Migraines et dopamine : le lien de la douleur

· 14 octobre 2018

Migraines et dopamine partagent un lien direct et souvent méconnu. Lorsqu’une personne souffre de cette maladie, son cerveau vit plusieurs changements; l’un d’eux concerne ce type de neurotransmetteur. Ainsi, on a pu observer qu’avec un plus faible niveau de dopamine, la personne souffre d’hypersensibilité, c’est-à-dire de douleur face à la lumière, aux sons…

Cette relation avait déjà été envisagée il y a longtemps. Cependant, cela ne fait qu’un an que ce processus aussi complexe que déterminant a été détaillé dans un article d’Alex DaSilva, professeur à l’Université du Michigan. Cette explication a été publiée dans la revue NeurologyGrâce aux nouvelles techniques en matière de diagnostic et aux avancées dans les tomographies par émissions de positons (TEP), nous disposons aujourd’hui d’une vision exacte et détaillée de chaque changement vécu par notre cerveau lors d’une migraine.

En fait, n’importe quelle personne souffrant de ce problème sait qu’il existe un aspect aussi récurrent qu’épuisant. Il suffit parfois d’une odeur, d’un frôlement sur la peau, d’un son ou même du reflet du soleil pour que nous ressentions immédiatement une douleur très intense. Aujourd’hui, nous connaissons le mécanisme qui débouche sur cette réalité.

Peu de maladies sont aussi incomprises que les migraines. Celui qui n’en souffre pas ne peut pas comprendre pourquoi on a besoin de se plonger dans la pénombre d’une pièce, pourquoi il est impossible d’être productif au travail ou pourquoi un paracétamol ou quelques heures de repos ne soulagent pas. Cette maladie présente diverses altérations sur le plan cérébral qui la rendent unique. Elle n’a rien à voir avec un simple mal de tête. Voyons pourquoi.

« Dans l’obscurité, loin de la lumière du jour, la mélancolie soupire sur son lit triste, la douleur à ses côtés et une migraine dans la tête ».

-Alexander Pope-

migraines

Migraines et dopamine, une relation douloureuse

La mythologie grecque raconte que Zeus a pendant longtemps souffert de terribles maux de tête. Cette souffrance n’a disparu que lorsque Vulcain lui a ouvert le crâne avec une hache; à ce moment, Pallas Athéna, déesse de la connaissance, en est sortie.

Cette image métaphorique a permis à Claude Galien, un peu plus tard, de définir l’hétérocranie, un maux de tête intense et dévastateur auquel le neurologue Tomas Willisque donnerait le nom de migraine au XVIIème siècle.

Quoi qu’il en soit, il y a une donnée que nous ne pouvons pas négliger. Les migraines affectent environ 15% de la population. Par ailleurs, comme nous le révèle une étude menée par l’Institut de Santé et d’Innovation Biomédicale de l’Université Technologique du Queensland et publiée dans la revue Natureon retrouve aussi un composant génétique. Il est donc probable que les enfants des personnes qui souffrent de migraines en souffrent aussi dans le futur.

Nous devons donc encore faire davantage de recherches pour pouvoir prévenir cette maladie et la traiter plus efficacement. Pour cela, connaître la relation entre migraines et dopamine est sans doute une bonne chose. Voyons maintenant en quoi consiste ce type de lien.

La dopamine et sa fonction cérébrale

La dopamine est l’un des neurotransmetteurs les plus importants de notre cerveau. Elle est essentielle pour favoriser les synapses entre les neurones et pour un grand nombre de processus moteurs et cognitifs. 

Qui plus est, dans une étude publiée dans la revue Nature Neurosciencie et menée dans la Clinique Universitaire Charité, en Allemagne, il a été démontré que la concentration de ce neurotransmetteur dans notre amygdale cérébrale déterminera si nous sommes plus nerveux ou tranquilles.

Pour comprendre la relation entre migraine et dopamine, il est important de connaître les fonctions dans lesquelles intervient ce neurotransmetteur. Les voici:

  • Mémoire, attention, motivation, résolution de problèmes…
  • Mouvement moteur
  • Humeur
  • Apprentissage
  • Système de récompenses
  • Douleur
migraines et dopamine

Les personnes avec des migraines connaissent des fluctuations au niveau de la dopamine

Le professeur DaSilva, que nous avons déjà cité pour avoir étudié la relation entre migraines et dopamine, a pu voir les processus suivants après avoir réalisé une série de tests à un grand nombre de personnes souffrant de cette maladie.

  • Les résultats des explorations par tomographies ont démontré qu’au cours d’une migraine, le niveau de dopamine est moins élevé. Cela génère de l’hypersensibilité, c’est-à-dire des stimulus comme la lumière, le son, les odeurs ou un frôlement sur la peau qui créent une grande douleur.
  • Lorsque la personne souffrant de migraine s’applique quelque chose de chaud sur la tête (comme un gant de toilette sur le front), le niveau de dopamine augmente et les symptômes se multiplient: des nausées surgissent, puis des vomissements…
  • Tout cela a mené les experts à penser que la migraine était liée à un problème de fluctuation de la dopamine. Celle-ci descend à certains moments puis divers stimulus comme la chaleur la font à nouveau s’élever.

 

Les aliments avec de la tyrosine et leur relation avec les migraines et la dopamine

La tyrosine est un acide aminé non essentiel qui sert de précurseur à la production de dopamine et d’adrénaline. C’est précisément pour cela qu’il est nécessaire de réguler la consommation des aliments qui en contiennent.

Il ne s’agit pas d’éliminer complètement de notre régime les aliments avec de la tyrosine mais de les consommer avec modération. Etant donné que la migraine génère des fluctuations dans les niveaux de dopamine, il est nécessaire de ne pas connaître d’excès ou de carences. La clé réside dans l’équilibre. Voici donc les aliments les plus riches en tyrosine à prendre en compte.

  • Veau, poulet, porc, agneau…
  • Saumon, lotte, morue.
  • Produits laitiers.
  • Oeufs.
  • Lait de soja.

Pour conclure, comme nous l’avons vu, ce lien entre les migraines et la dopamine est plus qu’évident. Il faut aussi préciser que les scientifiques développent désormais de nouveaux médicaments pour réguler cette production et permettre, tôt ou tard, d’offrir un traitement efficace à ceux qui en souffrent. Espérons que ce soit le cas !