Qu’est-ce que la psychophysiologie ?

· 30 janvier 2019
L'objectif de la psychophysiologie est d'étudier le comportement humain et les processus qui l'organisent. Pour ce faire, cette discipline utilise des techniques qui permettent de capter des signaux physiologiques.

La psychophysiologie est la branche de la psychologie liée aux bases physiologiques des processus psychologiques. C’est une discipline de la psychobiologie et son objet d’étude est l’être humain. L’objectif de la psychophysiologie est l’étude du comportement et des processus qui l’organisent. Plus précisément, il s’agit de l’étude de nos processus somatiques et physiologiques.

Depuis sa naissance au cours du dernier tiers du XIXe siècle, jusqu’à nos jours, son objet d’étude est resté constant. Cependant, les progrès technologiques et l’influence des différents courants de pensée ont modulé la manière d’aborder l’étude du cerveau par rapport au comportement.

Aujourd’hui, le cerveau fait l’objet de recherches faisant appel à des techniques provenant de diverses disciplines. Ainsi, on peut trouver une relation entre la psychophysiologie et la psychologie physiologique, la neuropsychologie, la psycho-endocrinologie, la psycho-neuro-immunologie ou le domaine psychobiologique des neurosciences.

Revues et sociétés dédiées à la Psychophysiologie

Voici certaines des revues qui transmettent les connaissances liées à cette discipline :

  • Psychophysiology, depuis 1964
  • International Journal of Psychophysiology, depuis 1983
  • Journal of Psychophysiology, depuis 1987
  • Cognitive Neuroscience, depuis 2010
  • Applied psychophysiology and biofeedback, depuis 1997
  • Société Espagnole de Psychophysiologie et de Neurosciences Cognitives et Affectives

Quelques généralités sur la psychophysiologie

Comme nous l’avons déjà mentionné, l’objectif de la psychophysiologie est d’étudier le comportement humain et les processus qui l’organisent. Pour ce faire, cette discipline utilise des techniques qui capturent des signaux physiologiques. Tous ces signaux captés sont traduits en signaux électriques à analyser.

Ainsi, pour obtenir le signal psychophysiologique, il faut d’abord capter ce signal. Il peut s’agir directement d’électricité ou de bioélectricité ou indirectement de bioélectricité. Certains des instruments qui peuvent être utiles pour capturer les signaux sont la thermistance ou le photopléthysmographe. Une fois le signal physiologique capté et transmis par les capteurs, il peut être transformé, amplifié, filtré et/ou calibré.

Enfin, pour obtenir le signal, il est nécessaire de faire un enregistrement. Ainsi, ceci peut être effectué sur du papier quadrillé déplacé à vitesse constante dans lequel il est enregistré à l’aide d’oscillographes et de stylos à encre. Cela peut aussi se faire grâce à un ordinateur, lorsque la phase d’amplification se termine. Ce dernier processus est plus dynamique et facilite la manipulation du signal.

psychophysiologie et cerveau

Pour expliquer le signal psychophysiologique, il faut d’une part l’analyse et d’autre part l’interprétation du signal. Ainsi, dans le signal psychophysiologique, on analyse les paramètres suivants :

  • Amplitude
  • Fréquence (Hz)
  • Forme d’onde
  • Temps de latence de réponse (ms.)
  • Cycle
  • Intervalle
instruments de psychophysiologie

Types d’enregistrement de base

Le signal peut être enregistré en mode monopolaire ou bipolaire.

  • Monopolaire (endosomatique) : une électrode est placée sur une partie active de la peau et une autre sur une partie inactive. Par exemple, l’électroencéphalogramme (EEG) donne un enregistrement monopolaire.
  • Bipolaire (exosomatique) : enregistrée par deux électrodes situées en deux points électriquement actifs. Par exemple, l’électrocardiogramme fonctionne de cette façon.

Types de réponse psychophysiologique

La réponse psychophysiologique obtenue peut prendre trois formes.

  • Tonique. Désigne le niveau basal ou de repos dans l’activité d’une mesure psychophysiologique, c’est-à-dire sans application de stimulation.
  • Phasique. C’est la réponse ou le degré de réactivité à un stimulus spécifique. C’est un changement de passager au niveau tonique.
  • Spontanée ou non spécifique. Ce sont des réponses psychophysiologiques spontanées. Elles apparaissent en l’absence d’un stimulus connu et indiquent le degré de labilité et d’activation générale.

Quelle analyse peut-on faire de la réponse psychophysiologique ?

De la réponse psychophysiologique, on analyse :

  • L’activation ou l’éveil : cette activation est la libération d’énergie qui se produit chez le sujet analysé. Cette mesure établit un lien entre les changements psychophysiologiques et les changements de comportement.
  • L’habituation : cessation ou réduction de l’amplitude des réponses à la suite d’une activation répétée.

En plus de ce qui précède, en psychophysiologie, il est important de tenir compte du contexte de l’enregistrement. Le signal peut être enregistré sur le terrain ou en laboratoire. Si l’enregistrement est effectué en laboratoire, certaines variables telles que la température, l’humidité et la lumière, entre autres, devront être contrôlées.

De cette façon, la tâche expérimentale se déroulera en plusieurs phases. Tout d’abord, avant la tâche, il est important de connaître les caractéristiques et les réponses physiologiques du sujet que nous allons analyser. Il y aura ensuite une phase d’adaptation, suivie d’un registre « basal », d’un registre de stimulation et d’un registre post-estimation.

Enfin, il faut mentionner la nature de la psychophysiologie en tant que branche dans laquelle différentes disciplines se rencontrent. La conséquence la plus immédiate de ce fait est qu’une grande partie de ses connaissances est générée sur la base de celles produites par d’autres sciences. D’autre part, les connaissances qu’elle génère peuvent également servir à d’autres sciences. Il s’agit sans aucun doute d’une discipline fascinante.

 

  • Kakarot, N.; Mueller, F.; Bassarak, C. (2012). “Activity–rest schedules in physically demanding work and the variation of responses with age”. 
  • Fabiani, M (2012). “It was the best of times, it was the worst of times: A psychophysiologist’s view of cognitive aging”. Psychophysiology.