L’anxiété et ses questions

26 mars 2017 dans Emotions 148 Partagés

L’anxiété est un état qui naît de l’interprétation qu’il existe d’un danger ou d’une menace autour de nous, face auxquels nous devons fuir ou faire face, si nous voulons survivre.

Aujourd’hui, nous la qualifions d’état négatif que nous ne devrions pas ressentir, à cause des symptômes physiologiques désagréables et la privation de liberté qu’elle génère. Mais il est évident que, bien gérée, l’anxiété est une émotion saine et très malléable sans laquelle nous n’aurions pas survécu.

De nos jours, de nombreuses personnes souffrent d’anxiété dans le monde entier et elle se manifeste de nombreuses manières, mais elles ont toutes en commun le fait que les personnes qui en souffrent interprètent la réalité comme une menace, comme quelque chose de terrible ou comme une catastrophe qui est sur le point d’arriver.

La personne anxieuse croit sans hésitation que quelque chose de très grave va arriver et qu’il faut se préparer, que ce soit pour fuir et rester sain-e et sauf ou pour lutter et se défendre.
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En général, les pensées négatives provoquées par l’émotion de l’anxiété prennent la forme de questions. Ces questions nous guident pour confirmer nos propres croyances, que ce soit des besoins d’approbation, de perfection, de sécurité etc.

Ici, l’émotion a pour fonction de nous aider à atteindre nos objectifs, qui dans le cas de l’anxiété, sont de fuir ou d’attaquer. Et elle le fait via le comportement. Mais quand nous sommes anxieux-ses, à un niveau très grave, l’émotion ne nous aide pas, mais entrave l’action et nous met des bâtons dans les roues, dans tous nos projets.

La clé pour que cela n’arrive pas réside dans le fait de changer nos interprétations tout en modifiant notre manière de nous comporter. C’est pour cela que nous devons être capable de détecter nos croyances, de les questionner, d’en débattre et de les remplacer par d’autres, plus proches de la réalité.

Les questions de l’anxiété

Nous avons expliqué qu’à de nombreuses reprises, l’anxiété se manifeste avec de nombreuses questions qui nous mettent en alerte et nous activent au niveau physiologique. Ce sont souvent des questions au caractère négatif, orientées vers une réalité que nous filtrons de manière à pouvoir contempler la petite possibilité de danger, vue comme étant la plus probable.

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Anxiété généralisée : et si…?

L’anxiété de base revient toujours à se poser la question de cette petite possibilité de danger, mais l’anxiété généralisée concerne une multitude de situations de la vie quotidienne, ce qui rend très difficile le quotidien de celui/celle qui en souffre.

Le “Et si?” apparaît partout (il concerne les enfants, le conjoint, les circonstances environnementales, le travail… ), ce qui “oblige” la personne à se mettre en alerte tout le temps et dans trop de circonstances. Sans repos. Ni physique, ni mental.

Elles sentent qu’elles doivent s’inquiéter pour que ces possibilités, même improbables, ces catastrophes n’arrivent pas. Et finalement, l’inquiétude les envahit et c’est ce dont elles devraient vraiment s’occuper.
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La crise de panique : et si j’avais un infarctus ? Et si je devenais fou/folle ? Et si j’étais ridicule ?

Ici, les gens ressentent de l’anxiété à cause des symptômes de leur propre anxiété. C’est comme l’enfant qui a peur de son ombre qui, plus il court, le poursuit davantage.

Les questions portent sur les conséquences catastrophiques des manifestations physiologiques de l’anxiété, qui peuvent ressembler à certaines maladies et même nous faire penser que nous allons devenir fou/folle ou que nous allons mourir. Il y a des gens qui ont aussi peur de s’évanouir et d’être ridicule dans la rue, ce qui les empêche de sortir et consolide l’agoraphobie.

L’hypocondrie : et si on me détectait une maladie mortelle ?

Comme on peut s’y attendre, dans le cas de l’hypocondrie, l’anxiété nous fait peur car nous pourrions souffrir d’une maladie dont nous pourrions mourir. Pour essayer de palier cette peur, nous faisons des tests de santé tout le temps ou nous évitons de consulter le médecin. Ainsi, même si nous sommes malade, nous ne nous en rendons pas compte et nous nous sentons « libéré-e-s ».

La phobie sociale : et si je suis ridicule ? Et si tout le monde remarque que je suis timide ?

Dans la phobie sociale, notre petit diable intérieur nous demande constamment ce qui arrivera si nous sommes ridicule, si nous n’avons rien à dire, si nous faisons une gaffe. Nous sommes aussi obsédé-e-s par ce que les autres peuvent penser de nous. 

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Ce bombardement de questions fait que nous réagissons avec peur, nous devenons rouge de honte, nous transpirons, nous bégayons et nous avons surtout peur que ces symptômes se remarquent, ce qui nous rend encore plus « fragiles ». Au final, nous finissons par fuir ce genre de situations « si dangereuses » pour nous, en nous persuadant qu’il n’y a pas de remède.

L’anxiété est un petit diable intérieur

Comme nous venons de le voir, l’anxiété est un petit diable intérieur qui adore nous mettre en alerte, nous voir transpirer, trembler, avoir chaud ou suffoquer. Ce petit diable aime nous poser des questions négatives. Il nous dit que tout est dangereux et que nous devons partir en courant.

Moins nous l’écoutons, plus il se fatiguera et progressivement, il nous laissera en paix. La clé se trouve dans le fait de le regarder en face, l’accepter et lui dire que nous connaissons ses astuces mais que cette fois, nous irons au-delà et que nous ne nous laisserons pas marcher sur les pieds aussi facilement.
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Défiez ce petit diable, questionnez-le et ne le croyez pas puisqu’il est menteur. Et même si vous vous sentez mal à l’aise ou en danger à cause de lui, souvenez-vous toujours qu’il n’a pas que des interprétations irréelles et que les symptômes produits ne sont rien d’autre que des émotions qui, au fond, sont là pour nous aider.

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