Qui ressent le plus la douleur, l’homme ou la femme ?

19 septembre 2017 dans Psychologie 0 Partagés
douleur

« Derrière toute chose magnifique, il y a une sorte de douleur ». Voici ce que disait Bob Dylan, le célèbre chanteur, à travers de nombreuses chansons empreintes de souffrances profondes. La question que nous nous posons maintenant est de savoir qui ressent le plus la douleur, l’homme ou la femme ?

L’histoire montre que la femme dispose d’une capacité plus importante à supporter la douleur. A cet égard, les prédispositions biologiques de la femme telles que les menstruations, la grossesse ou encore l’accouchement sont généralement associées à un certain niveau de souffrance. En outre, nous pouvons depuis toujours écouter le commentaire comme quoi « si les hommes devaient en passer par là … »


« Si je devais choisir entre une expérience douloureuse et rien, je choisirais la douleur. »

-William Faulkner-


Qui souffre le plus ?

Nous savons que la médisance et les traditions sont nombreuses. Aujourd’hui néanmoins, la science a suffisamment progressé pour pouvoir étudier pratiquement tout. Il est cependant impossible de procéder à une étude réelle afin de déterminer qui souffre le plus d’une piqûre, car il n’existe aucun procédé humain permettant de mesurer une même sensation sur différentes personnes sans nous s’aventurer dans le domaine du subjectif.

Mais la douleur, en dépit d’être une perception individuelle, a fait l’objet de diverses études. L’une des plus célèbres nous vient de l’Université de Stanford. Selon les chercheur-e-s ayant participé à cette recherche, les femmes signalent généralement plus souvent la douleur lors de différents diagnostics que ce que les hommes peuvent signaler en retour dans des cas similaires. Toutefois, ce feedback semble être davantage quantitatif que qualitatif. Autrement dit, il ne s’agit pas d’une réaction inhérente au genre face à un stimulus concret.

homme prenant une femme qui ressent de la douleur dans ses bras

Par ailleurs, il existe des facteurs susceptibles de contaminer les conclusions découlant de ses données obtenues. Par exemple, le fait que les femmes communiquent généralement plus que les hommes. Aussi, les enfants, avares de mots, signalent moins fréquemment ou de manière moins complète les sensations de douleurs. Une autre variable pouvant interférer dans les résultats est la volonté des hommes de ne pas montrer leur faiblesse, étant donné que nous touchons là à une caractéristique « supposée » intrinsèque au genre masculin.

L’étude de la douleur en fonction du genre

Les chercheur-e-s de Stanford se sont demandé-e-s qui ressentait le plus la douleur, l’homme ou la femme ? Pour pouvoir répondre, iels récoltèrent les informations de plus de 11000 patient-e-s souffrant de problèmes circulatoires, digestifs, respiratoires et musculo-squelettiques.

Selon les résultats obtenus, il semble que les femmes signalent une intensité légèrement plus importante que les hommes. En effet, les chercheur-e-s établirent une échelle de 1 à 11, et les femmes obtinrent un résultat supérieur d’un point à celui des hommes. Néanmoins, les résultats de cette étude sont largement pollués par les différences biologiques existant entre les hommes et les femmes ainsi que par les difficultés qu’elles génèrent au moment de diagnostiquer la douleur.

Alors, qui ressent le plus la douleur ?

Nous voyons que nous ne pouvons toujours pas répondre à cette question. Qui ressent le plus la douleur, eux ou elles ? Ce qui est certain c’est que les différentes études tiennent compte de variables telles que les cycles menstruels, qui génèrent de multiples gênes pour les femmes. c’est pourquoi toutes les études devraient être réalisées dans des conditions identiques entre des hommes et des femmes se trouvant dans un état similaire. Dans le cas contraire, de nombreuses variantes, tels les cycles menstruels, peuvent altérer le résultat.

Toutefois, certains rapports indiquent, par exemple, que les femmes consultent davantage le médecin, souvent du fait de douleurs plus importantes, durables et fréquentes que les hommes. Par ailleurs, il semblerait que les femmes subissent des niveaux de stress plus importants, élément venant perturber les résultats dans la mesure où cela intensifie la sensation de douleur.

Plus de données sur les douleurs grâce à cette étude

Curieusement, il semble que les hommes soient plus précis pour désigner l’endroit exact les faisant souffrir. A l’inverse, les femmes indiquent des zones et non des points spécifiques. Il existe d’autres données singulières, comme l’existence de douleurs chroniques, davantage présent chez les femmes. Par ailleurs, il existe des maladies telle que la fibromyalgie, presque exclusive au genre féminin, provoquant fatigue et douleurs musculaires. Cela accentue la perception de la douleur.

homme ressentant de la douleur épaulé par une femme

De plus, les hommes disposent de la protéine GIRK2, laquelle est censé les aider à mieux supporter la douleur. Cependant, il semble que la femme, après des siècles passés à supporter un niveau de stress supérieur, des douleurs menstruelles, des accouchements, etc…, ait appris à cohabiter avec sa souffrance.


« Vous n’avez pas atteint le point culminant de la douleur quand vous avez encore la force de vous plaindre. »

-Chevalier de Bruix-


Par conséquent, si nous regardons les données de l’étude, il semblerait que les femmes ressentent davantage la douleur que les hommes. Néanmoins, il est impossible de déterminer quel est le genre qui supporte le mieux le dommage résultant d’un même stimulus. Quoiqu’il en soit, il semble que les femmes ont davantage appris à cohabiter avec leur souffrance.

 
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