Ronald David Laing, un chercheur spécialisé dans la schizophrénie

30 août 2019
Laing était un psychiatre reconnu pour son travail auprès des patients schizophrènes. Pour lui, les patients atteints de schizophrénie se comportaient différemment selon leur environnement.

Ronald David Laing était un psychiatre britannique connu pour son approche alternative du traitement de la schizophrénie. Il a également été le fondateur d’un courant qui allait être connu comme l’antipsychiatrie dans les années 1960 et 1970.

Comme beaucoup d’autres psychologues et sociologues, Laing a travaillé et fait des recherches à la célèbre Clinique Tavistock jusqu’à ce que, des années plus tard, il fasse partie de l’équipe de l’Institut Tavistock dans le domaine de la recherche. L’Institut Tavistock a fourni suffisamment de fonds à Laing pour lui permettre de mener à bien ses recherches les plus importantes.

Ses travaux ont porté sur l’étude de la schizophrénie et de l’environnement de traitement des patients schizophrènes. Selon Laing, les patients se comportaient différemment selon l’environnement dans lequel ils vivaient. Voici d’autres détails sur sa vie et ses recherches.

Une fille schizophrène

L’enfance de Ronald Laing

Laing est né le 7 octobre 1927 à Govanhill, Glasgow, en Ecosse. Il est né dans une famille ouvrière et était le fils unique de David McNair Laing et Amelia Laing.

Jusqu’en 1945, il a fréquenté l’école primaire de garçons Hutcheson à Glasgow, où il fut remarqué car il était un excellent élève et possédait des aptitudes musicales exceptionnelles. Diplômé de l’Académie Royale de musique en 1944, il est entré au Collège Royal de musique en avril 1945.

Au cours de ces années, il a été un fervent étudiant de philosophie, certains des auteurs qui ont le plus attiré son attention ont été Freud, Marx, Nietzsche et surtout Kierkegaard. Par la suite, il a étudié la médecine et la psychiatrie et obtenu un doctorat en médecine à l’Université de Glasgow en 1951.

Sa vocation pour la psychiatrie

Entre 1951 et 1953, on l’a recruté comme psychiatre conscrit dans le corps médical de l’armée royale. Il a été envoyé à l’unité psychiatrique de l’armée britannique, Netley, près de Southampton, puis à l’hôpital militaire de Catterick dans le Yorkshire.

Fin 1953, il a quitté l’armée et a commencé à enseigner à l’Université de Glasgow. Durant cette période, il s’est rendu à l’hôpital psychiatrique Royal Gartnavel afin de compléter sa formation psychiatrique. Dans cet hôpital, il a mis en place un environnement de traitement expérimental : la « Chambre de Rumpus », dans laquelle les patients schizophrènes passaient du temps dans une chambre confortable.

Le personnel et les patients portaient des vêtements normaux et les patients pouvaient consacrer du temps à des activités comme la cuisine et l’art. Les activités quotidiennes visaient à assurer un environnement dans lequel les patients pouvaient répondre au personnel et aux autres dans un environnement social plutôt qu’institutionnel.

Tous les patients ont montré une nette amélioration de leur comportement grâce à ce nouveau traitement. En janvier 1956, il a obtenu son diplôme de psychiatre.

Consolidation professionnelle de Laing

Fin 1956, il est devenu registraire principal à la Clinique Tavistock de Londres. Là, il a dirigé la recherche jusqu’en 1960.

La clinique Tavistock était composée de médecins qui étudiaient des patients de l’armée anglaise et son objectif principal était d’identifier les séquelles de la guerre sur un individu.

Peu de temps après, l’Institut Tavistock a été créé en tant qu’organisation non gouvernementale à but non lucratif. Financé par la Fondation Rockefeller, l’Institut Tavistock a développé des recherches en sciences sociales et en psychologie appliquée à l’éducation, à la recherche et au développement professionnel.

Ainsi, Laing a travaillé pour l’Institut Tavistock pendant près de 30 ans. Mais il a également été accepté comme psychanalyste par l’Institut de Psychanalyse.

En 1958, il a commencé à entreprendre les recherches qui ont abouti à son ouvrage Sagesse, déraison et folie, publié en 1964. Il a également commencé une série de séminaires auxquels ont participé diverses personnes qui sont devenues d’importants collaborateurs, dont Aaron Esterson et David Cooper.

Œuvres et reconnaissance de Laing

En 1960, les éditions Tavistock ont publié son oeuvre Le Moi divisé. Le livre a reçu des critiques favorables, même si après son lancement, les ventes n’ont pas accompagné son succès. Peu de temps après, il a publié le livre Soi et les autres.

Laing s’est qualifié de psychanalyste et a établi un cabinet privé à Londres. Il a commencé à faire des expériences avec des drogues, en particulier le LSD. En 1962, on l’a nommé directeur clinique de la Clinique Langham à Londres et, à partir de ce moment, il a commencé à gagner en popularité.

Plus tard, il a écrit la plupart des articles que l’on trouve compilés dans le livre La politique de l’expérience ; L’oiseau de paradis. Il a également publié Raison et violence en collaboration avec David Cooper, un autre chercheur associé à l’Institut Tavistock.

Le projet Kingsley Hall

En 1965, il s’est lancé dans le projet Kingsley Hall avec Aaron Esterson, David Cooper et d’autres chercheurs de l’époque ; le projet s’est poursuivi jusqu’en 1970. Bref, le Kinglsey Hall consistait à établir une communauté expérimentale et non hiérarchique dans laquelle les patients atteints de schizophrénie recevaient un espace pour travailler sur leur psychose sans avoir recours aux médicaments. Ou encore à d’autres thérapies comme les électrochocs ou la chirurgie.

L’inspiration est venue du projet Rumpus Room de Laing et de l’expérience de ses collaborateurs. D’autres projets tels que la Villa 21 de Cooper ont joué un rôle déterminant dans le développement de Kingsley Hall. En effet, s’y développait une communauté pour les patients schizophrènes sans distinction entre le personnel et les patients. Autrement dit, elle se fondait sur les relations sociales.

Après le succès de Kingsley Hall, Laing a fait une tournée de conférences aux Etats-Unis, ce qui lui a permis d’entrer en contact avec d’autres psychanalystes de renommée. En 1967, il a participé au Congrès de dialectique de la libération. Ce dernier visait à réunir la politique de gauche et la psychanalyse. Là, il a prononcé un discours intitulé Ce qui est évident. Ce discours a plus tard été publié dans une anthologie qui compilera les discours de ce congrès.

Vie personnelle

En 1952, il a épousé sa petite amie Anne Hearne ; la même année, sa première fille est née, qu’ils ont appelée Fiona. Le couple a eu d’autres enfants : Susan, Karen, Paul, Adrian.

Après s’être séparé d’Anne, Laing aura une autre compagne : Jutta Werner, avec qui il aura trois enfants. Plus tard, il aura deux autres enfants de mères différentes.

En 1971, à la fermeture de Kingsley Hall, Laing a décidé que c’était le bon moment pour prendre une année sabbatique au Sri Lanka et en Inde. Au cours de ce voyage, il s’est consacré à la méditation bouddhiste theravédique.

En préparation de son voyage, il a fermé son cabinet privé. Le même où il avait mené des séances de thérapie au LSD dans les années 1960. Et il n’est pas certain qu’il ait repris ses recherches sur le LSD à son retour d’Inde.

Le 23 août 1989, Laing est mort en jouant au tennis. Selon les rapports médicaux, il a souffert d’une crise cardiaque.

Les montagnes du Sri Lanka

L’héritage de Ronald David Laing

Tout au long de sa carrière, Laing s’est intéressé aux causes sous-jacentes de la schizophrénie et s’est clairement opposé aux traitements utilisés à l’époque pour traiter ces patients. Laing a donc essayé de trouver des solutions alternatives à l’hospitalisation et à la thérapie par électrochocs que l’on pratiquait tant à l’époque.

« Nous devrions nous consacrer à désapprendre une grande partie de ce que nous avons appris et apprendre tout ce qu’elle ne nous a pas enseignée. »

-R.D. Laing-

Selon Laing, l’insécurité ontologique (l’insécurité de l’existence) provoque une réaction défensive. Cette réaction, à son tour, divise le moi en composantes distinctes, générant ainsi les symptômes psychotiques caractéristiques de la schizophrénie.

Dans son œuvre L’équilibre mental, la folie et la famille, il a publié une série de cas de personnes dont il considérait que les maladies mentales étaient influencées par leurs relations familiales. Cette approche a suscité beaucoup d’émoi à l’époque.

Bien que son approche initiale de la schizophrénie ait été très controversée, il a rectifié certaines de ses positions dans les années suivantes.

 

  • Laing, R. D. (1969). El cuestionamiento de la familia. Paidós.
  • Laing, R. D. (1988). Las cosas de la vida: un ensayo sobre los sentimientos, la realidad y la fantasía. Editorial Crítica, Grupo Editorial Grijalbo.
  • Herrera Zavaleta, J. L. (2009). Filosofía y contracultura.