Le fait d’abandonner peut s’avérer un acte non pas lâche, mais courageux

24 mars 2017 dans Emotions 2311 Partagés

Parfois, le fait d’abandonner n’est pas lâche, mais courageux. Dites-vous qu’abandonner, cela ne se réfère pas toujours à un manque de courage, bien au contraire : l’abandon peut être une preuve de courage, de prudence et d’intelligence émotionnelle. Plus encore, dans certaines circonstances de la vie, il faut plus de courage pour mettre fin à quelque chose plutôt que pour continuer.

Cesser d’opposer de la résistance peut s’avérer une bonne solution et parfois, il s’agit de la seule issue que l’on ait. Et non, cela ne veut pas dire que l’on se soumet à quelque chose ou à quelqu’un, ni même que l’on est faible, comme le dit le dictionnaire. Cependant, céder face à une adversité, généralement, est un fait jugé par les autres comme un acte négatif qui renvoie de nous l’image d’une personne faible, pour ne pas dire lâche.

La lâcheté et la prudence sont deux attitudes différentes

Presque par inertie, nombreux-ses sont celleux à qualifier, étiqueter et confondre ces attitudes qui pourraient expliquer une même conduite. C’est le cas de la lâcheté et de la prudence ; chacune de ces deux attitudes pourrait expliquer pourquoi une personne abandonne un projet. Cependant, si nous jugeons cela d’un point de vue extérieur, il sera plus facile d’expliquer l’abandon par la lâcheté pour éviter une dissonance cognitive – un manque de synchronie entre ce que l’on fait et ce que l’on pense – gênante pour nous.

Presque toutes les situations nouvelles, toutes les responsabilités ou tous les changements impliquent une peur plus ou moins grande dont nous avons généralement conscience. Cependant, il y a des personnes qui au-delà de cette peur estiment que continuer est une mauvaise option pour elles, et c’est la raison pour laquelle elles ne sont pas lâches. De fait, souvent, elles sont courageuses, car pour elles peut-être était-il plus simple de continuer, et était-il difficile de ne pas faire ce que les autres attendaient.


« Celui qui est prudent est modéré ; celui qui est modéré est constant ; celui qui est constant est imperturbable ; celui qui est imperturbable vit sans tristesse ; celui qui vit sans tristesse est heureux ; par conséquent, celui qui est prudent est heureux. »

– Sénèque –


Lâche est celui/celle qui se laisse porter par la peur, celui/celle qui ne veut courir aucun risque, celui/celle qui écoute son « moi » intérieur et qui le nie, celui/celle qui considère que la tristesse est le prix à payer pour rester dans sa zone de confort, etc. Lâche, cependant, n’est pas celui/celle qui rétrocède, qui attend ou qui abandonne à un moment donné de sa vie car iel considère que c’est une réponse intelligente pour son bien-être.

Parfois donc, l’abandon est un acte de prudence : nous penserions alors aux possibles risques qu’il y a à continuer ainsi, et nous agirions de cette manière pour ne pas souffrir plus que nécessaire. De plus, changer quand quelque chose va mal est courageux.

La différence entre l’abandon et le « maintenant ça suffit »

Il se peut que seul le changement puisse nous mener à jeter l’éponge et à décider de prendre un chemin différent. Cela arrive car il n’existe qu’une fine frontière entre le fait d’abandonner et de savoir qu’à un moment donné, il y en a assez : si on a déjà tout donné mais qu’on n’observe aucun résultat, mieux vaut alors se désister et reprendre de zéro.


« Bien souvent, lorsqu’on veut éviter un inconvénient, on se heurte à un autre. Or, la prudence réside dans le fait de connaître la nature des inconvénients et d’accepter le moindre mal. »

– Machiavel –


On ne peut pas forcer quelque chose qui ne fonctionne pas, de même que l’on n’a pas le droit d’obliger qui que ce soit à ressentir quelque chose qu’iel ne ressent pas et qu’il n’est pas rentable d’essayer d’atteindre une chose pour laquelle nous ne sommes pas naturellement ou psychologiquement préparé-e-s… Les objectifs, parfois, arrivent au mauvais moment ou sont impossibles : le fait que quelque chose ne fonctionne pas fait aussi partie du mystère de la vie.

Si on a essayé, que l’on s’est battu, mais que l’on a pas conscience du fait que maintenant, rien ne sert de continuer, pourquoi s’obstiner ? Pour toutes ces raisons, l’abandon est un acte de considération loyal et noble où l’on tient compte du « moi » le plus intime.

S’il n’y a pas de raison de continuer, alors ne gaspillez pas votre énergie

L’énergie la mieux employée est celle que nous employons lorsque nous cultivons l’art de prendre soin de nous ou des personnes que nous aimons le plus ; d’un autre côté, l’énergie dont nous disposons est limitée. Ainsi, gaspiller des forces inutilement et de manière peu avantageuse, c’est vous priver vous-même ainsi que les personnes que vous aimez d’une partie de cette énergie.


« Ne pas abandonner, jamais, jamais, jamais, jamais, ni dans les grandes choses ni dans les petites choses, ni dans l’essentiel ni dans le trivial, ne jamais abandonner, sauf face à des convictions de courage et de sens commun. »

– Winston Churchill –


Se battre sans ne serait-ce qu’une raison qui en vaille la peine, c’est comme se taper la tête contre le mur : on réalise un effort supérieur et on ne recueille que de la fragilité et de la fatigue. Malgré tout, on perd bien d’autres choses que l’on avait bel et bien à notre portée.

Finalement, si vous vous trouvez dans une situation où continuer à mener un projet, soit-il personnel ou professionnel, n’est plus possible, peut-être est-ce donc le moment pour vous de vous demander s’il ne serait pas préférable de laisser tomber. N’oubliez pas que le fait d’abandonner n’est pas négatif, au contraire : il s’agit toujours d’une option acceptable et, souvent, intelligente, qui éloigne grandement de l’échec.

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