Qu'est-ce que c'est et comment prévenir le syndrome du colocataire ?

Il y a des moments où l'amour se refroidit soudainement et, presque sans savoir comment, ils cessent d'être amants et deviennent deux bons compagnons sans intimité. Si cette expérience vous est familière, lisez cet article pour savoir ce que vous pouvez faire.
Qu'est-ce que c'est et comment prévenir le syndrome du colocataire ?
Valeria Sabater

Rédigé et vérifié par Psychologue Valeria Sabater.

Dernière mise à jour : 20 juin, 2023

Où vont la passion, l’intimité et la complicité quand l’amour s’épuise ? Que s’est-il passé pour que, presque sans savoir comment, un couple vive dans la même maison, mais que le sexe disparaisse dans cette équation relationnelle ? C’est la même chose que se demandent ceux qui dérivent de ce qu’on appelle le “syndrome du colocataire”.

Quand le désir devient obsolète dans un couple et que la sexualité cesse de se conjuguer dans ce langage, tout perd son sens dans un lien affectif. Malgré cela, nombreux sont ceux qui continuent, partageant des espaces physiques, mais pas des coins émotionnels. Y a-t-il de l’espoir dans ces situations ? Est-il possible de faire quelque chose à ce sujet ?

Dans le syndrome du colocataire, le couple entretient un lien respectueux et cordial ; presque sans savoir comment, ils deviennent de bons amis, sans intimité émotionnelle et physique.

Syndrome du colocataire : définition et caractéristiques

Votre relation est devenue routinière et manque d’étincelle, d’enthousiasme et de projets futurs ? Est-ce que les phrases « je suis fatigué » ou « je n’en ai pas envie en ce moment » apparaissent toujours ? Vous partagez un logement, mais les caresses, les bisous et la complicité ne sont plus au rendez-vous ? Ainsi, il est probable que vous mettiez en évidence cette réalité assez courante, bien qu’elle ne définisse aucune catégorie clinique.

Le syndrome du colocataire caractérise les couples qui vivent ensemble malgré le manque d’intimité sexuelle-affective.

Ce sont deux amis bien assortis qui paient le même prêt hypothécaire, partagent les tâches ménagères, élèvent peut-être des enfants et s’occupent même d’animaux de compagnie. Mais la passion craque ou se dessèche comme une plante qui ne reçoit plus d’eau. Ensuite, nous développons d’autres particularités qui définissent cette situation.

1. La coexistence est bonne

La principale caractéristique du syndrome du colocataire est que ce sont des couples asexués qui s’entendent. Il n’y a pas de conflits qui provoquent une grande désaffection, de l’angoisse et des distances. Il y a une bonne gestion des responsabilités et une harmonie acceptable dans la coexistence, ce qui justifie de ne pas devoir rompre cette relation immédiatement.

De bonnes conversations et même des passe-temps communs se poursuivent. D’une manière ou d’une autre, le couple prolonge cette circonstance car ils espèrent qu’à un moment donné, le lien retrouvera la passion perdue ou usée.

Une bonne partie des ruptures de couple sont causées par le poids de la routine et la perte de complicité affective.

2. Le sexe n’est plus présent

La sexualité n’est plus présente dans cette conjonction relationnelle du couple. Et ce n’est pas quelque chose qui s’accepte avec plaisir, mais qui se vit avec tristesse et sans vraiment savoir pourquoi on en est arrivé là. Il se peut que ce manque de libido ait débuté chez l’un des membres, jusqu’à ce que, petit à petit, l’autre perde l’envie et l’initiative.

Alors, pourquoi ce manque d’intérêt pour le sexe ? L’Université de Southampton a mené une étude dans la population britannique sur ce phénomène, dans laquelle des hommes et des femmes ont révélé, entre autres aspects, que le manque d’intérêt était dû à des facteurs tels que le fait de ne pas se sentir émotionnellement proches de leurs partenaires dans les relations sexuelles, par exemple.

La vérité est que dans cette affaire, on ne peut même pas parler de différences de genre, la réticence sexuelle doit toujours être abordée de manière holistique, car diverses variables entrent en jeu.

3. La relation est soutenue par des responsabilités communes

Pourquoi un couple qui n’a pas d’intimité sexuelle-affective continue-t-il cette relation ? Le syndrome du colocataire repose sur l’idée qu’une relation peut perdurer lorsqu’il y a une bonne coexistence et des responsabilités communes. Parfois, le coût de la rupture d’un lien est plus élevé que le fait de le poursuivre, malgré le fait qu’il n’y a pas d’intimité.

Le couple continue parce qu’il est ancré à la routine du travail, à l’entretien de la maison et à ces dynamiques quotidiennes qui remplissent le temps, mais pas le cœur.

4. La routine étouffe, mais on a peur de rompre la relation

Des travaux tels que ceux passés en revue dans la revue Evolutionary Psychology soulignent que l’impact de la rupture peut être très difficile à gérer pour les deux parties. Si les couples qui souffrent du syndrome ne quittent pas cette relation, c’est par peur de la solitude et parce qu’il y a encore une composante affective.

La routine est le principal ennemi des liens passifs de ce couple sans sexe qui se termine par une amitié respectueuse, mais dépourvue d’illusions, de passions et du langage du physique.

5. Dans le syndrome du colocataire, il y a de l’amour, mais il manque de soins

Une partie importante des relations de couple est fragmentée par la négligence, par le fait de ne pas savoir s’occuper de l’amour. C’est l’exemple clair du syndrome. Dans ce cas, il y a des liens dans lesquels l’estime et l’admiration naviguent encore, mais ce sont des liens d’attention négligés, vides de renfort et de validation.

Il reste donc un sentiment latent d’abandon que, même s’il fait mal, on essaie de réprimer en se concentrant sur les routines et les obligations quotidiennes. Ne pas trop réfléchir pour ne pas souffrir les fait choisir de s’accrocher à des projets communs et non à la relation qui les définit et qui s’effondre.

6. Vous évitez de parler de ce qui se passe

Dans le syndrome du colocataire, il y a un manque évident de communication. Le couple sans sexe évite à tout prix de parler de ce manque d’intimité sexuelle-affective et recourt plutôt à des excuses. Cela peut être justifié par le fait que cette situation est temporaire et que les choses vont changer à un moment donné.

Cependant, si l’approfondissement de cette distanciation est évité, c’est parce qu’il génère une grande souffrance de prendre conscience de l’abandon de l’attention au lien.

Couples sans sexe : comment faire face à cette situation ?

Lorsque l’intimité sexuelle-affective n’est plus présente dans une relation et que, malgré cela, vous passez à autre chose, vous finissez par cacher tous vos problèmes sous le tapis. Vous ne voulez pas les voir. Vous avez peur d’affronter cette situation de peur de perdre complètement votre partenaire.

Dans ces cas, il convient de se demander, en premier lieu, quelque chose d’aussi simple que : « Suis-je heureux dans cette relation ? Est-ce ce que je lasouhaite à long terme ? Si la réponse à ces questions est non, réfléchissez aux clés que vous devez appliquer et que nous détaillons ci-dessous.

1. Parlez : de quoi as-tu besoin, de quoi ai-je besoin ?

Frontiers in Psychology souligne dans un article que la communication est le cœur ou la pierre angulaire d’un lien affectif. C’est le moteur qui fait tout bouger et la compétition dans laquelle tout le monde devrait se qualifier.

Dans le cas de ce syndrome, il est conseillé de s’asseoir avec son partenaire et, de manière empathique, sensible et affirmée, de parler de ce dont chacun a besoin. L’honnêteté et la capacité de dialoguer sans rejeter le blâme seront le catalyseur.

2. Travail sur l’affection et la communication émotionnelle

Le langage émotionnel est l’artère qui nourrit une relation. Si vous souhaitez retrouver une intimité sexuelle-affective, il est pertinent de faire un effort pour aborder les soins mutuels, l’attention et les détails quotidiens. Sans intentionnalité émotionnelle et soin, sans engagement à s’occuper des intrigues émotionnelles d’une relation, il sera difficile de redevenir un couple à part entière.

3. Allez-y lentement, sans avoir de grandes attentes

Lorsque vous songez à rétablir la relation, il est courant d’avoir des attentes très élevées et de vouloir des changements rapides. Les couples sans sexe ne retrouvent pas la passion du jour au lendemain, il vaut mieux s’engager dans un travail délicat, lent et engagé. Laisser couler l’amour pour construire un nouveau désir authentique prend du temps.

Pour vaincre le syndrome du colocataire, il faut casser les routines et retrouver le langage du soin, de l’attention et de l’affection au quotidien.

4. Changer la routine, surprendre, improviser

La routine étouffe la passion, tout comme les obligations du travail, si peu propices à l’émergence de la magie de l’improvisation à deux. Que le but soit de brouiller au maximum les routines et de se surprendre par des rendez-vous inopinés, par des déplacements de dernière minute. L’illusion est aussi travaillée.

Quand demander de l’aide pour faire face au syndrome du colocataire ?

A terme et si les progrès que vous souhaitez ne viennent pas, il sera toujours judicieux de demander l’aide d’un professionnel. Gardez à l’esprit que le phénomène des couples sans sexe est quelque chose de très fréquent et cela ne devrait pas générer d’objection ou de honte lors de la demande de soutien.

S’il y a de l’amour et, surtout, la volonté claire et engagée des deux de travailler sur cette relation, la thérapie de couple sera très utile. Ne renoncez pas à franchir le pas.


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