Qu’est-ce que la morbidité et où se trouve sa limite ?

25 février 2018 dans Psychologie clinique 25 Partagés
la morbidité

Le mot « morbide » s’utilise fréquemment sans connaître sa signification précise. En général, la morbidité s’associe au sexuel. C’est pour cela qu’on fait souvent référence aux observations et aux insinuations morbides.

En revanche, il est également commun de qualifier des comportements comme étant morbides. Par exemple, lorsque quelqu’un souhaite connaître en détail la vie personnelle ou intime de quelqu’un, le comportement est morbide. C’est également le cas lorsque les gens se régalent à la vue d’images cruelles ou excessivement violentes.

Ainsi, nous savons que la médecine emploie le terme « morbide » en l’appliquant à la maladie. On parle d’états « morbides ». Par extension, nous définissons comme morbide tout ce qui nous renvoie à la maladie mentale. La morbidité s’identifie communément comme la perversion. Mais ce n’est pas toujours le cas. La question est donc : « Qu’est-ce que la morbidité ?

« Le morbide est la désobéissance à la raison. »

-Plutarque-

La morbidité, une réalité humaine

La morbidité est l’une de nos pulsions basiques. Elle a à voir avec notre programme instinctif dans lequel se trouvent également tous les besoins fondamentaux comme manger, dormir, socialiser et avoir des relations sexuelles.

réalité humaine

La morbidité peut se définir comme le besoin de voir, de sentir, d’entendre, de sentir ou d’interagir d’une manière ou d’une autre avec ce qui est socialement cataloguer comme interdit ou proscrit. Il s’agit d’une force qui nous pousse à entrer en contact avec cela et à expérimenter le plaisir de le faire. Le plaisir de transgresser les règles et d’entrer dans le monde de l’interdit.

Les manières dont la morbidité s’exprime sont nombreuses. La pornographie par exemple, satisfait la curiosité, mais permet également d’aller « au-delà » d’une relation sexuelle commune et courante. Cela attire car cela permet de dépasser les limites habituelles et cela confère davantage de plaisir. La clé de la morbidité et la transgression comme source de plaisir.

Les caractéristiques du morbide

Le dictionnaire dit que la morbidité est une tendance obsessive envers l’interdit. En principe on l’associe à quelque chose de malsain, mais également au plaisir, quasiment tout le temps de type sexuel. En revanche, il faut savoir nuancer cela. Toute pulsion morbide n’est pas nuisible. Parfois les pulsions sont simplement ludiques et font partie de nouvelles manières d’explorer le plaisir.

caractéristiques

Ce qui réveille habituellement la morbidité est tout ce qui renferme le mystère et projette l’idée de l’impénétrable. Dans des conditions normales, cela correspond à ce qui ne s’expérimente pas habituellement ou ce qui implique la rupture de ce que l’on appelle « normal ».

Dans des cas pathologiques, cela signifie l’attraction pour des objets interdits par les règles de parenté, de santé mentale ou d’ordre social. Ce sont les cas d’attraction pour des personnes de la famille ou pour des enfants, etc. Dans ces cas-là, la morbidité se trouve bien dans le champ de la perversion.

L’interdit et le désiré

L’imagination joue un rôle très important dans la sexualité. Souvent, l’attraction sexuelle ne dépend pas de ce que l’on voit, mais de ce que l’on imagine. Ce qui ne peut pas s’apprécier à simple vue finit par se convertir en une source de désir.

Il y a des cultures dans lesquelles la femme a le torse dénudé. Les voir ainsi ne génère pas de morbidité pour ceux qui vivent dans ces communautés. En revanche, pour ce qui appartiennent à une communauté où la poitrine est toujours couverte, la possibilité de voir un sein peut être très excitante.

Une bonne partie du monde érotique s’éveille à partir de ce qui est insinué et non de ce qui est offert. Une bonne partie des passions évoluent également lorsqu’elles permettent de dépasser certaines limites. C’est ainsi que fonctionne la morbidité.

La morbidité saine et la morbidité malsaine

Dans le terrain du morbide comme dans le terrain de la sexualité, en général il est normal de supposer des accords entre des personnes conscientes. C’est également le cas lorsqu’il s’agit de quelque chose qui peut être catalogué comme « sale », « cruel » ou « bizarre » par les autres. L’unique condition est que les personnes concernées soient capables d’accepter librement ces pratiques.

morbidité malsaine

Mario Vargas Llosa dit que dans le monde érotique, ce qui défie les préjugés est valide. En revanche, cela n’est pas acceptable lorsque l’on dévalorise l’acte sexuel ou ceux qui sont impliqués dans ce dernier. Cela se passe lorsque la sexualité se transforme en une réalité purement physique, dépourvue d’émotions et de sentiments.

Aussi, lorsque le morbide est uniquement présent chez les personnes impliquées bien entendu. Dans ce cas, c’est une tentative de réduction de l’autre à la condition de chose, d’objet, d’instrument. Dans de telles circonstances, le morbide se situe dans le rang de la perversion et devient très destructeur pour les personnes impliquées.

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