Parfois, la tristesse s’exprime avec la mauvaise humeur

5 mai 2016 dans Emotions 1172 Partagés

Il y a des moments où les rêves prennent une teinte de pessimisme et la mauvaise humeur devient alors une compagne de vie inconfortable qui recouvre tout avec son goût amer.

La tristesse a tendance à brouiller nos émotions positives pour les transformer en une sorte d’apathie chronique, et en un mal être prolongé derrière lequel se cache en réalité une dépression.

Le trouble dysthymique affecte presque 5% de la population. Ses symptômes sont souvent si subtiles que nous nous habituons à voir apparaître cette mauvaise humeur persistante ou cette apathie car finalement, même si c’est inconfortable, elle nous permet de continuer à « fonctionner ».

Nous essayons rarement de comprendre ce qu’il y a derrière la mauvaise humeur. Il nous suffit d’éviter les personnes qui en souffrent, sans essayer de voir ce qu’il y a derrière ce sourire inversé et cette amertume qui, peut-être, cache mille tristesses.
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Il faut savoir que toutes les dépressions ne sont pas égales. Chaque personne présente une réalité particulière qu’il faut savoir écouter et individualiser.

Cependant, lorsque nous parlons de dysthymie, il est clair que ce sont des cas où le découragement et l’amertume cachent une maladie très concrète.

Nous allons vous en parler.

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La dysthymie, un type de dépression très subtil

Il faut savoir que la tristesse, en elle-même, n’est pas synonyme de dépression, tout comme la mauvaise humeur n’est pas toujours le reflet de la contrariété.

Les troubles dépressifs sont caractérisés par des nuances très délicates, mais la dysthymie est un sous-type et possède des traits propres qu’il faut connaître :

  • La personne dysthymique a tendance à se plaindre pour presque tout et n’importe quoi. Elle souffre d’un mal-être chronique, une anhédonie qui l’empêche de profiter ou de trouver le côté positif de la vie.
  • Elle souffre d’un manque de concentration et de problèmes de sommeil.
  • Elle souffre d’altérations de l’appétit : des jours où elle n’a pas faim et d’autres où elle va se jeter sur les aliments.
  • Elle peut avoir une activité professionnelle mais son rendement est souvent faible.
  • Elle souffre de période de mélancolie, une tristesse cachée qui se reflète également dans une fragilisation du système immunitaire, qui dérive en une baisse des défenses immunitaires et même en maladies.
  • À la différence du reste des dépressions, la personne dysthymique est « fonctionnelle », c’est-à-dire qu’elle conserve ses responsabilités et elle est autonome mais ses relations interpersonnelles sont affectées.

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Il est fréquent que la personne atteinte de dysthymie soit « victimisée » par son entourage. La mauvaise humeur des personnes dysthymiques, loin d’être comprise, contamine l’entourage et les gens ont tendance à mettre de la distance et à s’éloigner.

Petit à petit, c’est un cercle vicieux qui se met en marche et cela augmente d’autant plus l’insatisfaction et la solitude.

Quand notre cerveau revêt les ténèbres de la mauvaise humeur

Comme nous l’explique le DSM-V (Manuel de Diagnostic des Troubles Mentaux), le trouble dysthymique a tendance à se maintenir pendant des périodes de 2 ans et a également un composant génétique.

S’il n’est pas traité avec des médicaments adaptés il peut se transformer en une dépression plus grave.

Nous savons qu’il n’est pas facile de sensibiliser à « la mauvaise humeur », avec ce proche que nous avons étiqueté comme « toxique » uniquement parce qu’il critique tout ce qui nous semble positif.

Parfois, la dysthymie est cachée chez les personnes les plus proches de nous, voire même en nous. 

Le problème du trouble dysthymique est que malgré des symptômes légers, ils sont souvent persistants et une vie dominée par l’apathie, la mélancolie et une frustration continue perd en qualité et en brillance.

Ces ténèbres qui recouvrent notre cerveau peuvent être évités grâce à un traitement adéquat.

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Comment affronter la dysthymie

Il est bon de tenir compte des informations suivantes, en lien avec la dysthymie :

  • Quand notre cerveau est dominé par la mauvaise humeur, ce qu’il expérimente, c’est en fait une altération de sa chimie cérébrale : il lui manque un « combustible » pour ressentir des émotions positives.
  • Un cerveau de mauvaise humeur présente de la dysphorie, c’est-à-dire de l’irritabilité, de l’insatisfaction, de l’anxiété… Tout cela est dû à un déséquilibre dans un neurotransmetteur appelé dopamine, qui peut se rétablir à l’aide de médicaments.
  • La dysthymie doit se traiter à l’aide d’un traitement adapté et d’une psychothérapie. Le soutien de notre entourage et notre volonté pour dépasser cette maladie sont également indispensables.

Il faut savoir que, malgré le fait que le trouble dysthymique affecte également les hommes et les femmes, les femmes ont tendance à rechercher plus de soutien et de traitement car elles sont plus conscientes que ce mal être et cette mauvaise humeur altèrent leur équilibre personnel.

Comme pour le reste des troubles, il est donc important de montrer de la sensibilité et de l’intuition. La mauvaise humeur n’est pas toujours un « virus contagieux ».

Parfois, derrière ce masque, il y a quelqu’un qui souffre et qui a besoin d’aide, de soutien, et de chaleur. 

Soudain, la tristesse arrive et asphyxie sans savoir pourquoi… celle qui nous fait voir le monde avec colère et amertume.
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