Quelle est l’influence des expériences traumatiques pendant l’enfance ?

· 29 septembre 2016

Vivre des expériences traumatiques pendant l’enfance laisse des séquelles à l’âge adulte.

Mais, comment donc ces expériences traumatiques influencent-elles la vie des enfants ? Comment affectent-elles leur comportement ? Comment influent-elles sur leur façon d’apprendre ?

Une étude récemment réalisée a analysé comment les expériences défavorables ayant lieu dans l’enfance précoce, incluant l’emprisonnement d’un des deux parents et la maltraitance physique et psychologique, empêchent l’apprentissage et le développement du comportement depuis l’âge préscolaire.

L’étude a été réalisée par des chercheurs de l’Ecole de Médecine Jonhson Robert Rutgers et a été publiée par Pediatrics, une revue de l’Académie Américaine de Pédiatrie.

L’importance de l’étape préscolaire pour les résultats scolaires futurs

Selon les chercheurs, l’étude a révélé que les enfants vivant dans les grandes aires urbaines et qui ont été exposés à des événements traumatiques dans l’enfance précoce sont plus exposés au risque d’avoir des problèmes d’apprentissage et de comportement.

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Les chercheurs ont examiné les informations d’autres études qui répertoriaient les expériences défavorables vécues dans l’enfance, selon ce qu’on sait par le tuteur principal, ainsi que les résultats donnés par le maître pour ce qui est des notes obtenues et le comportement de l’enfant pendant la phase d’éducation préscolaire.

On a choisi cette étape car on sait que c’est un moment de la vie d’un enfant où on peut prédire les résultats scolaires et les capacités sociales futurs.

Les résultats de l’analyse indiquent un schéma où les enfants qui ont vécu un plus grand nombre d’expériences défavorables ont eu un comportement se situant en dessous de la moyenne scolaire, comportementale et sociale.

Finalement, les capacités de langage et d’alphabétisation étaient également sous la moyenne.

Dans des conditions de faible attention et d’agression de la part des adultes, les inquiétudes pour le comportement de ces enfants ont augmenté.

« Les résultats de notre étude sont primordiaux, car ils mettent en évidence d’importants facteurs de risque pour la future lutte scolaire, ajoutant le risque de mauvais résultats de santé qui déjà sont associés à l’exposition au traumatisme pendant l’enfance précoce, disent les chercheurs. Nous espérons que notre travail puisse fomenter la collaboration entre les éducateurs et les professionnels de la santé pour soutenir les enfants soumis à des risques ainsi que leurs proches. »

Protéger les jeunes enfants des expériences traumatiques

Protéger les enfants, cela ne veut pas dire les mettre dans une bulle. Cependant, quand ils sont petits, leur compréhension du monde et leur façon d’interpréter ce qui arrive autour d’eux n’est pas la même que celle que l’on a à l’âge adulte.

Le psychologue Jesús. F.J. Ramírez Cabañas explique que les expériences traumatiques ayant eu lieu avant les 11 ans génèrent trois fois plus de problèmes émotionnels et comportementaux que si ces expériences étaient vécues plus tard.

L’impact psychologique de ces situations a tendance à persister et se fait plus grand avec le temps.

Cependant, les parents ont tendance à sous-estimer l’intensité et la durée des situations stressantes de leurs enfants.

Ces réactions varient en fonction de l’âge, de la capacité intellectuelle, de la personnalité et des aspects sociaux.

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Ramírez Cabañas explique aussi que l’impact que les adultes ont sur les enfants dont ils prennent soin a un effet extrême sur leur capacité à se rappeler des expériences traumatiques.

Par exemple, la nature traumatique de la perte d’un être cher peut générer un manque de défense chez les enfants.

En général, les problèmes les plus communs générés par le stress post-traumatique et autres formes d’anxiété sont le deuil, la dépression, le comportement agressif et provocant, des symptômes physiques, une baisse de l’estime de soi et des difficultés scolaires et sociales.

Comment agir avec les enfants qui ont souffert d’une expérience traumatique ?

Ramírez Cabañas explique que, quand un enfant souffre d’une expérience traumatique, le plus important, c’est d’agir de la façon la plus rapide possible pour éviter les effets du stress post-traumatique.

Le stress post-traumatique peut apparaître sous forme d’anxiété, de dépression et d’autres troubles, lesquels devraient être traités, si vient à apparaître le syndrome, qui peut apparaître même jusqu’à trois mois après.

Pour autant, il ne faut pas attendre que cela arrive, mais apprendre à l’enfant à se relaxer et à écarter ses pensées négatives pour les remplacer par des pensées positives de façon immédiate.

De plus, il faut les encourager à exprimer leurs sentiments et opinions.

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Il est aussi important d’utiliser des techniques visant à dévier leurs pensées vers des aspects plus constructifs ou ludiques, comme par exemple le fait de jouer, de faire de l’exercice physique ou de participer à des activités de groupe.

De plus, bien souvent, les enfants culpabilisent eux-mêmes du désastre ou de la perte d’un être cher. En ce sens, il est important de leur apprendre à ne pas le faire.

Enfin, il est essentiel de maintenir les enfants loin de l’information délivrée par les médias, surtout la télévision, afin qu’ils ne soient pas exposés à certaines images.