Pères et enfants : la marque de l'abandon d'un père

Pères et enfants : la marque de l'abandon d'un père

Dernière mise à jour : 16 mai, 2017

La marque que l’abandon du père crée sur un fils ou une fille un vide émotionnel très important. Cet énorme trou finit par isoler, déprimer et engendrer la déstructuration émotionnelle de notre réalité personnelle à tous les niveaux.

Nous savons, grâce à des dizaines d’années d’études sur l’attachement, que les liens affectifs sains garantissent le développement d’une vie pleine dans laquelle régneront les relations saines, une bonne estime de soi, l’assurance et la confiance en les autres. D’un autre côté, l’attachement incertain débouche sur de l’insécurité, une faible estime de soi et la méfiance envers les personnes qui nous entourent.

Un lien affectif négatif entre les pères et les enfants engendre des comportements destructeurs et une énorme angoisse. C’est pourquoi réaliser un exercice d’introspection et de distanciation postérieure sur cet événement nous aidera à le comprendre et à le faire évoluer pour garantir une plus grande libération émotionnelle et par conséquent, une structuration de notre personnalité (c’est-à-dire de notre manière de nous comporter avec nous-mêmes et avec notre entourage).

Ainsi, dans cet article, nous allons essayer de faire la lumière sur cela pour rediriger notre réalité émotionnelle.

La difficulté de définir un père et la relation d’abandon

On parle actuellement des rapports familiaux avec plus de facilité qu’auparavant. Cependant, quand on a dû faire face à la figure d’un père absent qui a également quitté le foyer familial pour n’importe quelle raison, on doit composer avec une définition de quelque chose d’indescriptible.

Dans ces cas-là, quand on pose des questions à quelqu’un sur son père, il ne peut que tituber, baisser les yeux et répondre de manière diffuse et avec des faux-fuyants. Cela est manifeste de la difficulté que l’on a de définir le vide sentimental et de gérer les cicatrices que l’abandon laisse en nous.

À ce sujet, nous devons souligner qu’il existe de nombreux types d’abandon. En effet, nous pourrions parler d’autant de types qu’il y a de cas dans le monde. Parmi les plus fréquents, nous pouvons trouver :

  • Le père absent émotionnellement, mais présent de manière physique. Si nous prêtons attention à la réalité socio-émotionnelle de notre entourage, nous comprendrons que ce type d’éducation est quelque chose de très commun au fil des ans.
  • Le père qui nous a abandonné avant, pendant ou après notre enfance. La douleur de l’abandon physique et émotionnel par choix des figures de référence sème des graines très importantes dans notre maturité. Il est difficile de gérer la réalité que l’on doit vivre dans ces cas-là. En effet, comment accepter qu’une personne qui devrait vous accompagner de nombreuses années dans votre vie choisisse de s’éloigner de vous d’une certaine manière ?
  • Le père qui nous abandonne physiquement et affectivement durant l’enfance ou à l’âge adulte. Cet abandon se tintera très probablement de trahison. C’est pourquoi cela requiert une élaboration verbale très consciente.
  • L’absence de la figure paternelle quasi intégrale. Nous trouvons ici plusieurs options :
    • Le père qui est mort de façon précoce et qui n’a pas eu la possibilité de jouer son rôle dans notre vie.
    • Le père qui est mort, mais que nous avons connu. Dans ce profil, l’aspiration et l’idéalisation créeront un  vide caractéristique.

La gestion d’un lien détruit ou destructeur

L’élaboration psychologique au niveau émotionnel et au niveau de la pensée ne dépend pas seulement de l’enfants, mais de l’entourage dans son intégralité. L’ombre du père absent tiraille toujours, d’une façon ou d’une autre, la vie de famille.

D’un autre côté, il est possible que, selon notre position dans la hiérarchie familiale, certains membres de la famille assument le rôle de pères sans l’être par compassion ou par nécessité. Il peut aussi arriver que ce soit nous qui ressentions la pression de gérer certaines circonstances.

Il faut également évoquer l’éternel questionnement de ce que l’on considère comme père, un dilemme habituel, et des implications compliquées. Ce qui est naturel, c’est que le père émotionnel soit aussi le père qui nous a donné naissance. Pourtant, comme on le voit, ce n’est pas toujours le cas.