Médicaments contre la dépression (antidépresseurs) : comment fonctionnent-ils?

27 juillet 2019
Savez-vous ce que sont les antidépresseurs et comment ils agissent contre la dépression ?

Les médicaments contre la dépression (antidépresseurs) peuvent aider à soulager les symptômes de la dépression, trouble d’anxiété sociale, troubles anxieux, trouble affectif saisonnier, dysthymie (trouble dépressif persistant) et légère dépression chronique, ainsi que d’autres conditions, telles que le trouble obsessionnel-compulsif ou le trouble de stress post-traumatique. Mais comment fonctionnent ces médicaments ? Quels effets produisent-ils ?

Les médicaments antidépresseurs ont pour but de corriger les déséquilibres chimiques dans le cerveau qu’on pense responsables des changements d’humeur et de comportement. Développé pour la première fois dans les années 50, son utilisation est devenue de plus en plus courante au cours des 20 dernières années.

Les antidépresseurs sont-ils efficaces ?

Il convient de noter que les antidépresseurs ne sont pas efficaces dès qu’ils sont pris, mais dans de nombreux cas, il faut plusieurs semaines à la personne pour commencer à remarquer leurs effets.

Des recherches suggèrent que les médicaments antidépresseurs peuvent s’avérer utiles chez les personnes souffrant de dépression modérée ou grave. Des études ont montré qu’ils avaient un effet positif supérieur au placebo chez les personnes souffrant de dépression. En général, on ne les recommande pas pour traiter la dépression légère, à moins que d’autres solutions, telles que le traitement, aient échoué.

Le Royal College of Psychiatrists estime qu’entre 50 et 65% des personnes traitées avec un médicament contre la dépression verront une amélioration, en comparaison aux 25 à 30% des personnes qui prennent un placebo.

femme ayant besoin d'antidépresseurs

Que font les antidépresseurs ?

Les experts ne sont pas tout à fait sûrs du fonctionnement de certains antidépresseurs. La plupart des médicaments antidépresseurs agissent en augmentant les taux de neurotransmetteurs spécifiques dans le cerveau. En général, ils empêchent ces neurotransmetteurs d’être recaptés dans l’espace intersynaptique.

Cela signifie qu’ils restent plus longtemps dans les synapses, ce qui provoque plus d’activité, de sorte qu’ils “compensent” les niveaux réduits. De cette façon, les antidépresseurs permettent aux neurotransmetteurs restants de fonctionner plus efficacement. L’activité générale est donc, pour le dire d’une certaine manière, plus “normale”.

Cependant, cela n’explique pas vraiment comment les antidépresseurs finissent par soulager la symptomatologie dépressive. Les neurotransmetteurs sont comme les éléments de base pour construire quelque chose de beaucoup plus complexe. C’est l’équivalent des chiffres en mathématiques ou des lettres dans la langue. C’est pourquoi l’augmentation des niveaux de neurotransmetteurs dans le cerveau ne dit rien de spécifique.

D’un côté, les médicaments anti-dépression augmentent l’activité des neurotransmetteurs assez immédiatement. Mais les effets thérapeutiques prennent habituellement des semaines à remarquer à un niveau subjectif.

Comment différents médicaments agissent contre la dépression

De nombreux chercheurs pensent que les avantages des antidépresseurs proviennent de la manière dont ils affectent certains circuits cérébraux via la modification des niveaux de neurotransmetteurs. Nous parlons de la sérotonine, la dopamine et la noradrénaline.

Les différents types de médicaments antidépresseurs semblent affecter le niveau de ces neurotransmetteurs de différentes manières. Voyons comment dans la suite de cet article.

Inhibiteurs de recapture

Certains des antidépresseurs les plus couramment prescrits sont les inhibiteurs de recapture. La recapture est le processus par lequel les neurotransmetteurs sont naturellement réabsorbés dans les cellules nerveuses du cerveau après leur libération pour envoyer des messages parmi les cellules nerveuses.

Un inhibiteur de recapture empêche cela de se produire. Au lieu de se résorber, le neurotransmetteur reste, au moins temporairement, dans l’espace entre les nerfs, appelé espace intersynaptique.

En theorie, l’avantage de ces médicaments est de maintenir des niveaux élevés d’un certain neurotransmetteur, qui pourrait améliorer la communication entre les cellules nerveuses, renforçant les circuits cérébraux qui régulent l’humeur.

Il existe différents types d’inhibiteurs de recapture en fonction des neurotransmetteurs auxquels ils s’adressent, parmi lesquels se démarquent les inhibiteurs :

  • Sélectifs de recapture de la sérotonine
  • De recapture de la sérotonine et de la noradrénaline
  • De recapture de la noradrénaline et de la dopamine
antidépresseurs

 

Tétracycliques

Les tétracycliques sont une autre classe d’antidépresseurs qui, bien qu’ils agissent sur les neurotransmetteurs, n’empêchent pas la recapture de la même manière. Ils semblent empêcher les neurotransmetteurs de se lier à des récepteurs spécifiques dans les nerfs. Comme la noradrénaline et la sérotonine ne se lient pas aux récepteurs, elles semblent s’accumuler entre les cellules nerveuses. En conséquence, les niveaux de neurotransmetteurs augmentent.

Ces médicaments pour traiter la dépression semblent agir de deux manières. D’une part, ils empêchent la recapture de la sérotonine. D’autre part, ils empêchent les particules de sérotonine libérées lors d’une synapse de se lier à certains récepteurs indésirables et les redirigent plutôt vers d’autres récepteurs pouvant aider les cellules nerveuses à mieux fonctionner dans les circuits neuronaux associés à l’humeur.

Tricycliques et IMAO

Ces médicaments figurent parmi les premiers à avoir été utilisés pour soigner la dépression. Bien qu’ils soient efficaces, ils peuvent avoir des effets secondaires importants, en particulier en cas de surdosage.

Les tricycliques et les IMAO (inhibiteurs de la monoamine oxydase) peuvent parfois être très utiles pour les personnes souffrant de dépression résistant au traitement ou de certaines formes de dépression (comme la dépression qui coexiste avec des niveaux élevés d’anxiété).

Les antidépresseurs tricycliques empêchent également la réabsorption des neurotransmetteurs, mais ils le font de manière non sélective. Ils agissent donc, entre autres, sur la sérotonine, la noradrénaline et la dopamine en même temps. Bien que ces médicaments se révèlent clairement efficaces pour traiter la dépression, ils sont actuellement remplacés par des médicaments plus spécifiques.

Les inhibiteurs de la monoamine oxydase (IMAO) bloquent les effets de la monoamine oxydase, une enzyme naturelle qui décompose la sérotonine, l’épinéphrine et la dopamine. En conséquence, les niveaux de ces neurotransmetteurs pourraient augmenter.

L’inconvénient est que les IMAO empêchent également le corps de décomposer d’autres médicaments métabolisés par cette enzyme. Cela augmente le risque d’hypertension artérielle, ainsi que les niveaux d’un acide aminé appelé tyrosine, présent dans certains aliments, comme les viandes et fromages affinés.

Les IMAO ne doivent pas non plus s’associer à d’autres médicaments susceptibles d’augmenter la sérotonine (tels que certains médicaments pour traiter la migraine ou d’autres antidépresseurs), car ils peuvent provoquer une accumulation excessive de sérotonine, appelée “syndrome sérotonine”, qui pourrait être fatale.

 

Commentaires finaux

Une grande partie de ce que l’on pense des antidépresseurs aujourd’hui est encore spéculatif. On ne sait pas vraiment si de faibles niveaux de sérotonine ou d’autres neurotransmetteurs provoquent une dépression ou si l’augmentation de ces niveaux résoudra le problème. Peut-être que nous n’en savons pas encore assez sur la chimie du cerveau pour dire ce qui est équilibré ou déséquilibré.

Il est possible que les antidépresseurs aient d’autres effets inconnus et que leurs avantages ne soient pas autant liés aux niveaux de neurotransmetteurs qu’à d’autres effets, tels que la régulation des gènes qui contrôlent la croissance et la fonction des cellules nerveuses.

Cela peut ne pas sembler très rassurant. Cependant, bien que les experts n’aient pas toutes les réponses sur le fonctionnement des antidépresseurs, nous savons qu’ils peuvent fonctionner. De nombreuses études ont démontré que les antidépresseurs peuvent aider de nombreuses personnes à se sentir mieux. Et c’est ce qui compte vraiment.