Quand personne ne me regarde, mon âme prend le relais

9 avril 2017 dans Psychologie 152 Partagés

Quand personne ne me regarde, mon âme prend le relais. Je peux être comme l’enfant qui joue, qui rit pour rien ou qui pleure pour tout quand il en a besoin et quand le regard d’un adulte ne le juge pas. Quand je suis tout-e seul-e, j’apprécie les plaisirs simples, ne rien faire et rêver de tout. Me promener nu-e ou me plonger dans un bain moussant et désinfecter mes peines et mes inquiétudes.

Peu de lieux sont aussi nécessaires que ceux dans lesquels nous nous immergeons dans la plus pure intimité, parfois effrontée, mais surtout vitale. Parce que quand personne ne nous voit, notre âme et notre esprit se détendent et nous ouvrons un peu notre carapace tandis que nous nous délectons d’actes aussi simples que boire une tasse de café, lire un magazine, s’habiller ou laisser son regard se perdre dans le vide dans le calme plat d’une soirée.

J’adore l’intimité de ces petits instants où personne ne me voit. Mon esprit se développe soudainement et mon cœur se relâche, parce qu’il n’y a rien de tel que d’arriver chez soi et de se déchausser, de se débarrasser de ses peines, d’enlever des habits qui nous oppressent et de désactiver les boutons du stress.
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Nous passons une grande partie de la journée soumis-e à un grand nombre de normes qui régulent notre comportement. Peut-être que c’est pour cela que ces espaces privés où on n’est pas soumis-e-s au jugement des regards ou aux conventionnalismes sur notre façon d’agir, de nous habiller ou de réagir face à certaines situations nous semblent aussi cathartiques.

C’est un sujet aussi complexe qu’intéressant que nous vous invitons à découvrir avec nous.

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Quand personne ne nous voit et que nous pouvons nous “mettre à nu”

Nous faisons tou-te-s partie de la force d’un univers social dans lequel nous devons nous adapter physiquement et psychologiquement. Nous passons une grande partie de notre cycle vital à orbiter dans différents environnements dans lesquels il est toujours demandé quelque chose de nous : d’être de bons enfants, de bon-ne-s étudiant-e-s, des travailleur-se-s efficaces, des pères, des mères parfait-e-s et des ami-e-s irréprochables.

Dans mes moments de solitude, quand personne ne me voit, je ne suis pas pris d’envie, mais de l’orgueil de profiter en me dénudant l’âme et l’esprit du bruit de la vie et des pressions.
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De ce fait, même s’il est clair que la plupart d’entre nous s’efforcent chaque jour d’accomplir chacune de ces aspirations, cette pression aussi bien interne qu’externe crée en nous “de petits cors psychologiques”. Ce sont des marques laissées par la force, par l’usure et même, pourquoi pas, par la fatigue.

Se battre pour l’“excellence” dans nos vies n’est pas mauvais dans l’absolu. Nous ne refusons pas non plus ce grand bonheur que nous offre le fait d’aimer et d’être aimé-e, d’avoir des moments de complicité magique avec nos ami-e-s, mais absolument tout le monde aime ces refuges privés où personne ne nous voit et où, enfin, on peut se mettre à nu pour se soulager de ces zones de “pression psychologique et émotionnelle”.

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Selon une étude menée par le neurologue Mark Leary, de l’Université de Caroline du Nord (États-Unis), les pressions parmi les plus fréquentes dont on souffre sont appelées “métaperceptions”, c’est-à-dire les perceptions que nous avons nous-mêmes par rapport à la façon dont les autres nous voient.

Pour beaucoup, c’est un type d’anxiété sociale vraiment dérangeant au cours desquels les moments d’intimité prennent le pas sur tout le reste, parce c’est alors que s’éteint enfin la sensation menaçante d’être “constamment jugé-e-s”. Pour d’autres, en revanche, cet aspect ne pose presque pas de problème. Parce qu’iels filtrent tous les signaux qu’iels reçoivent à travers une bonne connaissance d’elleux-mêmes et une solide estime d’elleux-mêmes.

Iels n’ont pas besoin de se réfugier, mais même comme ça, iels se satisfont de leurs instants passés tou-te-s seul-e-s. Quand personne ne peut les voir.

Le plaisir de sa propre intimité et les tâches quotidiennes

Cuisiner un dessert et expliquer pour la millième fois à son chien pourquoi on ne peut pas lui donner de chocolat, danser chez soi cheveux lâchés, chaussettes dépareillées et en sous-vêtements, se faire les ongles, jouer à un jeu vidéo, lire des romans érotiques, écrire ses initiales sur une vitre froide alors qu’on regarde tomber la pluie dehors…

Est-ce que cela est important ? Bien sûr que oui. Parce que ce qu’on fait quand on ne nous regarde pas n’est l’affaire de personne, c’est comme un petit coin sous un escalier où on se cachait enfant pour créer notre refuge imaginaire très loin du monde des adultes. Alors, quand notre esprit a des inquiétudes d’adulte et les mêmes peurs qu’un enfant, nous voulons à tout prix retrouver ce petit coin privé où reconnecter avec nous-même.

Pour Mihály Csíkszentmihályi, célèbre psychologue et auteur de livres comme Vivre : la psychologie du bonheur, ces moments sont une partie indiscutable de notre bien-être personnel et émotionnel et, par conséquent, nécessaires.

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Tout acte qui nous permet de retirer cette “peau morte” formée par le bruit de la pensée négative, le stress ou les préoccupations quotidiennes et qui, à son tour, nous invite à nous connecter avec le moment présent et avec notre propre conscience, est une façon d’investir dans le bonheur.

Parce que vivre en lâchant prise, c’est se laisser porter par le ronronnement apaisé de la vie, sans se dépêcher et sans pression, mais sans cesser de faire attention à cette merveilleuse aventure pour être toujours soi-même. Les moments de solitude, pendant lesquels personne ne nous voit, sont des moments de complicité nécessaires où on peut se reposer et laisser notre âme en profiter. Mettez cela en pratique quotidiennement.

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