Pourquoi poursuivons-nous une relation alors qu’elle ne nous convient plus ?

· 13 août 2018

Nous pouvons parfois nous demander si nous devons poursuivre ou mettre fin à notre relation de couple. Le mal-être, la tristesse, la solitude ou une sensation de vide peuvent devenir insupportables même si l’on est avec quelqu’un. Alors, pourquoi continuer une relation qui ne nous rend pas heureux ?

Si nous adoptons le rôle d’observateurs pour analyser ce type de situations, nous pouvons nous rendre compte de tout le mal que nous nous faisons. Ce rôle peut aussi nous aider à changer de point de vue. Dans une relation de couple mais aussi d’amitié ou de famille, le fait de « tenir le coup » et de voir comment tout notre monde s’écroule peut nous sembler superflu d’un point de vue externe.

De l’extérieur, nous le voyons très clairement. Or, parfois, la personne impliquée le voit aussi. Cependant, elle reprend cette relation comme si de rien n’était, malgré la souffrance, le mal et les critiques constantes.

Beaucoup de personnes pensent qu’elles doivent continuer leur relation pour une raison : parce qu’elles pensent que c’est ce qu’elles doivent faire. Jeter l’éponge n’est pas une option. C’est du moins ce qu’elles croient. Car cela indiquerait qu’elles ont échoué.

Avant, les couples duraient plus longtemps…

Vous avez sûrement entendu cette phrase plus d’une fois. Elle a probablement été prononcée par une personne plus âgée ou même par quelqu’un de votre âge. Il est vrai que quand nous regardons en arrière, il semblerait que le fait de rester en couple alors que l’on n’était ni heureux ni à l’aise était tout un exploit. Comme s’il s’agissait d’une course pleine d’obstacles à la fin de laquelle nous devions obtenir une médaille. Celui qui tenait le coup le plus longtemps gagnait.

femme triste dans sa relation

Aujourd’hui, le nombre de séparations et de divorces a augmenté. Beaucoup de gens n’ont plus peur de s’en aller lorsque leur couple va mal. Cependant, d’autres ont encore la sensation que tenir le coup dans son couple est une chose positive. Peut-être parce que les idéaux de l’amour romantique sont encore bien présents dans l’esprit de beaucoup de personnes. Comme si laisser le temps passer allait résoudre les problèmes. Le fait est que l’engagement, les sentiments, l’envie de continuer et d’évoluer vers le bien-être doivent être présents chez les deux membres du couples.

Mais, supporter une relation, qu’es-ce que ça veut dire ?

Nous devrions peut-être nuancer le concept de « supporter ». En général, il ne fait pas référence au fait de faire des efforts ou de surmonter un problème qui a surgi dans le couple. Il signifie plutôt qu’il faut supporter quelque chose que l’on ne devrait pas tolérer. Il est donc important de le différencier de certaines situations au cours desquelles les essais et les efforts pour continuer à aller de l’avant peuvent fonctionner.

  • Manque de compréhension : ne pas savoir communiquer correctement, ne pas écouter et ne pas être sincères peut mener à des malentendus et à une incompréhension. Cela peut se résoudre en faisant des efforts sur le plan individuel ou en allant consulter un psychologue spécialisé dans les problèmes de couple.
  • Problèmes sexuels : le manque de passion, l’éjaculation précoce ou tout autre problème sexuel n’ont pas à être « supportés ». Ils ont tous des solutions mais l’aide d’une personne spécialisée est peut-être nécessaire.

Ce ne sont que des exemples de difficultés qui peuvent exister dans n’importe quelle relation. Ils ne doivent pas supposer la fin du couple car les problèmes peuvent être résolus à travers des efforts ou en cherchant de l’aide. Or, il existe d’autres types de « résistance ». Ceux qui nous disent que nous devrions fuir cette relation au plus vite.

Poursuivre une relation qui fait du mal

Être dans une relation où la passion manque et où la communication est compliquée est différent de rester dans une relation où nous souffronsLa première peut être résolue, même s’il faut passer à l’action pour y parvenir. Dans la seconde, la majeure partie du temps, il vaut mieux rompre au plus vite. Surtout si notre liberté et notre capacité à être heureux sont compromises.

Parfois, nous tenons le coup dans des relations où, lors de nos moments de lucidité, nous savons que nous irions mieux sans l’autre. En fait, dans ces cas, il est habituel de retrouver des infidélités, de la maltraitance, de la manipulation, un manque de respect… Ce sont des relations où notre estime de nous-même et notre dignité courent le risque d’être piétinées. Si elles ne le sont pas déjà. Malgré tout, nous sommes là. Et nous essayons de faire tenir quelque chose qui s’effrite irrémédiablement.

Nous considérons parfois qu’il faut tenir bon dans une relation où l’on retrouve un manque de respect, des moqueries et des cas de manipulationNous ignorons tout cela et nous le justifions parce que nous sommes amoureux de cette personne, parce que nous sommes dépendants ou, simplement, parce que nous pensons que nous ne pouvons pas avoir quelque chose de mieux.

couple fâché ayant une relation difficile

Pourquoi nous continuons

Nous supportons parfois ces situations parce que nous pensons qu’elles sont synonymes d’amour. Nous en arrivons même à croire cette phrase que nous écoutons au quotidien dans des chansons et que nous lisons dans des romans à l’eau de rose : « l’amour doit faire mal ». Or, l’amour, ce n’est pas cela.

Si, pour nous, une relation est un supplice, une dépense d’énergie, une souffrance constante… Pensons-nous vraiment que c’est de l’amour ? Ou, au contraire, permettons-nous aux autres de nous faire du mal ?

Personne ne recherche volontairement la douleur. Quand nous approchons involontairement notre main du feu, nous l’éloignons immédiatement. En revanche, quand nous sommes dans une relation qui blesse et qui brûle, nous ne reculons pas et nous supportons la douleur.

Remettre en cause les croyances que nous avons à propos de l’amour, changer notre point de vue sur ce sentiment profond et nous préoccuper de notre estime de nous-mêmes est indispensable pour vivre des relations saines, celles où le mot « supporter » ne devra pas être prononcé.

Maintenant, posez-vous la question suivante : qu’avez-vous supporté et toléré au nom de l’amour ?