Qu'est-ce que les psychotropes et comment fonctionnent-ils ?

14 juillet, 2020
Les médicaments psychotropes sont des produits chimiques utilisés pour traiter les troubles psychologiques. Ils agissent sur le système nerveux central en modifiant le comportement, la perception et la conscience.

Les psychotropes sont sans aucun doute d’une grande utilité en psychologie et en psychiatrie. Ils ont contribué à améliorer considérablement le traitement de nombreuses maladies mentales. Cependant, comme tous les médicaments, ils ne sont pas sans effets secondaires significatifs qui doivent être analysés et pris en compte.

D’autre part, les traitements à base de médicaments psychotropes ne doit pas faire oublier le traitement du patient par la thérapie psychologique. En effet, il ne s’agit pas de deux options concurrentes, mais plutôt de traitements complémentaires. Lorsqu’ils sont utilisés de manière intelligente, l’un comme l’autre peuvent traiter les causes d’un grand nombre de problèmes.

En quoi consiste les produits psychotropes ?

Les psychotropes sont des médicaments utilisés pour le traitement des troubles psychologiques. Il s’agit en effet de substances chimiques qui agissent sur le système nerveux. Ils modifient ainsi l’activité psychique et les processus mentaux et émotionnels.

C’est au début des années 1950 que la découverte de la chlorpromazine a alors déclenché un boom de la psychopharmacologie. A partir de ce moment-là, les avancées dans ce domaine se sont succédées de façon spectaculaire.

Aujourd’hui encore, elle demeure un domaine de recherche important dans la recherche de médicaments. On cherche maintenant à découvrir des psychotropes plus spécifiques et présentant moins d’effets secondaires.

Les psychotropes existent sous diverses formes

 

Comment fonctionnent les médicaments psychotropes ?

Bien que la véritable cause de nombreuses maladies mentales soit encore inconnue, il s’avère qu’elles sont souvent liées à des troubles métaboliques. En particulier, dues à des neurotransmetteurs cérébraux (NT).

Ces substances chimiques sont libérées au niveau de la synapse neuronale. Elles agissent sur des récepteurs spécifiques et elles sont impliquées dans la transmission des impulsions nerveuses. La plupart des psychotropes ont pour mécanisme la modification des NT.

Les principaux NT sur lesquels ces produits agissent sont les suivants :

  • L’acétylcholine
  • La noradrénaline
  • La dopamine
  • La sérotonine (5-hydroxytryptamine)
  • Le GABA (l’acide gamma-aminobutyrique)

On considère généralement que dans les cas d’hyperactivité cérébrale, la libération de NT au niveau de la synapse augmente. Cependant, dans les états dépressifs, il y aurait par contre une diminution des taux de NT ou du moins une réduction de la densité des NT dans l’espace intersynaptique.

En partant de ces constatations, les médicaments psychotropes destinés au traitement des états psychotiques agissent en diminuant la concentration de certains NT ou en bloquant leurs récepteurs. D’autres, en revanche, agissent en augmentant leur concentration. C’est le cas lorsqu’on désire traiter les états dépressifs.

Cependant, ce n’est pas la seule réponse. Le système nerveux est en effet très complexe. Il est influencé par de nombreux facteurs et il est aujourd’hui encore difficile de connaître tous les mécanismes qui entrent en jeu. Ainsi, de nombreux maladies mentales ne peuvent pas être seulement expliqués par de tels facteurs. C’est ce qu’affirme Silvia Wikinski, par exemple.

Les différents types de psychotropes

Bien qu’il existe de nombreuses classifications, nous pouvons regrouper les psychotropes en quatre grands groupes :

  • Les neuroleptiques et les antipsychotiques
  • Les anxiolytiques et les sédatifs-hypnotiques
  • Les antidépresseurs
  • Les eutimiseurs et les stabilisateurs d’humeur

Nous devrions également ajouter à cette liste les psychostimulants, les médicaments anti-démence ou encore les psychopharmaceutiques pour le traitement des dépendances. Cependant, dans la suite de cet article, nous nous concentrerons uniquement sur les principaux groupes de psychotropes.

1. Les neuroleptiques et les antipsychotiques

Les antipsychotiques sont particulièrement prescrits dans le cadre du traitement des psychoses telles que la schizophrénie. Il s’agit ici d’une maladie complexe qui se caractérise principalement par les éléments suivants :

  • Des symptômes positifs (délires et hallucinations)
  • Des symptômes négatifs (apathie, isolement social…)

Les médicaments antipsychotiques sont classés de la manière suivante :

  • Les antipsychotiques typiques
    • Principal mécanisme d’action : blocage des récepteurs D2 de la dopamine sur la voie mésolimbique
    • Effet principal : disparition des symptômes positifs. Cependant, ils ont peu d’effet sur les symptômes négatifs
    • Principaux effets secondaires : symptômes extrapyramidaux et hyperprolactinémie dues au blocage d’autres voies dopaminergiques
    • Par exemple : la chlorpromazine, l’halopéridol…
  • Les antipsychotiques atypiques
    • Principal mécanisme d’action : blocage des récepteurs D2 de la dopamine et des récepteurs 5-HT2A de la sérotonine
    • Effet principal : disparition des symptômes positifs et négatifs. En effet, le blocage de la sérotonine permet d’éviter les effets secondaires du blocage de la dopamine
    • Effets secondaires : hypotension, tachycardie, vertiges, sédation
    • Par exemple : la rispéridone, la quétiapine, l’olanzapine, la clozapine, le ziprasidone

 

2. Les anxiolytiques et les sédatifs-hypnotiques

Les anxiolytiques se destinent au traitement de l’anxiété. D’après l’OCU, ce sont les psychotropes les plus utilisés actuellement. D’autre part, beaucoup d’entre eux sont également utilisés comme sédatifs-hypnotiques dans le cadre du traitement de l’insomnie.

Leur principal mode d’action consiste à renforcer l’action agoniste du GABA dans les récepteurs GABA-A. Ainsi, il augmente l’effet inhibiteur de ce neurotransmetteur. Le GABA est responsable de la régulation de l’excitation neuronale dans le système nerveux.

Nous pouvons mettre en évidence plusieurs groupes de médicaments :

  • Les barbituriques
    • Effet principal : sédatif
    • Utilisé pour traiter l’anxiété jusqu’à l’apparition des benzodiazépines
    • Ils provoquent une grande dépendance et, à long terme, des dommages neurologiques
  • Les benzodiazépines
    • Effet principal : anxiolytique, sédatif-hypnotique, relaxant musculaire mais aussi anticonvulsif
    • Moins d’effets secondaires que les barbituriques. Moins de dépendance et moins de sédatifs. C’est pourquoi les benzodiazépines sont aujourd’hui les médicaments antianxiété les plus utilisés
    • Il existe des benzodiazépines (diazépam, clonazépam) qui agissent plus tard mais plus longtemps. D’autres quant à eux sont plus rapides mais leur action est plus courte (lorazépam, alprazolam)
  • Les sédatifs-hypnotiques à courte durée d’action
    • Effet principal : ils agissent comme des agonistes GABA mais uniquement sur les récepteurs liés au sommeil et à ceux en lien avec les effets hypnotiques
    • Moins anxiolytique, anticonvulsif et relaxant au niveau musculaire que les benzodiazépines
    • Par exemple : Zolpidem
  • La buspirone
    • Effet principal : anxiolytique pur, avec peu d’effets hypnotiques ou tranquillisants. Il n’agit qu’au niveau de la sérotonine, mais pas du GABA
    • Elle est moins efficace que les benzodiazépines et son effet est plus long à se manifester
    • Utile dans les troubles d’anxiété généralisée

3. Les antidépresseurs

Après les anxiolytiques, les antidépresseurs sont les médicaments les plus prescrits aujourd’hui en psychiatrie. Ils sont indiqués pour le traitement de la dépression. Ils agissent par une diminution de NT au niveau des synapses neuronales. Par conséquent, en termes généraux, les antidépresseurs augmentent la concentration de ces substances par différents mécanismes.

Il existe de nombreux types d’antidépresseurs. Nous allons en citer 3 groupes importants :

  • Les IMAO
    • Mécanisme d’action : inhibition de l’enzyme monoamine oxydase. Cette enzyme est responsable de l’élimination des NT en excès. Par exemple, la sérotonine, la dopamine ou encore la noradrénaline
    • Ils peuvent être des inhibiteurs irréversibles et non sélectifs, ou bien encore réversibles et sélectifs
    • Effets secondaires importants : risque élevé d’hypertension ou encore prise de poids
    • Ce n’est généralement pas un médicament de premier choix
    • Par exemple : l’isocarboxazide
  • Les antidépresseurs tricycliques
    • Mécanisme d’action : inhibition du recaptage de la sérotonine et de la noradrénaline. Cependant, ils affectent également d’autres NT
    • Effets secondaires : effets antihistaminiques et anticholinergiques. Par exemple : bouche sèche, vision floue, constipation
    • Ils étaient largement utilisés pour la dépression jusqu’à l’avènement des ISRS
    • Par exemple : l’imipramine et l’amitriptyline
  • Les ISRS
    • Mécanisme d’action : inhibition sélective du recaptage de la sérotonine. Elles n’affectent cependant pas les autres NT.
    • Ce sont les antidépresseurs les plus sûrs, avec le moins d’effets secondaires. Ils constituent  généralement un traitement de choix
    • Par exemple : la sertraline, la fluoxétine, le citalopram

4. Les eutimiseurs ou stabilisateurs d’humeur

Il s’agit de médicaments utilisés dans le traitement des troubles de l’humeur, tels que les troubles bipolaires ou les troubles caractérisés par des épisodes maniaques et dépressifs.

Il existe deux groupes de médicaments stabilisateurs de l’humeur :

  • Le sel de lithium
    • C’est le plus ancien et le plus connu des médicaments stabilisateurs de l’humeur
    • Différents mécanismes d’action
    • Marge thérapeutique très étroite. Il est donc nécessaire de contrôler le taux sanguin
  • Les anticonvulsivants
    • Mécanisme d’action : ils renforcent l’action inhibitrice du GABA et réduisent l’action excitatrice du glutamique
    • Par exemple : La valproïque, la carbamazépine, le topiramate

 

Les psychotropes en flacons

Pour conclure, bien que la cause de nombreuses maladies mentales soit encore inconnue, les psychotropes restent un bon outil pour améliorer considérablement le traitement et permettre d’apporter une amélioration de ces troubles.

Aujourd’hui, la pharmacologie est donc très développée. Il existe de nombreux psychotropes différents et il est possible de personnaliser les thérapies en les adaptant à chaque patient.

 

  • Salazar, M., Peralta, C., Pastor, F. J., (2009). Tratado de psicofarmacología: bases y aplicación clínica. Buenos Aires, Argentina. Médica Panamericana.
  • López-Muñoz, F., Alamo, C., & Cuenca, E. L. (2000). “Década de Oro” de la Psicofarmacología (1950-1960): Trascendencia histórica de la introducción clínica de los psicofármacos clásicos. Psiquiatria. COM (electronic journal), 4(3).
  • Wikinski, S. (2008). Psicofármacos y teorías etiopatogenias en Psiquiatría. Del contexto de descubrimiento al obstáculo epistemológico. VERTEX Revista Argentina de Psiquiatría. Cambios en los paradigmas psiquiátricos, 19(80), 196-200.
  • Wikinski, S. (2014). CAPÍTULO 7 Psicofarmacología: farmacodinamia y modelos experimentales. Farmacodinamia general e interacciones medicamentosas, 141.