, un lien stable d’attachement, qui assure la satisfaction des besoins. Il donne l’opportunité de créer un lien émotionnel intime. Cette stabilité et cette prévisibilité du lien avec les parents lui permettent de construire une relation d’attachement sûre.

Outre les bienfaits évidents d’un soutien émotionnel adapté, plusieurs études ont été réalisées pour en connaître l’impact dans toutes les sphères. Aussi bien la santé mentale du petit que la régulation des émotions sont meilleures, mais il existe aussi des découvertes sur l’influence du soutien émotionnel dans le développement du cerveau.

Soutien émotionnel dans l’enfance

Pendant la première enfance, l’enfant manque de capacité de régulation de ses états émotionnels. Le contact, aussi bien physique qu’émotionnel, lui permet de trouver le calme dans les situations de besoin. Avec le temps, il apprend à réguler par lui-même les émotions, en l’absence des parents et en développant des outils de régulation émotionnelle.

Le lien précoce a un impact direct sur l’organisation cérébrale. Il faut savoir que dans le développement d’un enfant, influent la biologie avec laquelle il naît, le contexte dans lequel il grandit et la capacité psychique et mentale qu’il se constitue. Grandir dans un environnement riche et plein de stimulations extérieures favorisera donc sa maturation cérébrale.

L’enfance est une période sensible durant laquelle se développent plusieurs aspects importants et influents à long terme. Pendant ce moment, on commence à créer du lien avec l’entourage, à rassembler des informations. Le cerveau est en plein développement. La neuroplasticité se trouve à son point culminant et l’environnement va souvent déterminer la direction et la vitesse du développement.

Le développement de l’hippocampe et le soutien émotionnel : étude scientifique

Une étude dirigée par la docteur Luby a été réalisée dans le but de connaître l’impact que pouvait avoir le soutien émotionnel au niveau cérébral à long terme. Pour cela, une expérience a été menée avec des chercheur-se-s qui observaient et qualifiaient, dans un laboratoire, un enfant d’âge pré-scolaire et sa mère dans une situation stressante pour lui.

Dans la situation expérimentale, l’enfant avait un cadeau à portée demain qu’il ne pouvait pas ouvrir, et pendant les 8 minutes où il n’avait pas le droit de l’ouvrir, étaient notés comportements de soutien de la part de la mère. Ultérieurement, trois scanners cérébraux ont été réalisés sur les enfants jusqu’au début de leur adolescence.

L’hippocampe des enfants qui ont reçu plus d’attitude de soutien de la part de leur mère a augmenté de volume deux fois plus rapidement que l’hippocampe des enfants dont la mère n’avait montré aucun comportement de soutien. Selon les auteur-trice-s, les résultats montrent que la trajectoire de croissance de l’hippocampe se voit affectée par l’expérience précoce de soutien maternel.

Conclusions principales de l’étude

On peut tirer trois conclusions de cette étude. Tout d’abord, le soutien émotionnel a un impact à long terme sur le volume de l’hippocampe. L’hippocampe est une aire cérébrale qui se charge des fonctions en lien avec les émotions, l’apprentissage et la formation des souvenirs, et est donc très impliqué dans le développement.

Il existe une période très sensible pendant laquelle les forts niveaux de soutien émotionnel seront plus influents sur le développement de l’hippocampe. Il a été prouvé qu’ils sont plus importants et efficaces à l’âge pré-scolaire qu’à l’âge scolaire. Ainsi, on peut conclure que la quantité de soutien émotionnel n’est pas la seule chose qui importe, le moment évolutif dans lequel l’enfant se trouve compte également.

Un développement cérébral sain conduit à une meilleure santé émotionnelle. Ainsi, l’environnement est crucial, aussi bien dans l’apprentissage que dans le développement physique et affectif. Un fait qui n’ôte pas d’importance au déterminant génétique mais qui met en lumière l’influent rôle que joue l’entourage dans le développement de l’architecture de nos cerveaux. Une fenêtre d’opportunités que, pour eux et car nous les aimons, nous ne devrions jamais fermer.

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