Quels problèmes sont-ils associés à la phobie sociale ?

· 14 juillet 2017

Si vous êtes une personne qui présente une phobie sociale, nous savons que par moments, vous allez très mal. Ce n’est pas que le fait de parler en public vous rend nerveux-se, non ; cela vous plonge dans une réelle panique. Quand vous êtes au milieu d’un groupe de personnes, vous avez l’impression que tout le monde vous regarde et pense que vous êtes ridicule ou que vous n’avez rien à faire ici. Vous préféreriez être chez vous plutôt que dans cette situation si horrible.

Mais tout cela ne vous arrive pas uniquement lorsque vous êtes dans une situation sociale. La simple idée de devoir aller à une fête ou une réunion vous stresse. Vous trouvez les excuses que vous pouvez pour éviter d’y aller, vous donneriez tout pour vous défiler… Mais, que pouvez-vous faire pour cela ?


« L’homme qui a peur sans danger apparent invente le danger pour justifier sa peur. »

– Alain Emile Chartier –


La phobie sociale : qu’est-ce que c’est ?

En premier lieu, voyons ce qu’est une phobie. Les phobies sont ces peurs intenses d’une stimulation ou d’une situation particulières. Le fait est que cette crainte est irrationnelle ; autrement dit, elle est présente même quand le danger n’est pas réel. De plus, on ne la ressent pas au bon moment et c’est une peur plus grande de celle que l’on devrait avoir logiquement. Ainsi, elle interfère inutilement dans notre vie normale.

La phobie sociale se centre sur ces situations d’interaction sociale. Puisque nous vivons en contact constant avec d’autres personnes, elle peut facilement interférer de manière importante dans nos habitudes et notre vie quotidienne. Si au contraire on a un autre type de phobie, comme celle des araignées ou des serpents, elle ne nous conditionnera pas tant que cela si on vit en ville, puisque nous ne croisons pas d’araignées ou de serpents dans notre vie quotidienne. Vous voyez la différence ?

Le fait est que nous sommes tou-te-s nerveux-ses lorsque l’on s’apprête à rencontrer de nouvelles personnes ou bien avant de nous exposer en public, mais une fois que l’on brise la glace, on peut profiter de l’expérience. Cependant, ce n’est pas le cas des personnes qui ont une phobie sociale, qui elles vont présenter des désajustements comportementaux marqués, la plupart desquels vont précisément renforcer la phobie elle-même.

Comment fonctionnent les biais cognitifs des gens qui ont une phobie sociale ?

Il est très important de mettre en évidence le fait que cette phobie influe considérablement sur ce que l’on pense et sur comment on le fait. En d’autres termes, d’un côté, il y a les biais cognitifs, qui sont les manières qu’a notre cerveau de traiter l’information de notre environnement.

Dans ce cas, les personnes atteintes de phobie sociale sont généralement plus attentives au fait de savoir si les gens les regardent ou non et aux signaux qu’émet leur propre corps sur le mal-être qu’elles ressentent (rougissement, tremblement de la voix, etc). De plus, elles ont tendance à interpréter ces stimulations de manière négative pour elles. Mais ce n’est pas tout ; elles se souviennent dans une grande mesure des situations sociales à caractère négatif et les prennent comme référence pour évaluer celles qui se présentent sur le moment.


« La peur est toujours disposée à voir les choses pires que ce qu’elles le sont vraiment. »

– Livio –


Prenons un exemple. Une personne présentant une phobie sociale sera plus attentive aux gestes des autres quand elle parle avec elleux et les interprétera négativement. De plus, elle se souviendra de ce moment comme d’une situation concrète à l’occasion de laquelle elle ne s’est pas bien entendue avec les gens qu’elle rencontrait, ce qui renforcera ses idées et le processus en général…Vous voyez ?

Quelles craintes ont les personnes qui ont une phobie sociale ?

Les biais cognitifs étant présentés, on peut en déduire les différents types de craintes et de peurs qui tendront vers la phobie sociale. N’est-ce pas ? D’un côté, on a la peur qu’apparaissent des signaux physiques qui indiqueraient que nous sommes nerveux-ses. De plus, on craint de devenir le centre de l’attention dans des situations interpersonnelles.

Mais il n’y a pas que cela ; on craint aussi que les autres regardent ou observent ce que l’on est en train de faire, ou encore de faire de nouvelles rencontres. De plus, apparaît la peur de manger, de boire ou de parler en public, ainsi que de passer des appels téléphoniques ou de faire des gestes.

Toutes ces craintes sont liées directement à un fait très concret ; la peur de paraître ridicule ou d’être évaulé-e-s négativement. De fait, on anticipe que cela peut arriver et c’est ainsi que l’anxiété apparaît. Cette anxiété est si forte qu’elle nous bloque dans des situations sociales, de manière à ce que finalement on se comporte exactement comme on avait anticipé qu’on le ferait et que l’on agisse de manière inadaptée.


« L’anxiété est un petit ruisseau qui traverse l’esprit. Si on l’alimente, il peut devenir un torrent qui entraînera toutes nos pensées. »

– A. Roche –


Ainsi, se renforce donc notre idée initiale consistant à penser que l’on ne vaut rien, mais nous ne nous rendons pas compte du fait qu’en réalité, nous nous boycottons nous-même. C’est pourquoi la phobie sociale requiert un traitement psychologique, et ce n’est que mieux s’il est cognitivo-comportemental. C’est un trouble qui conditionne de manière considérable les personnes qui en soufrent, et il est très compliqué de modifier ce type de pensées sans l’aide d’un-e professionnel-le qualifié-e.

 

Images de Rawpixel, Blake List et Kevin Curtis