Qu'est-ce que l'angoisse de séparation de couple ?

23 décembre, 2020
Certaines personnes ne supportent pas l'idée d'être séparées de leur conjoint, ni même une journée. Le niveau d'attachement est si intense et déformé que, en cas de rupture, les effets émotionnels sont dévastateurs. Nous en parlons ici.

Toute les ruptures affectives sont plus ou moins douloureuses. Certaines laissent même des séquelles. D’autres peuvent être vécues de manière vraiment pathologique. C’est ce qui arrive aux personnes qui fondent leur relation sur une dépendance émotionnelle absolue. Elles souffrent alors fréquemment de ce que nous appelons l’angoisse de séparation de couple.

Jusqu’à récemment, le trouble d’angoisse de séparation était exclusivement associé à l’enfance. Ce trouble concerne ainsi les enfants qui souffrent beaucoup lorsqu’ils sont séparés de leurs figures d’attachement. Des événements tels que aller à l’école, voir les parents partir travailler ou même dormir seuls, génèrent chez eux une forte anxiété.

On observe souvent ce type de manifestations chez les familles dont le modèle parental est hyperprotecteur. Mais la peur d’être séparé de ses figures d’attachement peut également apparaître après l’enfance et l’adolescence.

De nombreux adultes éprouvent en effet des symptômes véritablement dévastateurs lorsqu’ils voient leur relation affective se briser. Anxiété excessive, peurs, symptômes psychosomatiques, problèmes d’insomnie, inquiétude constante… Les personnes se sentent impuissantes et nécessitent une approche psychologique très particulière. Voyons cela plus en détail.

Une femme qui souffre d'angoisse de séparation de couple.

L’angoisse de séparation de couple : symptômes, origine, stratégies

Le simple fait d’être séparé de son conjoint pendant quelques jours est parfois douloureux. Certaines personnes le vivent néanmoins de manière plus intense et même traumatisante.

Les psychologues évolutionnistes soulignent que le lien du couple finit par avoir la même signification que le lien père-fils ou mère-fils. Les mêmes neurochimiques sont en fait présents : l’ocytocine, la vasopressine, la dopamine …

Lisa Diamond, psychologue sociale à l’Université de l’Utah, explique dans une enquête qu’il existe en réalité de nombreuses similitudes entre les relations filiale et les relations de couple. Nous avons besoin de la proximité de cette figure que nous aimons. Nous recherchons son bien-être.

Cet attachement peut parfois cesser d’être sain et devenir clairement obsessionnel. À tel point que des situations très problématiques peuvent survenir sur le plan émotionnel. Le trouble d’angoisse de séparation de couple est un exemple.

Ce trouble résulte essentiellement du fait que le cerveau traite cette expérience comme une menace, comme un événement traumatisant. La production de cortisol est immense. Elle s’accompagne, qui plus est, d’un très large éventail de symptômes physiques et psychologiques.

L’angoisse de séparation de couple, qu’est-ce que c’est exactement ?

Il ne s’agit souvent pas d’une simple situation d’anxiété. Lorsque cette dernière se maintient dans le temps et s’accompagne d’une série de caractéristiques très spécifiques, il s’agit en réalité d’un trouble d’anxiété de séparation ou d’angoisse de séparation.

Selon le manuel diagnostique et statistique des troubles mentaux (DSM-V), ces conditions font partie du groupe des troubles anxieux. Les manifestations associées sont les suivantes :

  • Un haut niveau d’anxiété et de stress 
  • Des tentatives répétées pour reprendre le contact et la relation.
  • Le refus d’accepter la fin de la relation.
  • Une importante détresse émotionnelle et l’incapacité de faire le deuil normal de cette relation.
  • Une difficulté à s’endormir.
  • L’impossibilité de retrouver la normalité de son quotidien, au point de ne pas aller travailler.
  • Des changements alimentaires (manger en excès ou cesser d’avoir faim).
  • L’apparition de maladies psychosomatiques : troubles digestifs, maux d’estomac, maux de tête …

Quelle en est l’origine ?

Certaines personnes affrontent mieux que d’autres une rupture affective. D’autres mettent un peu plus de temps à s’en remettre et une part d’elles se retrouve piégée dans un état débilitant et pathologique.

C’est le cas des personnes qui souffrent d’angoisse de séparation de couple. Ces personnes présentent généralement des déclencheurs très spécifiques. Ces déclencheurs sont les suivants :

  • Une personnalité dépendante. Autrement dit, fonder toute relation sur un attachement excessif et démesuré. Dans les cas les plus extrêmes, il y a déjà un trouble de la personnalité dépendante : un comportement qui se définit par un besoin excessif de soins. Ce besoin conduit à des situations de forte soumission.
  • Un trouble de la personnalité limite. Il s’agit de cas dans lesquels être abandonné constitue la plus grande préoccupation. La peur pathologique est à l’origine des problèmes et des désaccords. La rupture se vit alors de manière très traumatisante.
  • Un lien d’attachement anxieux. Ces liens se définissent par l’inquiétude, l’insécurité, le besoin de possession et la codépendance.
Un homme qui semble triste.

Comment traiter l’angoisse de séparation de couple ?

L’approche thérapeutique pour traiter l’anxiété de séparation dépendra de la particularité de chaque cas. Une personne présentant des problèmes d’attachement n’est pas la même chose qu’une personne présentant un trouble de la personnalité limite. La thérapie cognitivo-comportementale sera toutefois la plupart du temps utile, pour diverses raisons :

  • La personne pourra acquérir des capacités d’adaptation pour maîtriser l’anxiété.
  • La gestion du deuil résultant de cette dépression émotionnelle sera facilitée.
  • La personne acquerra des compétences émotionnelles, relationnelles et d’estime de soi.
  • Divers aspects devront également être travaillés pour éviter de construire d’autres liens de dépendance émotionnelle.

En somme, s’il est vrai que la rupture n’est jamais facile, il convient de ne pas tomber dans cet extrême. Adopter une attitude passive, laisser la tristesse nous dévorer et regarder dans le rétroviseur des souvenirs est la pire option. N’hésitez pas à demander l’aide d’un professionnel.

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  • Wallin D.J. (2015) El apego en psicoterapia. Ed. Desclée de Brouwer.