Pour avancer dans la vie, on a besoin d’un passé sain

· 18 avril 2016

Avancer dans la vie, c’est grandir, développer des potentialités, concevoir des projets personnels, professionnels ainsi que sociaux, et les concrétiser.

Cependant, plus d’une fois dans notre vie, on se rend compte que cet avancement ne se produit pas, et que même dans notre présent, le passé nous rattrape toujours, bien que l’on fasse tout pour éviter cela. Comment cela est-il donc possible ?

Généralement, lorsque l’on stagne, on cherche à expliquer cela en cherchant des réponses externes, qui ne dépendent pas de nous.

On se dit alors que ce problème est dû à des choses négatives qui nous entourent, et sur lesquelles on rejette toute la responsabilité.

Or, même s’il ne faut bien sûr pas sous-estimer ces facteur, on doit aussi reconnaître que le fait d’avancer (ou pas) dans la vie dépend toujours de nous-même.

 


« On devrait se servir du passé comme d’un trampoline, pas comme d’un canapé. »

-Harold MacMillan-


 

Souvent, si on n’arrive pas à avancer dans la vie, c’est tout simplement parce qu’un élément appartenant à notre passé est suffisamment fort pour entraver notre développement personnel.

C’est une erreur que de penser que le passé reste derrière nous, et qu’il ne compte plus. En effet, c’est le contraire qui se produit, puisque de toutes les époques de notre vie, c’est bien notre passé le plus déterminant.

Le passé est toujours là…

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C’est vrai : le passé est toujours là. Derrière ce travail auquel on s’adonne aujourd’hui si efficacement au bureau, se cache l’enfant qui a appris à recevoir une récompense pour chaque tâche effectuée.

Chez cette personne qui tombe aujourd’hui éperdument amoureuse, sommeille cet enfant attentif aux moindres gestes d’approbation, ou au contraire de désapprobation de sa mère.

Notre passé constitue la majeure partie de ce que l’on est, même si on doit aujourd’hui agir dans le présent, et selon l’image que l’on se fait de l’avenir.

Par conséquent, c’est bien le passé qui peut parfois nous empêcher d’avancer dans la vie.

L’enfance est l’étape décisive de notre existence. C’est cette époque durant laquelle on apprend et on adopte une posture face à nous-même, mais aussi face au monde.

Les autres époques de la vie ne sont alors que des adaptations et des ré-accommodations de ce passé.

On entend parfois dire que la plus belle chose qu’un être humain puisse offrir à un autre, c’est une enfance heureuse.

Malheureusement, le contraire peut aussi se produire : les plus grands dégâts que l’on puisse subir dans la vie proviennent d’une enfance malheureuse.

Ces blessures peuvent mettre une vie entière à guérir, si tant est qu’elles guérissent ; chez certains, elles ne se referment jamais.

Pour autant, cela ne veut pas dire qu’on ne peut rien faire contre le passé. En fait, chacun de nous peut faire des expériences qu’il a vécues un facteur enrichissant ou limitant.

De merveilleuses oeuvres d’art ont pu émaner de passés traumatiques, tout comme certaines personnes ont pu connaître le bonheur après avoir vécu une enfance malheureuse.

Le passé octroie une matière première qui, en l’essence, est immuable. Mais cette matière première, comme son nom l’indique, n’est qu’une matière de base.

Ce qu’on en fait dépend de sa substance, mais également de la façon dont on la modèle.

Apprendre à purifier son passé

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A un moment ou un autre de notre vie, nous devons tous faire face à des expériences dures, difficiles, ou injustes.

Quoi qu’il en soit, la pire alternative envisageable consiste à essayer d’ignorer la souffrance, et de faire comme si de rien n’était, comme si rien n’était arrivé.

Ce déni de la souffrance du passé ne mène qu’à une seule chose : des confusions toujours plus difficiles à résoudre.

Prenons l’exemple d’une personne qui aurait vécu dans son enfance le désamour ou le rejet de ses parents, et qui essaierait d’ignorer toute la souffrance que cela implique.

Probablement cette personne deviendrait-elle en grandissant quelqu’un d’insensible en apparence, pour qui il serait difficile de tisser des liens avec les autres, mais qui serait capable de fondre en larmes devant une publicité.

Cette personne sentirait en elle un profond malaise, qui se répercuterait sur ses relations avec les autres. Probablement serait-elle démesurément exigeante, mais aussi hypersensible face à la critique.

Elle aurait également du mal à évaluer objectivement la valeur de ses actes, et son humeur en compagnie des autres serait fluctuante.

Toutes ces attitudes et autres émotions peuvent conditionner toute une vie, où conflit et insatisfaction prédomineraient.

Cependant, tout cela ne proviendrait pas du désamour ou du rejet dont la personne aurait été victime alors qu’elle était encore un enfant vulnérable, mais bien du refus de revenir à ces expériences, afin de leur octroyer un sens constructif.

Nous n’avons pas besoin d’un diplôme, d’un meilleur compagnon/d’une meilleure compagne, d’enfants plus obéissants, ni même d’une plus belle maison.

Si on n’avance pas dans le vie, c’est bien dans notre passé que nous devons aller chercher des réponses, là où certaines connexions n’ont pas été faites, là où certaines souffrances n’ont pas été soignées.

Purifier son passé, c’est quelque chose que l’on devrait tous faire à un moment ou un autre de notre vie, d’autant plus si on se rend compte que nos efforts ne portent pas leurs fruits.

Si les choses n’évoluent pas, ce n’est pas parce qu’on renferme quelque chose de « mauvais » ni même de déficient, mais bien parce qu’on n’a peut-être pas encore compris que ce dont on a besoin pour avancer dans la vie, c’est d’un passé sain.

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