Qu'est-ce que le locus de contrôle en psychologie ?

23 février, 2021
En psychologie, le locus de contrôle fait référence à la perception qu'on a des causes des événements qui surviennent dans notre vie. En fonction des croyances d'une personne, le locus de contrôle peut être interne ou externe. Analysons de plus près ce concept si intéressant.

Le locus de contrôle (LC) est un terme largement utilisé dans le domaine de la psychologie. Surtout depuis ces dernières années. Ce terme désigne la façon dont une personne perçoit les causes des événements qui se produisent dans sa vie.

Autrement dit, il s’agit de déterminer dans quelle mesure on se considère responsable des causes de notre comportement. Le locus de contrôle peut être externe ou interne.

En ce sens, le locus de contrôle est lié aux implications psychologiques du point de vue de la personne ainsi qu’à la manière dont cette dernière interagit avec son environnement. Voyons quelles sont les principales caractéristiques de ce concept.

“Les personnes qui croient avoir le pouvoir d’exercer un certain degré de contrôle sur leur vie sont en meilleure santé, plus efficaces et plus performantes que celles qui n’ont pas confiance en leur capacité à apporter des changements dans leur vie”.

-Albert Bandura-

Le locus de contrôle

Rotter a introduit en 1966 le concept de locus de contrôle. Le terme locus provient du latin et signifie “lieu”. Il l’a défini comme un trait de personnalité dans sa théorie de l’apprentissage social. Cette idée était déjà répandue auprès d’autres auteurs quelques années auparavant.

Rotter a défini ce concept de la manière suivante : “Si la personne perçoit un événement comme dépendant de son comportement ou de ses propres caractéristiques relativement permanentes, il s’agit d’une croyance propre au contrôle interne.”

Il considérait également qu’ “un renforcement est perçu comme la conséquence d’une action personnelle, mais n’y étant pas entièrement subordonné, il est généralement perçu, dans notre culture, comme le résultat de la chance (…). En ce sens, on parle d’une croyance propre au contrôle externe” (Visdomine-Lozano et Luciano, 2006).

Une femme qui réfléchit à une décision à prendre.

Comme on peut le voir, Rotter a établi une différence claire entre le contrôle interne et le contrôle externe. Lorsqu’une personne attribue ce qui se passe dans son environnement à son propre comportement et qu’elle considère qu’elle maîtrise les conséquences externes, son locus de contrôle est alors interne.

En revanche, si elle croit que ce qui s’est passé pour elle est seulement dû à la chance, au hasard ou au destin, c’est-à-dire que ce qui s’est passé est indépendant de son comportement, son locus de contrôle est externe.

Conséquence de cela : si une personne croit que ce qui se passe autour d’elle ne dépend pas de sa propre volonté, elle n’agira certainement pas pour changer cela. Il s’agit donc d’une sorte de paralysie qui empêche les gens d’agir et d’atteindre leurs objectifs.

Quelle est la différence entre le LC interne et le LC externe ?

Comme nous l’avons vu plus haut, lorsqu’une personne possède un locus de contrôle interne, elle considère que la cause d’un succès ou d’un échec comme a une origine interne. Généralement, elle a plutôt confiance en ses capacités, en ses efforts et en sa persévérance dans l’accomplissement d’une tâche. Elle pense que tout est sous son contrôle et atteint ainsi ses objectifs.

Lorsqu’une personne possède un locus de contrôle externe, elle considère que les résultats de ses actions dépendent exclusivement de causes ou de facteurs externes. Par conséquent, elle aura tendance à supposer que les résultats de ses efforts ne dépendent pas directement d’elle-même.

Ainsi, les personnes avec un LC externe fortement développée ont des attentes instables. Plutôt que de se battre pour obtenir un résultat, elles attendent de voir si leur souhait sera éventuellement satisfait.

Prenons un exemple. Un étudiant qui a tendance à avoir un LC interne développera une grande estime de lui-même et il manifestera des attentes optimistes quant à l’avenir. Son estime de lui-même implique l’acceptation, le respect et l’amour de soi.

En revanche, un étudiant ayant un LC essentiellement externe attribuera son succès au destin ou à la chance. Il lui sera donc difficile de considérer que le succès dépend directement de lui-même. Cela pourra l’amener à penser que l’avenir ne vaut pas la peine d’être planifié.

Un étudiant garçon en train de lire un livre.

Le concept de compétence d’efficacité

Lorsqu’une personne évalue sa propre capacité de réalisation de ses objectifs, elle mesure sa compétence d’efficacité. Elle peut alors s’estimer efficace ou non. Cette compétence est étroitement liée à la notion d’internalité. Les attributions internes contribuent plus que tout autre chose à renforcer l’estime de soi.

D’autre part, l’externalité ne doit pas nécessairement nuire à l’estime de soi. En effet, les personnes ayant un locus de contrôle externe ont parfois tendance à ne pas se sentir responsables. C’est notamment le cas quand elles n’obtiennent pas ce qu’elles désirent vraiment.

“Vous pouvez faire le tour du monde, mais vous devrez revenir vers vous.”

-Krishnamurti-

Comment pouvons-nous améliorer notre locus de contrôle ?

La pratique de la pleine conscience permet de mieux comprendre les situations qui se présentent à nous dans la vie quotidienne. Certaines études comme celle de Hamarta, E. et al. publiée en 2013 dans l’International Journal of Academic Research démontrent l’efficacité de cette approche.

L’étude indique même que la pleine conscience est un révélateur du locus de contrôle. La pratique quotidienne de la pleine conscience pendant 20 minutes a clairement de nombreux avantages. Elle contribue à trouver un LC équilibré dans chacune des situations auxquelles nous pouvons être confrontés.

  • Rotter, J. B. (1966). Generalized expectancies for internal versus external control of reinforcement. Psychological monographs: General and applied80(1), 1.
  • Visdómine-Lozano, J. C., & Luciano, C. (2006). Locus de control y autorregulación conductual: revisiones conceptual y experimental. International Journal of Clinical and Health Psychology6(3).