Asexualité : tu me plais, mais tu ne m’attires pas sexuellement

· 26 janvier 2017

Nous avons découvert de nouvelles orientations sexuelles qui sont loin de l’hétérosexualité normative qui s’est imposée dans de nombreuses sociétés pendant des siècles. Nous parlons désormais naturellement d’homosexualité, de bisexualité ou de pansexualité, surtout les plus jeunes générations. Peu à peu, on admet l’idée que diversité est synonyme de liberté et d’enrichissement, ce qui nous encourage à définir de façon particulière notre propre orientation sexuelle.

L’orientation sexuelle engloberait l’attirance sexuelle, érotique, émotionnelle ou amoureuse envers un groupe déterminé de personnes définies par leur sexe. Si nous nous concentrons sur la partie de l’attirance, nous rencontrons un ensemble de personnes qui commence à s’identifier en tant que groupe. Nous parlons ici de l’asexualité ou, ce qui revient au même, de ces personnes qui ne ressentent aucune attirance sexuelle pour personne, ce qui n’implique pas que sous d’autres aspects elles ne puissent pas aimer une personne ou tomber amoureuses.


« Imaginez comment peut se sentir un-e adolescent-e qui ne ressent pas le besoin de faire des expériences sexuelles avec quelqu’un et qui, en outre, croit qu’iel doit entrer dans l’une des orientations sexuelles connues. »

Lucía, auteur de « Journal d’une asexuelle »


L’asexualité n’est pas une conséquence

Si nous considérons cette absence totale d’attirance comme une anormalité, essayons de répondre à une question : pourquoi cela s’est-il produit ? Nous pouvons penser que, peut-être, ces personnes ont vécu une mauvaise expérience : un conditionnement si puissant que toute idée liée au sexe les repousse.

Après ces expériences, la personne, dans son besoin de se protéger, cesse d’avoir ces pulsions sexuelles envers les autres. Mais ceci n’est pas l’asexualité. Songer à justifier cette réalité de cette manière signifie la dénaturer et être bien loin de la réalité. Souvenons-nous que l’asexualité reflète un manque d’intérêt pour le sexe et non pas une peur ou une aversion de soi-même. Il semble juste que, tout simplement, cette activité n’intéresse pas les personnes asexuelles, de la même façon que beaucoup de choses ne vous intéressent pas.

Elles ne se sentent pas motivées à avoir des relations sexuelles, et ce quels que ce soient le-a partenaire ou le type de relation. Cela aurait-il quelque chose à voir avec la religion ? Avec une culture déterminée ? Une nouvelle fois, nous réitérons notre non. Il s’agit simplement d’une nouvelle façon de vivre et de voir les relations différemment de la majorité des gens.


« Je me suis torturée pendant des années à essayer de trouver quelqu’un qui réveillerait mon désir et peu m’importe si c’était un homme ou une femme. Après des années et de nombreuses expériences ratées, j’ai décidé de m’accepter telle que je suis. Peu après, j’ai découvert l’asexualité sur Internet et, ce jour-là, tous mes conflits internes ont disparu. »

-Lucía, auteur de « Journal d’une asexuelle »


Si vous voulez en savoir un peu plus sur l’asexualité, nous vous conseillons de regarder cette vidéo intéressante qui reflète la façon dont la vivent les personnes dans une société où le sexe a un rôle si important. Combien de personnes sont asexuelles ? Combien ne le savent pas ? Comment vivent-elles leur relation de couple ?

Les relations de couple

Il est important de consacrer une aparté au si fameux monde du couple. Quand nous parlons d’une personne qui est asexuelle, qui ne ressent pas cette pulsion érotique envers les autres : a-t-elle des facilités à trouver un-e petit-e ami-e ? Ce qui est certain, c’est qu’elle n’a aucun problème.

Les personnes asexuelles peuvent parfaitement tomber amoureuses. Elles vivent l’amour romantique. Elles aiment les câlins, les baisers. Elles veulent sentir cette connexion avec l’autre personne mais n’ont aucun désir charnel. Elles peuvent vivre en couple sans problème. Bien qu’il soit nécessaire de mentionner qu’il y a aussi des personnes asexuelles qui se déclarent aromantiques.

Le plus habituel est que les personnes asexuelles cherchent des conjoints qui soient comme elles. Mais même ainsi, que se passe-t-il si elles tombent amoureuses d’une personne différente d’elles ? Rien. Les asexuel-le-s ne rejettent pas le sexe. Ils ne se sentent simplement pas attirés par les personnes de cette façon. Si vous n’avez pas envie de manger une pomme, il est probable que vous ne pensiez pas à ce fruit. Vous la mangeriez ? C’est possible, pour faire plaisir à quelqu’un qui insiste en disant que c’est bon pour vous, mais vous n’auriez pas un intérêt particulier à le faire. C’est la même chose.

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Nous avons mentionné que les asexuel-le-s ne ressentent aucun type d’intérêt sexuel envers les autres, mais cela ne signifie pas qu’iels n’ont aucune sexualité ou qu’iels ne l’apprécient pas. Les personnes asexuelles peuvent aussi se masturber. La pulsion sexuelle est une chose, et le désir pour quelqu’un en est une autre. Cependant, iels ne profitent pas du sexe comme peuvent le faire les personnes qui n’entrent pas dans le champ de l’asexualité. Pour les personnes asexuelles, un orgasme est loin d’être la meilleure chose au monde.


« L’idée que vous puissiez regarder ou connaître une personne et vous sentir sexuellement attirée par elle est quelque chose dont beaucoup de personnes font l’expérience, et c’est super, mais ça ne m’arrive jamais »

-Evie, polyamoureuse et asexuelle-


En Espagne a été fondée la première association des asexuels, Asexual Community España (ACE), avec le but de faire connaître cette « non-orientation sexuelle » à laquelle certaines personnes peuvent se sentir identifiées. Parce que l’amour et le sexe n’ont pas toujours à avancer main dans la main et ceci en est un bon exemple (mais pas le seul).