Qu’est-ce que la pulsion de mort ou Thanatos ?

15 août 2019
Peu de noms sont aussi sinistres que le concept que la psychanalyse a baptisé "pulsion de mort". Néanmoins, cette pulsion, toujours destructrice, est loin d'être l'ennemie de notre survie si nous la gérons bien.

Certains moments s’avèrent profondément déchirants. Ils entraînent ou projettent la sensation d’un grand vide. Ce manque d’existence fait naître l’idée que tout est perdu. C’est précisément dans ces moments que la pulsion de mort se renforce, comme si elle bénéficiait de cette inertie qui semble nous précipiter dans le néant.

Selon la psychanalyse, une discipline qui se focalise sur l’inconscient et qui a été fondée par Sigmund Freud, les pulsions sont à l’origine de chacune des activités de notre esprit. Elles possèdent une force qui nous pousse à l’action. Leur but est de satisfaire l’excitation et elles sont associées à un organe dont elles surgissent et dans un but : quelque chose qui les satisfait.

Dans cet article, nous démontrerons que, malgré leur réputation, les pulsions ne sont pas nécessairement sexuelles. La destruction est également nécessaire pour l’être humain. En outre, nous vous expliquerons ce que signifie la pulsion de mort, pourquoi elle est également appelée « Thanatos ». Comment elle se manifeste dans notre vie et pourquoi -en dépit de son nom- elle n’est pas toujours mauvaise pour notre survie.

Une femme triste et pensive expérimentant une pulsion de mort

La pulsion de mort, qu’est-ce que c’est ?

Le Thanatos ou la pulsion de mort est une pulsion inconsciente. En outre, elle apparaît pour se rapprocher du repos absolu, autrement dit, de la non-existence. Autrement dit, la pulsion de mort nous pousse vers l’autodestruction, voire à la disparition. Il s’agit d’un concept qui va de pair avec la pulsion de vie. C’est en soi son opposé, la tendance à l’autoconstruction.

Ces deux pulsions sont toujours présentes. Elles forment une dialectique de la lutte et de l’équilibre dont le résultat est la vie en elle-même, la conservation en soi. Que Thanatos soit une force en faveur de la dissolution ne signifie pas qu’elle soit toujours négative, ou que la pulsion de vie soit toujours positive.

La pulsion de mort et ses manifestations

Dans le domaine de la psychanalyse, la présentation de certains concepts peut nous faire peur du fait de sa complexité. Ainsi, dans de nombreux cas, ils ne s’appliquent pas ou ils sont écartés. Après cette première frayeur, nous vous indiquons sous quelles formes se manifeste la pulsion de mort. Nous simplifierons ainsi son sens et donc sa compréhension, tout en sachant que cela desservira la précision.

  • Agressivité : quand nous sommes agressifs, nous détruisons. Que ce soit les autres, la nature ou nous-mêmes. Cela est dû au fait que nous cherchons à faire du mal. De fait, Sigmund Freud dans son livre Le Malaise dans la civilisation montre l’agressivité comme le plus grand obstacle au développement de la culture
  • Maladie mentale : lorsque l’on souffre d’une maladie mentale, on a tendance à se faire du mal. Un exemple clair est le trouble de la personnalité borderline, ou trouble de la personnalité limite.
  • Projection : c’est un mécanisme de défense dans lequel on projette ce qui nous arrive sur les autres
  • Peine : quand quelque a tendance à ne pas nous satisfaire, à nous angoisser ou à nous provoquer un malaise, la pulsion de mort se manifeste

Certes, la pulsion de mort est liée à d’autres principes. Elle est associée au principe de réalité, qui est celui qui nous aide à réguler. En effet, d’un côté, le principe du plaisir agit dans la recherche de la satisfaction. D’un autre côté, celui de réalité nous dit « stop », quand ce n’est pas approprié. Nous vivons ainsi en société d’une manière assertive. Le principe de nirvana est également associé. C’est le principe qui a tendance à mener au néant, au repos total, autrement dit à la mort.

Un homme qui traverse une pulsion de mort

Cette pulsion est également positive

Certes, Thanatos peut nous mener sur le chemin de l’autodestruction. Son influence n’est pas pour autant négative par définition. D’un côté, de chaque instant de la vie dans lequel nous autodétruisons, nous pouvons apprendre. Cela permet de générer l’opportunité de travailler la résilience, cette force qui nous permet d’affronter les obstacles.

D’un autre côté, la pulsion de mort est également liée au repos, qui est très important pour la survie. Si nous l’envisageons sous cet angle, autrement dit, comme un réflexe d’adaptation, nous lui enlevons ce caractère obscur qui semble lui être associé.

Mais, pourquoi l’adaptation ? En effet, dans de nombreuses situations, elle nous permet de lutter et de nous défendre. On y associe également le moment de l’orgasme. D’un côté, la pulsion de vie recherche la satisfaction sexuelle. De l’autre côté, le Thanatos est lié au moment de décharge ou de retour, autrement dit avec le point à partir duquel nous retournons au repos.

En outre, la pulsion de mort facilite notre séparation avec les objets. Cela nous permet de nous identifier, d’être authentiques et de ne pas fusionner avec eux au niveau mental. En somme, Thanatos est aussi destructeur que réparateur. Il est essentiel pour la survie et agit main dans la main avec la pulsion de vie, sans s’en séparer. Il s’agit d’une force inégalable de laquelle nous avons beaucoup à apprendre.

 

  • Freud, S. (1976/1920). Más allá del principio del placer. Obras completasBuenos Aires: Amorrortu.
  • Freud, S. (2016). El malestar en la cultura. (Vol.328). Ediciones Akal.