Sobekneferu, la première reine d’Egypte

19 avril 2019
Qui était Sobekneferu ?

Sobekneferu, aussi connue sous le nom de Neferusobek ou « les beautés de Sobek », est la première reine d’Egypte ayant été recensée par les recherches officielles.

Le terme accepté pour faire référence à une reine égyptienne est femme-pharaon ou reine-pharaon. Par conséquent, le terme de « pharaonne », si répandu et enraciné dans le langage populaire, n’est pas une permutation linguistique correcte.

Comme toute personne qui dirige et, plus particulièrement, comme toute femme qui occupe un rôle majoritairement attribué à l’homme, l’histoire de la vie de Sobekneferu est chargée d’événements puissants et surprenants qui nous servent de source d’inspiration.

Il aura fallu à cette femme une forte personnalité, une grande détermination, une intelligence sans faille et une impressionnante capacité tactique pour gouverner un empire aussi prospère que difficile. En effet, jusque là, il n’avait été dirigé que par des pharaons.

Sobekneferu

Brève histoire de la première reine d’Egypte

Sobekneferu a été la dernière dirigeante de la douzième dynastie. Elle était la plus jeune des filles d’Amenemhat III. Sa grande soeur, Neferuptah, avait montré des signes d’intérêt pour le pouvoir avant Sobekneferu. Cependant, elle est morte avant son père alors qu’elle devait prendre sa place.

Les égyptologues attribuent un règne de trois ans et dix mois à cette impératrice. Pendant cette période, la reine a réussi des choses relativement importantes liées à l’architecture de sa nation. Elle a par exemple énormément agrandi le complexe funéraire d’Amenemhat III (aujourd’hui connu sous le nom de Labyrinthe d’Hérodote). Elle a aussi été à l’origine de constructions à Herakleopolis Magna.

Les registres de son règne qui ont survécu au temps indiquent qu’il s’agissait d’une femme déterminée, à l’attitude inébranlable. Son caractère fort, son courage et, surtout, son intelligence lui ont permis de devenir l’une des reines les plus importantes de l’Empire Égyptien.

Qu’avait-elle de si spécial ?

Parmi les traits caractéristiques de Sobekneferu, nous retrouvons son courage et sa détermination. Elle recherchait surtout le respect dans un univers de dirigeants masculins. Nous devons également souligner son non-conformisme avec les canons de genre de l’époque.

Il faut savoir que les représentations de Sobekneferu vêtue d’habits masculins ont beaucoup fait parler d’elles. Cependant, la première reine d’Egypte n’a jamais cessé d’employer des suffixes féminins pour ses titres. Or, tous les dirigeants égyptiens de l’époque n’étaient pas d’accord avec cela.

Afin d’essayer de normaliser le rôle de la femme au plus haut poste et de donner la même importance aux symboles féminins et aux symboles masculins, plusieurs portraits et statues dévoilent une Sobekneferu avec des vêtements et des outils de pouvoir (couronnes et sceptres) extrêmement inhabituels.

À une époque où, comme beaucoup d’experts l’affirment, le genre féminin était parfois considéré comme un motif de honte, il n’y a aucune raison de penser que Sobekneferu puisse vouloir se faire passer pour un homme.

Sa tendance à féminiser la symbologie reconnue comme exclusivement masculine a peut-être été le fruit de ses tentatives d’apaisement des critiques de son règne. En faisant cela, elle évitait d’abandonner le statut de dirigeante féminine.

Sobekneferu

Dans l’Egypte antique, l’aspiration de n’importe quel roi était de laisser une marque dans l’histoire en tant que pharaon, dans le sens le plus traditionnel du terme. Cela impliquait, culturellement, d’employer certains indicateurs de masculinité.

Ainsi, dans les représentations publiques de Sobekneferu, nous pourrions considérer la combinaison de marqueurs féminins et masculins comme un mécanisme pour se dresser en tant que pharaon classique et vénérable. La seule différence étant qu’elle était une femme, une reine-pharaon.

Un modèle de lutte

Il est vrai que la tombe de la première reine d’Egypte ayant été officiellement confirmée n’a pas encore été découverte. Cependant, nous pouvons d’ores et déjà reconnaître qu’elle était un exemple de force, de détermination et de lutte pour l’égalité des genres.

Nous pouvons tous être des premiers rois, les gouverneurs de notre vie, les dirigeants de notre destin. Tout comme Sobekneferu, nous n’avons besoin que d’une volonté de fer et d’une capacité de lutte inébranlable pour laisser notre empreinte dans l’histoire du monde.